Jeux Olympiques 2024 - Cérémonie d'ouverture - Paris face au monde et à sa propre grandeur

Eurosport sur Google

Des années d'attente pour un coup d'envoi que chacun espère majestueux sur le plan artistique et puissant au niveau émotionnel. Tel est l'enjeu de cette cérémonie d'ouverture sur la Seine, au cœur des monuments à la gloire de Paris. Une idée un peu folle, un pari au moins aussi dingue, dont nous saurons vendredi soir s'il est pleinement réussi. Mais l'envie d'être enthousiaste est immense.

Le grand soir pour les Jeux de Paris.

Crédit: Getty Images

Cette fois, nous y voilà. Les compétitions ont démarré, le sport a déjà pris son envol olympique, mais avec la cérémonie d'ouverture, les Jeux Olympiques vont débuter et ça change tout. Le monde entier aura les yeux rivés sur Paris. Le grand soir du coup d'envoi, c'est le moment où, plus que tout autre, la ville organisatrice incarne l'Olympisme. Sa vision, sa façon de faire et d'accueillir le monde va se matérialiser pendant quelques heures.
Réussite totale, échec ou entre-deux, le moment laissera quoi qu'il arrive une trace dans cette quinzaine. C'est vrai de toutes les cérémonies d'ouverture, mais de celle-ci en particulier. Parce qu'elle a choisi l'audace, le risque même, en sortant des frontières traditionnelles du stade pour s'ouvrir à la ville. La Seine. Les monuments. Un cadre unique, qui oblige les organisateurs à ne pas se rater. L'attente n'a jamais été aussi grande.
La France peut se targuer d'un certain savoir-faire. Il y a trente-deux ans, lors des Jeux Olympiques d'Albertville, elle avait tout simplement révolutionné le making of du cérémonial des cérémonies sous la houlette de Philippe Découflé. Les choix et les idées de son lointain successeur, Thomas Jolly, directeur artistique du grand show de vendredi soir, ont été globalement bien tenus secret, mais il n'a pas caché son ambition : offrir un spectacle grandiose, digne de la ville lumière. Une question de standing et de rayonnement.
picture

La cérémonie d'ouverture des JO 2024 se déroulera sur la Seine.

Crédit: Getty Images

 

Le meilleur atout de Paris 2024, c'est précisément Paris

Thomas Jolly a utilisé la formule d'un "grand récit avec le cœur de Paris, son fleuve et ses monuments, en guise de décor". La promesse est alléchante. Un son, une image, une émotion, il n'en faut parfois pas plus pour qu'une cérémonie s'ancre dans l'histoire. Mais il n'en faut surtout pas moins. C'est Mohamed Ali, si fort de toute son aura mais si fragile de toute son humanité déclinante, embrasant la vasque d'Atlanta. C'est Pavarotti entonnant le Nessun Dorma de Turandot à Turin. C'est le rocketman Bill Suitor déboulant dans le ciel de Los Angeles. C'est Cathy Freeman à Sydney.
picture

Olympic games - Atlanta 1996 Opening Ceremony : Muhammad Ali lights the Olympic flame

Video credit: Eurosport

C'est encore, et c'est évidemment Elisabeth II se prêtant au jeu dans une mise en scène à l'humour so british en compagnie de James Bond à Londres en 2012. La reine et l'agent secret, figures emblématiques chacun à leur façon de la mythologie britannique, sont restées dans les mémoires. Londres, c'est d'ailleurs le repère assumé par Thomas Jolly, qui rêve de laisser une trace au moins comparable à celle-ci, ou à celle de Decouflé.
Le meilleur atout de Paris 2024, aux yeux du monde, c'est précisément Paris. Ici, on peut râler contre elle, la brocarder de temps à autre, la dénigrer à l'occasion, mais là-bas, c'est-à-dire partout ailleurs, son pouvoir d'attraction et de fascination demeure inégalable. Voilà pourquoi l'idée de cette cérémonie d'ouverture sur la Seine avait généré tant d'enthousiasme au niveau international en 2021 lorsque cette idée folle avait été révélée au monde.
Michel Platini assure y avoir déjà pensé pour la Coupe du monde 1998, mais l'Etat avait dit non devant l'ampleur du défi en termes de sécurité. Cette fois, il a dit banco. Du million de spectateurs envisagé initialement, il n'en restera plus que 300 000 environ vendredi et les abords du fleuve ont pris des allures de forteresse. L'enjeu a intérêt à en valoir la chandelle.
picture

Comment est née l'idée de la cérémonie d'ouverture sur la Seine ?

Video credit: Eurosport

 

Paris joue déjà une bonne partie de son legs à la postérité

Paris 2024 n'a pas choisi la simplicité. Tout eut été plus "confortable" au Stade de France. Mais la prise de risque n'est-elle pas consubstantielle aux plus grandes conquêtes sportives et olympiques ? Comme tout champion candidat à l'or olympique, Thomas Jolly a quant à lui préparé pendant plusieurs années son rendez-vous, pour que tout se joue sur une poignée d'heures. C'est à la fois vertigineux et effrayant.
Mais si la réussite est au bout, malgré tous les aléas, les risques, les craintes, le scepticisme de beaucoup et une météo annoncée capricieuse et peu encline à offrir son plus beau ciel, alors ce vendredi 26 juillet sera de ceux dont on reparle dans quelques décennies, et dont on se repasse certaines images en boucle en y repensant avec nostalgie. Tout cela donne envie de retenir son souffle, mais aussi de rêver les yeux ouverts et la bouche bée.
Pour le côté sportif, dès samedi matin, le peuple de France aura les yeux rivés vers le tableau des médailles, et jugera largement la réussite de ces J.O. au nombre de podiums, et à la quantité d'or, d'argent et de bronze que ses athlètes amasseront. Mais le reste du monde, lui, s'attardera moins sur ces considérations sportives nationales que sur la grandeur et la fantasmagorie que la capitale aura su lui offrir. Alors ne vous y trompez pas. Ce soir, Paris joue, déjà, une bonne partie de son legs à la postérité.

Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité