Comment vous sentez-vous à un mois des JO ?
Teddy Riner : Je me sens bien. Mais après ce n'est pas le tout de se sentir bien, de se sentir fort, au top. C'est d'être bon le jour J. Donc je vais profiter du mois qui reste pour fignoler tout ça, et approfondir ce que j'ai besoin d'approfondir ou de régler.
Qu'avez-vous besoin d'approfondir ?
Tokyo 2020
Dicko : "Teddy me dit : 'Moi aussi j'ai commencé par du bronze, regarde ce que j'ai fait après'"
IL Y A UNE HEURE
T.R. : Je suis un peu gourmand donc ce que j'aimerais, c'est être encore meilleur. Donc je vais tout faire pour être encore meilleur et changer encore certaines choses et pour être sans question, sans interrogation le jour des Jeux.
Vous n'avez pas combattu en compétition pendant plusieurs mois. Avez-vous peur que cela vous manque ?
T.R. : Non ça ne m'inquiète pas parce que je fais ce qu'il faut à l'entraînement. J'aurais voulu faire un peu de compétition mais c'était trop juste la plupart du temps. Maintenant ce qui compte, c'est d'arriver en bon état de santé aux Jeux, sans aucune question dans la tête, sans aucune préoccupation de pépin physique.

Teddy Riner lors de sa finale face à Inal Tasoev au Masters de Doha 2021

Crédit: Getty Images

Il faudra vraiment arriver avec les dents les plus longues sur le tapis.
Vous avez l'air très affûté, ce qui n'était pas le cas il y a un an. Avez-vous effectué la préparation la plus dure de votre carrière ?
T.R. : C'est l'une de mes plus grosses préparations simplement parce qu'elle a duré très longtemps. Je crois même qu'on peut la compter en année vu que le Covid est venu s'immiscer. Moi, comme tous les autres athlètes, ça a été difficile et ça a été long. On touche au but. J'ai vécu cette préparation qui a été longue, difficile, rigoureuse, mais les autres aussi. Donc il ne faut pas se reposer là-dessus, il faut se dire que tout le monde a eu le temps de bien se préparer. Il faudra vraiment arriver avec les dents les plus longues sur le tapis. C'est celui qui aura les dents les plus longues qui repartira avec cette médaille.
Est-ce que finalement le report n'aurait pas été bénéfique pour vous ?
T.R. : Je me sens plus fort qu'auparavant, oui. Est-ce que ça a été bénéfique ? Oui et non. J'ai changé pas mal de choses dans mon staff, c'est ce qui fait que je me sens meilleur, mais je pense aussi que peut-être quelques mois en arrière ça aurait été aussi très bien les JO. Mais bon, on prend ce qu'on nous propose on n'a pas trop le choix. Aujourd'hui, d'avoir ces Jeux Olympiques, en tant qu'athlète, j'en suis très heureux.
Votre famille ne pourra pas être avec vous à Tokyo, est-ce quelque chose que vous appréhendez ?
T.R. : Non je ne vais pas l'appréhender, je le sais. Le plus important pour moi c'est d'aller aux JO, d'aller chercher cette médaille d'or. A Doha (lors de sa victoire au Masters en janvier, ndlr), j'ai pu voir ce que c'était de ne pas avoir de public et de ne pas avoir de famille, donc je suis prêt pour ça. Aujourd'hui ce qui compte c'est la médaille d'or. Quand cette médaille d'or sera dans la valise, là je prendrai l'avion pour rejoindre ma famille et fêter, profiter de ce moment, et leur raconter ce que c'était les JO à Tokyo, sous Covid, en 2021.

En 2016 comme en 2012 : Riner est le poids lourd olympique !

Riner ne le cache pas, le spectre d'une annulation lui a fait peur

Avez-vous eu des doutes sur la tenue des Jeux ?
T.R. : Ah oui. Depuis 2020, ce n'est que ça. Moi je ne croyais pas au report au début. Quand on me disait que ça allait être reporté, je disais 'non, non, c'est les Jeux Olympiques, ça ne peut pas être reporté', et en fait si. Ensuite quand ils nous ont annoncé la date j'y ai cru longtemps, même si on nous disait 'ça va être annulé', je disais non. Nous, les JO c'est toute notre vie, c'est le sommet. Donc là c'est un soulagement. Mais ça été usant. Mentalement, beaucoup d'entre nous sont usés, sont fatigués, et ont une seule chose en tête : aller aux JO, donner le meilleur d'eux-même et prendre un peu de repos.
C'est un défi exceptionnel d'aller décrocher cette 3e médaille au pays du judo...
T.R. : Bien sûr. Moi judoka, nous judokas, aller chercher au Japon la plus belle des médailles... Je peux vous dire que ça fait quelques nuits que je n'en dors pas. Parce qu'on a envie d'y être et en même temps il faut dormir pour récupérer et être bons sur les entraînements. Ça fait un moment que je vis ces JO.
Il y aura du public dans la salle, est-ce que c'est mieux pour vous ?
T.R. : Oui. C'est mieux d'avoir un public de connaisseurs qu'être dans une salle vide qui fait de l'écho, donc oui c'est plutôt cool. Mais je ne compte pas trop sur le public pour gagner. Je compte sur ma préparation, sur tout ce que j'ai mis en place pour aller chercher cette médaille.
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