Ils sont le futur et, pour la majorité, déjà le présent du HBC Nantes. Un club où l’adage "le malheur des uns fait le bonheur des autres" s’est encore vérifié en cette première partie de saison. Profitant des absences cumulées ou consécutives d’Olivier Nyokas, Alexandre Cavalcanti, Rod Ovnicek, Aymeric Minne ou Valero Rivera, entre autres, ils sont cinq Nantais, soit néo-professionnels, soit toujours au centre de formation, à avoir tiré leur épingle du jeu depuis le début de saison, en championnat mais aussi en Ligue des champions.

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Quatre d’entre eux étaient d’ailleurs du déplacement victorieux à Kiel (27-35) au début de saison. Ce qui amène d’emblée Jérôme Fernandez, consultant handball d’Eurosport, à un éloge de la formation nantaise : "A chaque fois qu’un jeune monte dans l’équipe première, on le sent tout de suite intégré dans le projet de jeu. Il sait ce qu’il a à faire sur le terrain, il ne joue pas que sur ses qualités individuelles, mais il reste dans le projet de jeu, ce qui permet d’avoir plus de régularité et d’efficacité. Ça veut dire que le travail qui est fait depuis des années par Grégory Cojean et Alberto Entrerrios est de grande qualité". Tour d’horizon de ces jeunes pousses avec le premier, adjoint d’Entrerrios depuis 2019 et qui a participé à la création du centre de formation en 2006 avant de voir grandir ces cinq promesses ces dernières années.

Thibaud Briet - Arrière gauche, 20 ans

La vitrine. Auteur d’un début de saison éclatant, avec notamment ce 4/6 au tir passé à Kiel lors de la 2e journée, accompagné par d’autres prestations de grande classe en championnat, l’arrière gauche de plus de 2 mètres est celui qui a le plus crevé l’écran. "Malgré son très jeune âge, il sait déjà faire beaucoup de choses, admire Jérôme Fernandez. C’est un joueur très complet, encore à polir bien sûr, mais quand on voit qu’en défense il est capable d’être fort sur les duels et en même temps d’être dans le projet collectif défensif, de savoir défendre sur les trajectoires de passes, d’être en entraide de ses coéquipiers...".

Thibaud Briet après la victoire du HBC Nantes face à Chambéry (26-35) en novembre 2020 (Crédits Photo : HBC Nantes)

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"Il a fait une très belle préparation au mois d’août, il est revenu en forme, il a pris quelques kilos de muscles, il en avait besoin, rembobine Cojean, à propos de celui qui a signé son premier contrat professionnel fin juin, pour 3 ans. Il a bénéficié des blessures d'Olivier Nyokas et d'Alexandre Cavalcanti pour avoir un maximum de temps de jeu", et épater tout le monde, y compris ses coéquipiers, comme par exemple Cyril Dumoulin : "Il faut remettre les choses dans leur contexte, il y a deux ans, il jouait en Nationale 3 ( à Rouen, NDLR)", rappelle le portier du "H". "C’est quelqu’un de très joyeux, il a toujours le sourire, il aime travailler, c’est un bosseur", décrit son coéquipier Baptiste Damatrin. Touché à la cheville droite et absent pour quelques semaines, il manquera à Nantes ce mercredi lors de cette 10e journée.

Baptiste Damatrin - Ailier gauche, 20 ans

La mobylette. Lui aussi passé professionnel - avec un contrat de 3 ans - cet été après deux années au sein du centre de formation de Nantes, il continue de grandir, malgré un démarrage diesel, et une saison interrompue quelques semaines en octobre après avoir contracté le Covid. "Depuis deux ou trois semaines, j’ai plus d’énergie, j’ai commencé à faire de meilleures performances, je me suis plus montré, j’ai eu plus de temps de jeu, ça m’a fait rentrer un peu plus dans le bain", s’enthousiasme l’intéressé. Qui n’a manqué que deux matches avec Nantes, toutes compétitions confondues.

"C’est un joueur véloce, avec d’énormes qualités physiques, il a progressé en défense cette année, il nous fait du bien, décrypte Grégory Cojean, qui l’accompagne depuis son entrée au club. C’est un ailier qui est dans le circuit depuis un petit moment, il peut encore s’améliorer sur la finition et sur le duel tireur-gardien". "C’est un profil à la Keita ou Nahi au PSG, complète Jérôme Fernandez. Il a de grosses qualités physiques, il tire fort, il va vite, il saute haut, il est très volontaire au combat et très bon dans les duels, mais il va falloir qu’il arrive à compléter par le jeu tactique sur son poste". Premier arrivé des cinq dans le groupe professionnel, il admet également progresser grâce aux conseils de son partenaire au poste : Valero Rivera.

