On prend les mêmes et on recommence. Comme chez les hommes, où les Tricolores ont retrouvé le Danemark en finale des Jeux Olympiques, les Bleues vont avoir comme une impression de déjà-vu au moment de se présenter sur le terrain du Yoyogi National Stadium ce dimanche (8h) lors de la grande finale.

De Rio à Tokyo, un statut totalement différent

Et pour cause, elles vont retrouver le Comité Olympique Russe, cette équipe même qui les avait laissées les larmes aux yeux à Rio en 2016, au terme d’une finale frustrante (22-19). "C’était la première médaille olympique pour le hand féminin, et c’était déjà un truc de ouf pour nous d’être en finale", se rappelait, durant la compétition, Grace Zaadi pour 20 Minutes, alors que la France sortait de plusieurs années de disette.
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Les choses sérieuses commencent pour les Bleues
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Départ piano et fin en apothéose : le résumé de la qualification des Bleues

Battue, l’équipe qui rassemblait déjà les cadres Amandine Leynaud, Estelle Nze Minko, Alisson Pineau ou Béatrice Edwige avait alors transformé cette déception en immense force, parvenant à réaliser dans la foulée un doublé historique, avec un titre mondial en 2017 suivi d’une victoire à l’Euro en 2018. Et c’est donc avec un tout autre statut et une ambition totalement différente que les Bleues ont abordé l’Olympiade tokyoïte, comme l’a affirmé Zaadi : "Là, on est arrivées avec l’envie d’aller chercher l’or, pas une médaille. On est plus conquérantes".
On est capables du pire comme du meilleur, on est comme ça et je ne suis pas certaine que ça change
Le signe que, depuis la désillusion de Rio, elles ont vaincu plusieurs de leurs démons, dont la Russie, victorieuse lors de 36 des 50 confrontations de l’histoire des deux équipes, mais terrassée en finale de l’Euro 2018 (24-21), à domicile dans une ambiance survoltée. Lors de ces Jeux Olympiques, elles ont aussi réussi à dompter des émotions parfois négatives, comme elles l’ont raconté après leur demi-finale remportée face à la Suède vendredi (29-27). "Dans ce genre de match, honnêtement, j’étais un peu paniquée car on n’arrivait pas à se détacher, expliquait ainsi Pauletta Foppa. Les minutes passaient et dès qu’on a tenu le bon bout du match, on n’a plus lâché".

Une ultime frayeur avant l'explosion : les Bleues ont bien célébré la qualification

"On est capables du pire comme du meilleur. L’important c’est de commencer par le pire et de terminer par le meilleur. On est comme ça et je ne suis pas certaine que ça change", complétait l’arrière ou ailière droite Laura Flippes. Plus philosophe, le coach Olivier Krumbholz, qui est de toutes les médailles de l’histoire de cette équipe, se disait "convaincu qu’une équipe, c’est une aventure humaine. Le résultat, ce n’est pas le plus important, c’est le parcours pour y arriver et la richesse des relations que l’on peut avoir. Même si on est un sport professionnel, ça reste un sport, (…) j'essaye de leur transmettre ma philosophie. Les filles prennent beaucoup de pression dans l’environnement, le handball a beaucoup gagné et il y a une attente systématique qui pèse par moment".

Un début d’Olympiade tendu, avant la libération

Cela s’est vu, notamment lors du tour préliminaire où, après avoir bien démarré face à la Hongrie (30-29), les "Femmes de défis" ont enchaîné deux défaites- dont une face à la Russie (28-27) -et un nul, se mettant en danger avant le dernier match, finalement largement remporté face au Brésil (29-22). Un soulagement qui a remis les coéquipières de Cléopâtre Darleux à l’endroit, comme en a attesté le quart face aux championnes du monde néerlandaises, laminées (32-22). "Nous avons démarré la compétition dans un mauvais mood. On a eu la force et le caractère de repartir en équipe, je suis très contente pour nous", a résumé Zaadi, l'une des deux Françaises à évoluer en Russie (à Rostov-Don) avec Béatrice Edwige.
Alors, quelle équipe de France doit-on s’attendre à voir lors de cette ultime rencontre au Japon ? "Je sens que cette équipe a encore de l'ambition pour préparer cette finale, a répondu Olivier Krumbholz. Elles ont, à mon avis, dans un petit coin de la tête, la médaille d'or". "Là, maintenant, l’objectif c’est de gagner une médaille d’or, a confirmé Cléopâtre Darleux. Je suis heureuse de gagner une médaille olympique mais je veux continuer sur notre chemin, comme on l’a fait toute cette semaine".

Leynaud-Darleux, un duo attendu

Le duo qu’elle forme avec Leynaud, dont ce sera le dernier match en équipe de France, dans les buts tricolores est d’ailleurs l’une des bonnes raisons de croire que ces Bleues peuvent faire déjouer l’armada russe. Une équipe qui leur offre toujours un rude défi. Brillantes chacune leur tour, en quart puis en demie, les deux portières devront cette fois assurer dans le même match, pour éteindre la virevoltante Anna Vyakhireva (39 buts jusqu’ici), ou ses coéquipières Ilina (9 buts face aux Bleues au tour préliminaire), Dmitrieva ou Kuznetsova.
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Assurément, les partenaires d’Orlane Kanor et de Siraba Dembélé, deux cadres absentes pour cause de blessures, auront retenu les leçons de la défaite subie le 31 juillet dernier. Comme le réclame leur coach, c’est donc en équipe qu’elles comptent décrocher le seul titre qui manque à cette sélection : "Nous sommes toutes différentes, avec des cultures différentes, des qualités différentes. Notre force, ce sont les anciennes, les jeunes. On s’entend toutes bien et dans un collectif c’est essentiel", décrivait ainsi la pivot Foppa, l’une des joueuses les plus en vue offensivement dans ce tournoi (27 buts à 77% de réussite au tir).

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A 20 ans, elle est l’une des raisons d’espérer que les bons résultats des Bleues ces dernières années perdurent. Mais elle ne sera pas la seule, loin de là, à devoir prendre ses responsabilités en attaque, puisque ce match se jouera aussi sur la réussite de la base arrière incarnée par Zaadi, Flippes, Nze Minko et Pineau, selon laquelle "à Rio, [la France] a commencé l’histoire d’une bande de meufs" qui "se poursuit aujourd’hui". Et quoi de mieux qu’une revanche face à la Russie pour boucler la boucle ?

Les Bleues se sont imposées face au Brésil aux JO de Tokyo

Crédit: Getty Images

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