1er tour : les fausses balayettes de Janusz Wojnarowicz
A 9h30 pétantes, c'est un Polonais qui se dresse face à Teddy Riner. Officiellement pesé à 174,3 kilos, le beau bébé de l'Est traine la patte pour s'avancer vers le tatami. Avant ça, il n'avait pas bougé d'un iota dans l'aire d'attente. A-t-il réellement envie d'y aller ? Les premières secondes du combat répondent à la question. Passif, le cube polonais. Il s'obstine à vouloir attraper le bas du kimono du Français et ne tente rien. Hormis des balayettes - six en tout dans les deux premières minutes - qui n'en ont que le nom : des vulgaires coups de pied dans la moindre conviction. Et puis plus rien. En fait, Wojnarowicz n'a qu'un seul objectif : ne pas tomber. Quitte à prendre des pénalités pendant les cinq minutes de combat. Il reste 20 secondes ; on s'imagine que le Polonais va tenter quelque chose. Le fameux "tout pour le tout". Non. A la place, il roule des épaules, rappelant un ancien président de la République. Le Polonais ne veut surtout pas perdre la face. Quitte à se faire sortir dès le premier tour. C'est peu comme ambition pour une épreuve qui n'a lieu que tous les quatre ans. L'une de ses déclarations à la presse est-elle une provocation ? "J'ai besoin de repos. Mes JO sont finis pour de bon." Mais, ont-ils réellement débuté ?
2e tour : La guerre éclair de Faicel Jaballah
Jeux Olympiques
Riner sur les réductions budgétaires : "C'est inquiétant"
23/09/2018 À 17:21
Légèrement plus lourd que Riner (145,8 contre 131), le Tunisien affiche une autre détermination. Ses tentatives de kumi kata (prise de garde) sont beaucoup plus hautes que celles de son prédécesseur. Plus mobile, plus agressif, Jaballah combat. Pour de vrai. Il ne se déplace que vers sa gauche et s'applique à défendre sa garde. Mais le naturel revient vite au galop. Deux fois, il se jette au sol. Le genre d'attitudes que les juges n'apprécient pas. A 2'15" de la fin du match, sa tentative de balayage n'est pas loin de surprendre Riner. Mais plus les minutes passent, moins Jaballah semble fringant. A cours de souffle, il cherche du regard son entraîneur. Du soutien. Physiquement, il est cuit. Il cherche sa respiration. Trente secondes après une première alerte, il cède sur un uchi mata. Ippon. A 0'11" du buzzer final. Au moment de saluer son vainqueur, il le regarde à peine, lui serre la main du bout des doigts. Comme s'il avait peur de reprendre un balayage dans la foulée.
Quart de finale : Le mouvement de hanche d'Oscar Brayson
Seul médaillé de Pékin présent à Londres, avec Riner, le Cubain fait partie des candidats au podium. Le voir affronter le Français à ce stade de la compétition est prévu depuis le tirage au sort. Plus petit, plus lourd aussi (150 kg), Brayson ne se laisse pas impressionner. C'est lui qui porte la première "vraie" attaque, un mouvement de hanche. Il décide ensuite, après avoir placé ses mains comme il le peut, de lancer sa jambe droite. Vainement. Avec sa main droite, il cherche constamment le haut du kimono du Français. Avec la gauche, il saisit le plus souvent la manche droite de Riner. Et la galère commence. Il prend rapidement un premier avertissement pour sa passivité. Ses mains sur les hanches parlent pour lui. Il commet ensuite une erreur fatale. Sa fausse attaque le met au sol. Riner est sur son flanc. Brayson tente de se retourner. C'est la faute de trop. Riner l'immobilise. Vingt-cinq secondes passent. Ippon. Il dit adieu à l'or olympique. Pas sûr qu'il y ait cru beaucoup.
Demi-finale : Un périmètre de sécurité signé Sung-Min Kim
Décontracté dans l'aire d'attente, le Coréen fait des pas de côté. Au même rythme que son coach. Sur "One More Time", il se laisse entraîner. Il dodeline, même. Sung-Min Kim a le sens du rythme. Pour danser. En revanche, sur le tatami, c'est une autre histoire. Dès les premières secondes, il établit une zone de sécurité qui en dit long sur ses intentions. Sa prise de garde n'est pas convaincante. Il est évidemment plus difficile de lancer des attaques quand on se situe à 60 centimètres de son adversaire. Comme Wojnarovicz, Kim ne veut pas prendre un "pion". Une minute de combat et toujours rien. En danger, sur une garde qui voit Riner le saisir par la peau du cou, le Sud-Coréen se jette au sol. Un air de déjà-vu. Pénalité. Une minute plus tard, il récidive. Comme d'autres avant lui, il refuse le combat contre Riner. Sa main gauche est toujours lancée la première. Il n'y a aucune surprise dans son judo. Kim ne tente rien et comme Riner ne veut pas faire les efforts pour deux, on s'ennuie ferme. Une nouvelle tentative d'uchi-mata du Français lui donne une belle frayeur. Sans avoir lancé la moindre offensive, Kim trouve le moyen de finir les mains sur les genoux.
Finale : Alexander Mikhaylin, rien au bout de la main gauche
Le Russe est un ennemi intime de Riner. Les deux hommes se détestent cordialement depuis un Tournoi de Paris où le Russe avait été humilié par le Français. Depuis, il refuse de se rendre dans la capitale française. En quête d'une première médaille d'or olympique, après deux titres mondiaux en 2001 et 2005, Mikhaylin ne va rien faire pour arriver à ses fins. Le judoka de 32 ans, qui découvre les Jeux, débute plutôt bien. Son activité sur les jambes est plaisante à regarder. Mais il se fait une belle frayeur sur un balayage du Français. Cela a le mérite de calmer ses ardeurs. Sa passivité ne joue pas pour lui. Sa main gauche en avant, il ne parvient pas à se saisir du kimono blanc de Riner. Les secondes défilent. Le Russe paye l'accumulation de matches souvent conclus au golden score. Physiquement, il n'a plus rien à proposer. Il se fait pénaliser. Trois fois. Dont une en commun avec Riner. Son refus de serrer la main à son vainqueur sera anecdotique.
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