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Final Four - Montpellier, Nantes, PSG : 15 ans après, le Graal pour le hand français ?

Final Four : 15 ans après, le Graal pour le hand français ?

Le 26/05/2018 à 00:08

LIGUE DES CHAMPIONS - Première nation à placer trois équipes au Final Four de la compétition, la France a une occasion en or de trouver enfin le successeur de Montpellier, seul vainqueur tricolore de la compétition en 2003, ce week-end à Cologne. Car s’ils ont chacun leurs particularités, le PSG, Nantes et Montpellier ont tous une chance de l’emporter ce week-end. Décryptage.

Paris, un colosse aux mains d’argile ?

Plus qu’une même entité, les footballeurs et handballeurs du PSG partagent surtout leurs désillusions en Ligue des champions. Triple champion de France en titre, ces derniers ont, eux, effleuré le plus beau trophée européen à plusieurs reprises. Présents au final four lors des deux dernières saisons, les Parisiens, éliminés en 2016 dès les demies par Kielce, ont perdu en finale d’un but l’an passé face au Vardar. "Paris est taillé pour la Ligue des champions, c’est les grands favoris", annonce Thierry Anti, coach de Nantes et donc futur adversaire en demi-finale, qui a lui-même passé 4 ans au Paris Handball (2004-08), avant son rachat par QSI en 2012.

"Pour battre Paris tu te dois de faire le meilleur match de ta vie", raconte le Montpelliérain Melvyn Richardson, qui livre une bataille sans merci au club parisien en championnat. Parmi ces géants du hand, figurent les trois français Nikola Karabatic, Luc Abalo, Daniel Narcisse, le Norvégien Sander Sagosen, l’Allemand Uwe Gensheimer et bien sûr le Danois Mikkel Hansen, champion olympique en 2016 et deux fois meilleur joueur de l’année (2011, 2015). Seul Luka Karabatic, blessé, manquera à l’appel.

"L’avantage avec Paris, c’est qu’on ne peut pas se focaliser sur un joueur. Dès qu’on en attend un, c’est un autre qui sort son épingle du jeu", dixit Arnaud Siffert. Le gardien de Nantes et ancien de Montpellier et Paris, rapelle ainsi qu’on ne peut citer tous les joueurs d’exception que compte le club - intraitable sur la scène européenne cette saison - sur le terrain ou dans les buts, avec la présence de Thierry Omeyer et de l’Espagnol Rodrigo Morrales. Entraîné par l’un des meilleurs, Zvonimir Serdarusic, le PSG a gagné en expérience et appris de ses échecs, assure le puissant arrière droit français Nedim Remili, 22 ans : "L’an passé, pour mon premier final four, j’ai regardé ça, avec des yeux d’enfant. Là ça y est j’ai grandi. J’espère qu’on ne laissera pas passer cette 3e chance. J’ai confiance en l’équipe et en son agressivité positive pour l’emporter."

Nikola Karabatic

Nikola KarabaticGetty Images

Nantes, l’étoile montante

Qui pourra bien stopper l’irrésistible ascension du HBC ? Promu en 2009, Nantes a gagné la Coupe de la Ligue en 2015 et la Coupe de France l’an passé, finissant également deuxième du championnat. Deux fois finaliste de la Coupe de l’EHF (C2) en 2013 et 2016, il ne débarque pas dans l’inconnu malgré son statut de petit poucet : "C’est notre 6e saison en coupe d’Europe, on a déjà joué le PSG, Montpellier et le Vardar… On n’est pas une équipe qui débarque et qui en prend plein les yeux", se défend le coach Thierry Anti, qui compte s’appuyer sur son statut de meilleure attaque du championnat, et la 3e place acquise un peu plus tôt cette semaine face à Chambéry (29-25). S’ils évoluent loin de leur forteresse avec son public si chaud, les nantais possèdent eux aussi un effectif riche, et talentueux à l’image du demi-centre Nicolas Claire, du pivot Nicolas Tournat, ou de l’impérial ailier gauche allemand Dominic Klein, triple vainqueur de la compétition avec Kiel.

