Jeux Olympiques de Paris 2024, Judo : Joan-Benjamin Gaba, le héros inattendu : "J'étais dans un état second"
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 29/07/2024 à 22:34 GMT+2
C'est peut-être lui la médaille la plus surprenante du judo français : ce lundi, Joan-Benjamin Gaba a écrit la plus belle ligne de son jeune palmarès en décrochant la médaille d'argent des -73kg des Jeux Olympiques de Paris. Il est même passé proche du titre, au bout d'une finale haletante avec plus de cinq minutes de golden score, poussé par un public en fusion à l'Arena Champ-de-Mars.
9'24" irrespirables : le dénouement d'une finale d'anthologie entre Gaba et Heydarov
Video credit: Eurosport
Ils se sont échangé deux mots et son champion du monde d'adversaire l'a embrassé sur le front. Ce lundi après-midi, Joan-Benjamin Gaba n'a pas étonné que le public de la bouillante Arena Champ-de-Mars. Le judoka français s'est hissé jusqu'en finale du tournoi -73kg des Jeux Olympiques de Paris à la surprise presque générale, et a lutté jusqu'au bout pour le titre.
Et s'il repart avec la médaille d'argent après plus de cinq minutes de golden score, il a digéré ce résultat avec une décontraction étonnante : "Elle est belle, très fier de cette médaille, s'est-il contenté au micro d'Eurosport en descendant du podium la médaille d'argent autour du cou. On va aller chercher l'or aux équipes maintenant."
C'est pourtant de très loin le meilleur résultat de son début de carrière, et sûrement la médaille la plus inattendue des JO pour la délégation bleue jusqu'ici. Trente-cinquième mondial avant le tournoi olympique, il n'avait jamais remporté de tournoi à l'échelle internationale en sénior, et avait pour seul palmarès une troisième place aux derniers championnats d'Europe de judo, en avril dernier.
Poussé par le public
Mais justement, quelque chose avait changé depuis, dans la tête du judoka de 23 ans : "J'y vais pour gagner, assurait-il quelques jours avant les Jeux, ma médaille de bronze aux derniers championnats d'Europe a été un déclic. Ça m'a donné beaucoup de confiance. Je me sens légitime d'aller décrocher une médaille aux JO". Et dans une catégorie qui ne compte pas vraiment de tête d'affiche jusqu'ici, Joan-Benjamin Gaba n'avait rien à perdre.
Alors, il en est devenu une. Et pour laisser sur son parcours un champion olympique-le Géorgien Lasha Shavdatuashvili-et un champion du monde-le Japonais Soichi Hashimoto-, il a pu compter sur le meilleur allié des judokas français sur ces débuts de Jeux Olympiques : le terrible public de l'Arena Champ-de-Mars.
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Joan-Benjamin Gaba vainqueur contre Adil Osmanov en demi-finale des -73 kg aux Jeux Olympiques Paris 2024
Crédit: Getty Images
"Les autres m'avaient prévenu hier, Walid et Luka, que l'ambiance était incroyable, a-t-il raconté au micro d'Eurosport. Dès le premier combat, j'étais tellement galvanisé par la salle, j'étais dans un état second." Comme pour Sarah-Léonie Cysique quelques minutes avant lui, les travées de la salle nouvellement construite se sont enflammées à chacun de ses passages, et jusqu’à sa finale.
Un cardio illimité
De quoi lui donner un supplément d'âme décisif : "On les entend… Je n'étais pas fatigué, j'avais cardio illimité grâce à eux. Dès que tu es fatigué, ils crient et ça redonne de la force." Et il en fallait, du cardio, pour tenir tête pendant plus de cinq minutes de golden score, et passer parfois proche de remporter le combat, face au champion du monde et d'Europe Hidayat Heydarov.
La fatigue, les jambes lourdes après un énième retour en place, se sont lues sur son visage mais Joan-Benjamin Gaba avait l'air habité. Dans la carrière d'un sportif, c'est exactement le genre de moment qui peut définitivement sceller le passage d'un cap. Ce lundi soir, Joan-Benjamin Gaba n'a pas été sacré. Mais le judo français, lui, a gagné un nouveau leader.
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