Un jour unique, mémorable. Historique, pour toujours. Qui ne se représentera peut-être pas avant longtemps, malheureusement. Steven da Costa portait tout le poids de l'obligation de réussir son tournoi olympique, jeudi, au Nippon Budokan. Un tournoi pour lui, pour tout le karaté français. Mondial. Champion du monde en 2018, il était le grand favori assumé d'une compétition qui marquait l'entrée en lice de l'art martial dans le concert des Jeux Olympiques, à Tokyo, et qui ne connaîtra pas de suite à Paris, en 2024.
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Steven Da Costa a saisi l'occasion de sa vie. Et l'a transformée en or, en écartant son ultime adversaire en finale de la catégorie des -67kg, le Turc Eray Samdan, sur ippon.
Tokyo 2020
Tout l'or du monde pour Da Costa !
05/08/2021 À 12:02

Da Costa : "Je suis cassé, je ne réalise pas !"

Auteur de la septième médaille d'or pour la délégation française, le natif de Mont-Saint-Martin en Meurthe-et-Moselle, où il s'est préparé sous la direction de son père, ne réalisait pas encore tout à fait la portée de son exploit.
"Il va falloir me laisser une nuit, ou une bonne journée, ou même le retour en France, je pense, a-t-il avoué. Je me suis préparé comme un chien, je me suis tué, avec mon père, avec Olivier Baudry (son coach fédéral, ndlr), dans mon fief à Mont-Saint-Martin. Ça a été long, je suis passé par toutes les émotions. J'y ai cru, puis je n'y croyais plus. J'avais l'impression d'être prêt, puis j'ai eu des doutes. Et au final je concrétise, c'est magnifique."

J'avais dit à tout le monde que je venais pour l'or

Pourtant, tout ne fut pas simple, limpide. Notamment en phase de poules, où il a essuyé une défaite lors de son deuxième combat (4-7) contre le Jordanien Abdel Rahman Almasatfa. Un accro qu'il a eu du mal à relativiser au milieu de trois victoires (4-0 contre le représentant de l'Equipe olympique des réfugiés Hamoon Derafshipour, 11-2 contre le Letton Kalvis Kalnius, 2-0 contre le Vénézuélien Andres Eduardo Madera Delgado.

Un ippon et... un salto : le combat qui a sacré Da Costa en kumite

"Après les poules, je suis rentré au village (olympique) pour casser la journée et faire en sorte que ça soit une autre journée, a-t-il raconté. Parce que ce matin, c'était très dur. Je n'étais pas moi-même ; j'étais crispé, pas serein. J'étais favori et j'avais peur de décevoir. Et ça, ça n'est pas bon. J'avais dit à tout le monde que je venais pour l'or. Et quand je parle, j'essaie de faire. Mais ça, c'est dans la vie. En sport, il n'y a pas de garantie. Toute la pression, je l'ai déchargée dans ma chambre. Je me suis dit que j'avais une médaille quoi qu'il arrive et que je n'aurai pas honte de rentrer. Une fois que j'ai su que j'étais médaillé, ça s'est enchaîné, j'ai vu que j'étais bien."
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Cette soirée fut un autre défi car Darkhan Assadilov s'avançait devant lui, en demi-finale. "Je sais que personne n'y croyait contre le Kazakh, a repris le Meurthois. Parce qu'il a mis le feu aujourd'hui. Moi, j'y croyais. Mais il faut avouer, ça a été un tueur à gages en poules. Je lui ai coupé le souffle et il s'est battu pour rester debout."

Le karaté à Paris ? "On espère que ça pourra changer"

Restait donc Eray Samdan, champion d'Europe en titre en -60kg. Une formalité. "En finale, je mène 5-0, il me regarde et il sait que c'est fini."
La médaille autour du cou, Steven da Costa est tout à son rêve éveillé. Loin de la question qui fâche. Cette absence du karaté aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. Cette erreur de l'histoire. "Pour l'instant, je kiffe mon moment, a-t-il assuré. Il n'y a aucune tâche qui peut venir là-dessus. C'est la plus belle, c'est celle qui manquait, champion d'Europe, champion du monde et champion olympique. Fin de l'histoire. Aujourd'hui, le karaté a montré une très belle image, il y a eu beaucoup de show, beaucoup de points. On espère que ça pourra changer, pourquoi pas. J'aurais aimé en chercher une à Paris. Mais celle-ci, elle ne s'effacera jamais."
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