Après un début de saison marqué par de nombreuses blessures, Nantes est désormais gonflé à bloc : "Ils retrouvent leur équipe au complet, au meilleur moment, décrypte Nedim Remili. Espérons qu’ils ne soient pas en forme parce qu’on sait à quel point ils peuvent être dangereux pour n’importe quelle défense." "On a une équipe très offensive cette année, avec une défense qui automatiquement en pâtie pas mal parce qu’on produit beaucoup de jeu", relève de son côté Anti. "C’est une équipe qui joue super bien au ballon, avec des joueurs très malins, qui défendent un peu à l’espagnole. C’est-à dire qu’ils ne vont pas délibérément au contact et cherche plutôt à piéger l’adversaire", rapporte Melvyn Richardson. Des éléments qui ont déjà permis à Nantes de faire tomber des cadors, comme Barcelone et le Vardar en phase de poule, avant d’écarter sereinement le Meshkov Brest et Skjern en huitième et en quart de finale. Paris est prévenu.

Montpellier : Pour digérer la déception

La défaite à Saint-Raphaël (26-25), mardi soir, qui les a fait repasser derrière Paris à la 2e place, va-t-elle perturber les Montpelliérains à Cologne ? En tout cas, le coup de gueule poussé par le gardien Vincent Gérard à la fin du match était à la hauteur de la déception des joueurs du MHB. Meilleure défense du championnat, et tombeur des lauréats 2016 et 2014 (respectivement Barcelone et Flensburg), en huitième et en quart de finale, Montpellier devra en tout cas compter sur son portier ce week-end face au Vardar Skopje. "Il fait une deuxième partie de saison quasi parfaite. Quand Montpellier fait des erreurs défensives, il est là pour les gommer", appuie son coéquipier en sélection Nedim Remili.

"Ils ont enchaîné les résultats cette année, avec une équipe qui, sur le papier, n’était pas la plus glorieuse que Montpellier a pu connaître ces 15 dernières années", glisse Siffert, pour qui l’atout principal de Montpellier - avant la rencontre de mercredi - était le capital confiance accumulé jusqu’ici. "Le changement cette année, par rapport aux autres, c’est qu’ils ont pu faire une bonne préparation, estime Thierry Anti. Ensuite, le facteur qui a été déclenchant pour eux finalement, c’est la victoire chez nous lors de la 4e journée (30-27). Ça les a lancés pour la saison." Dernier vainqueur de la Ligue des champions suite à l’épopée de 2003, d’où subsiste l’emblématique ailier Mickael Guigou (qui a dépassé cette saison la barre des 1000 buts en championnat) et l’entraîneur Patrice Canayer (au club depuis 1994), le MHB veut continuer d’écrire sa légende.

Montpellier qualifié pour le Final Four

Montpellier qualifié pour le Final FourGetty Images

Le Vardar, un poids lourd

Tenants du titre, les Macédoniens ne pensent pas à autre chose que de ramener à nouveau le trophée à la maison. Les douze titres de champions de Macédoine de Skopje (dont 4 depuis 2015), et le second titre de champion de la Ligue SEHA (ligue régionale des Balkans) d’affilée obtenu il y a quelques semaines - entre autres - dévoilent un effectif XXL. "C’est vraiment une équipe complète, lâche Nedim Remili. Ils ont de très bons joueurs à chaque poste, notamment Dainis Kristopans, leur arrière droit letton. Il est excellent, et très rapide pour quelqu’un de son gabarit (2m15)." Thierry Anti, reste charmé par le demi-centre Luka Cindric : "Il est capable d’être explosif, rapide, de marquer des buts, de prendre les ballons chauds…", explique le coach de Nantes, qui n’est pas en reste sur le gardien de l’équipe macédonienne, Arpad Sterbik (38 ans).

Il a beau avoir été élu meilleur joueur de l’année en 2005, il reste encore l’un des hommes qui vont influer sur cette demi-finale. "C’est un phénomène ! Que ce soit avec Vesprem, Barcelone, Ciudad Real, le Vardar… Il est toujours là !", s’exclame-t-il. Quadruple vainqueur de la Ligue des champions, il a aussi perdu… 5 finales. "Depuis un an et demi c’est du très lourd. Avant je le voyais un peu fatigué, mais là, je trouve qu’il a rajeuni !" Champion d’Europe fin janvier avec l’Espagne, le Hongrois de naissance est prêt à en faire baver à Montpellier.

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