Baptiste Damatrin, 20 ans, tout juste passé professionnel cet été, s'affirme au sein de l'effectif du HBC Nantes (Crédits photo : HBC Nantes)

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Lucas De La Bretèche - Demi-centre, 19 ans

Le petit génie. Il s’est fait remarquer en C1 pour sa maturité, sur le terrain, à un poste exigeant. "De tous les jeunes dont on parle, je pense que c’est celui qui est le plus en avance niveau handball, en termes de savoir-faire technique et tactique", affirme Fernandez. Un joueur biberonné par le club aux trois hermines, d’autant que son frère, Mathieu, au club de 2008 à 2015, lui avait ouvert la voie. "Je l’ai connu petit. Il avait 8 ans ! C’est vrai que ça m’avait fait bizarre de le voir quand il avait fait ses premiers matches amicaux avec nous", raconte Rock Feliho.

"Il s’est bien intégré au groupe, il parle moins qu’un Thibaud Briet, mais c’est quelqu’un d’intelligent, qui s’est bien adapté au jeu de l’équipe, il est toujours au service du collectif", complimente Baptiste Damatrin. "Ce que je trouve intéressant chez lui, c’est qu’à chaque fois qu’on lui offre un challenge, il arrive à s’adapter. Sa progression n’est pas fulgurante, on est dans quelque chose de très progressif, à chaque étape il progresse, franchit les caps les uns après les autres. On se demande jusqu’où il peut aller", reconnaît Cojean. La marge de progression du joueur, arrivé l'an passé au centre de formation, est surtout sur le plan physique : "Il a pris 3 kilos de muscles depuis qu’il s’entraîne avec les pros, je crois qu’il a encore du travail dans ce domaine-là. Il doit se renforcer pour pouvoir jouer sur la base arrière en Ligue des champions ou en première division", insiste le coach adjoint du "H".

Mattéo Fadhuile - Ailier gauche/Demi-centre, 18 ans

Le plus spectaculaire. Interrogés séparement, Jérôme Fernandez et Grégory Cojean ont eu la même référence pour le décrire : Michaël Guigou, le capitaine de l’équipe de France, double champion olympique. C’est dire les espoirs placés chez le demi-frère d’Elohim Prandi ! "Il a beaucoup de savoir-faire technique, il a des qualités de poignet, de souplesse au niveau de l’épaule qui lui permettent de tirer dans toutes les positions, apprécie notre consultant. En revanche, je pense qu’il faut vraiment qu’il soit un peu moins spectaculaire et qu’il privilégie l’efficacité, tout en gardant son petit grain de folie, et ces gestes que peu de joueurs peuvent faire. Le but ce n’est pas de savoir tirer de partout, mais de marquer surtout".

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Celui que l’on remarque d’abord sur un terrain grâce à sa chevelure a brillé à Aalborg, où il avait inscrit cinq buts, malgré la large défaite de son équipe. "C’est un joueur qui est capable de jouer à l’aile et, sur des séquences de jeu, sur le poste de demi-centre. Ou alors un ailier capable de jouer hors-secteur sur certaines actions et certains mouvements, afin de venir exprimer sa qualité sur la base arrière", explique Grégory Cojean, qui le voit tout de même plus naturellement jouer à l'aile dans le futur, du fait de sa taille (1m80). "Il doit épurer son jeu, c’est sûr, et surtout se développer physiquement pour pouvoir exprimer toutes ses qualités", embraye-t-il. Avec, comme preuve, ces ischios-jambiers qui grincent ces dernières semaines, et l’empêchent, contrairement à De La Bretèche ou Monar, de côtoyer au quotidien le groupe professionnel.

Théo Monar - Pivot, 19 ans

Le rouleau compresseur. Doté d’un physique hors normes, du haut de ses 2 mètres et près de 100 kilos, sa maturité physique lui permet de s'exprimer, comme le reconnaît Cojean : "Il est impressionnant physiquement, très costaud offensivement. Il est capable de se mesurer à n’importe quelle défense à l’heure actuelle". "Il a déjà des qualités énormes sur les prises de position, sur la qualité de réception des passes, il est plutôt adroit à la finition", pense Jérôme Fernandez, quand l’entraîneur adjoint nantais précise : "Son axe de progression, c’est sur l’aspect tactique car il a également de belles qualités techniques. Il doit être capable de mieux lire le jeu de sa base arrière quand il est en attaque, celui de l’adversaire quand il est en défense, afin de s’adapter au mieux aux situations pour les anticiper, et être au bon endroit au bon moment ".

Théo Monar, 19 ans mais déjà près de 100 kg, est amené à prendre du poid au sein de la défense nantaise ces prochaines années (Crédits Photo : HBC Nantes)

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"Il est dans le bon club pour bien travailler et pour progresser davantage, il va se structurer avec le temps, mais je ne serai pas surpris qu’à l’image d’un Nicolas Tournat (ancien de Nantes aujourd’hui à Kielce) ou d’un Ludovic Fabregas (qui évolue au Barça), il soit très vite repéré par un grand club européen", prévoit Fernandez. Face au Motor Zaporozhye, ce mercredi, celui qui étudie en STAPS aura une belle carte à jouer, alors que Rock Feliho, touché à un genou, sera absent, tout comme Mathieu Bataille.

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