"L'obligation de réussir"

Après la défaite de la Grèce, pays qui pouvait mettre fin prématurément à l'aventure des Bleus, Claude Onesta, sélectionneur français, revient sur une qualification attendue. Car ses joueurs avaient "l'obligation de réussir" face à la Slovénie pour attein

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Crédit: Eurosport

CLAUDE ONESTA, que s'est il passé lorsque vous avez appris la victoire de la République tchèque sur la Grèce (31-29) jeudi ?
CO : On n'a pas eu beaucoup de chance dans ce genre de situation dans les compétitions précédentes. Il y avait une espèce de fatalité, on était un peu comme des "petits Caliméro" à pleurer dans notre coin. Tout d'un coup, tout bascule. On s'est retrouvé dans l'obligation de réussir quelque chose. A l'échauffement du match contre la Slovénie, il y a avait beaucoup de bruit, d'excitation. Ce sont des trucs de guerriers qui sont plus l'expression d'une peur que d'une force. On a joué avec la peur sur nous pendant une heure. Les quelques fois où le match aurait dû nous tranquilliser, on s'est remis en situation de souffrance. C'est bien d'avoir réussi à survivre sans être très bons.
L'équipe de France revient de loin, comment expliquez-vous cette constante alternance de bon et de moins bon sur le terrain ?
C.O. : On a alterné des moments de maîtrise et de tranquillité avec d'autres où on a été fragile sur le plan émotionnel. Ce n'est pas une découverte, c'est quelque chose d'assez présent dans le fonctionnement du handball français depuis quinze ans, je dirais même dans le sport en général. J'ai toujours dit que l'on avait un jeu atypique avec des joueurs d'origines variées. Et dans la difficulté on a plus tendance à s'isoler qu'à s'unir.
Y a-t-il eu une décompression chez les joueurs après toutes les émotions de ces derniers jours ?
C.O. : Ce matin ils se sont levés plus tard que d'habitude. Ils ont souhaité revenir se promener à Hammamet. On a beaucoup puisé dans l'énergie émotionnelle depuis une semaine, j'espère que cela ne nous manquera pas pour les prochains matches. Les joueurs m'ont dit hier (jeudi) que c'était la compétition la plus dure qu'ils aient vécue, avec une pression permanente.
Craignez-vous le jeu de la Croatie, votre adversaire en demi-finale ?
C.O. : On a tendance à se sentir à l'aise dans un jeu plus engagé physiquement. Il va falloir jouer plus avec notre tête qu'avec nos tripes. On va essayer de dérégler ce qui fait merveille chez eux depuis trois ans. Si on les regarde jouer, on est mort. Il faut les sortir de leurs habitudes de jeu.
Que pensez-vous de l'émergence de certaines nations depuis le début du Mondial ?
C.O. : Pour la première fois, le Championnat du monde est beaucoup plus équilibré. Mise à part la Tunisie qui est sur son petit nuage, il y a beaucoup de matches qui se jouent à un but. Le niveau des équipes est très resserré, certains comme la Tunisie, la Norvège et la Grèce ont vraiment élevé leur niveau. Un certain nombre d'équipes ont mal vécu le remaniement post-JO, on est à un moment où le niveau est très homogène. Mises à part les deux, trois équipes des continents les moins performants, les douze premiers étaient capables de rentrer dans le dernier carré, même si à la fin on retrouve trois équipes sur quatre qui étaient déjà en demi-finale il y a deux ans au Portugal (France, Croatie et Espagne).
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