A l'UFC Paris, Benoît Saint-Denis, dit "BSD" devra prouver qu'il n'est plus "son propre coach"
Mis à jour 05/09/2025 à 21:48 GMT+2
A l'UFC Paris, Benoît Saint-Denis a rendez-vous avec lui-même. Après ses deux défaites dures contre Dustin Poirier et Renato Moicano, le Français s'est remis en question et a changé pas mal de choses dans sa façon d'aborder son métier et le combat. Contre le Brésilien Mauricio Ruffy, "BSD" aura l'occasion samedi soir de se prouver à lui-même et au public qu'il a changé... Tout en restant lui-même.
Benoît Saint-Denis sera face à un véritable test contre Mauricio Ruffy à l'UFC Paris.
Crédit: Getty Images
La dernière image parisienne de Benoît Saint-Denis est terrible. Difficile à regarder, même, le visage complètement tuméfié, qui a mis plusieurs jours voire semaines à complètement dégonfler, en témoigne son interview très mal choisie chez Clique quelques jours après sa violente défaite contre Renato Moicano lors de l'UFC Paris 3 en septembre 2024. Le Français avait été arrêté par l'arbitre dans le troisième round car privé de visibilité d'un de ses deux yeux en raison de la pluie de coups de coude reçus.
Avant cette sortie catastrophique, "BSD" venait de se séparer de l'entraîneur qui l'avait lancé, Daniel Woirin, sur fond d'histoire de gros sous et de manque de professionnalisme pour le très haut niveau. Après quoi, il avait décidé de tout prendre en charge lui-même. L'ancien des forces spéciales avait fait le choix, critiqué d'un point de vue sportif, de déménager à Bayonne avec sa famille, car malheureux dans le contexte francilien. Dans son sud-ouest natal, il se sent mieux, mais les sparrings partners d'élite et les entraîneurs de très haut niveau manquent.
Le "pire premier round" de sa carrière
Il avait alors tenté de tout faire tenir de ses mains : organiser son camp d'entraînement, engager des sparrings partners, composer une équipe d'entraîneurs (lutte, sol, striking, etc...), déléguant la gestion des médias et des sponsors à sa femme... Trop pour un seul homme. Le résultat s'en est fait sentir dans ce qu'il a appelé, au micro de RMC Sport, le "pire premier round de ma carrière". Arrivé dans la cage sans plan de combat précis, ni hommes de coin capables de le remettre à l'endroit, l'homme de 29 ans a retenu la leçon qu'il a résumée en une phrase : "J'ai voulu faire le général et le soldat".
Depuis, il a mené sa petite révolution. Avec son nouvel entraîneur, Nicolas Ott, il partage son temps entre le Venum training camp à Rungis, et la salle Cyfit dans la petite ville d'Anglet, où l'écosystème d'entraînement s'est articulé autour de lui. Une remise en question qui a accouché d'une victoire par soumission au deuxième round contre le Polonais Kyle Prepolec en mai dernier. Avec Nicolas Ott comme head coach, Saint-Denis a trouvé son général, "moi, je redeviens le soldat", a-t-il analysé. Entouré d'une nouvelle équipe, "BSD" est en pleine relance.
Mauricio Ruffy, le test idéal
Sauf que sur le site spécialisé Fightmatrix, Prepolec ne pointe qu'aux alentours de la 200e place mondiale chez les poids légers, quand le Français figure 23e. Le combat était surtout une occasion de prendre des repères et retrouver le feu qui l'avait quitté et qui lui donnait son style rouleau-compresseur dont le public parisien est si friand. Mauricio Ruffy, son adversaire à l'UFC Paris, sera d'un tout autre calibre. Surtout, il est un striker d'élite, capable de faire venir les coups depuis des angles improbables, en témoigne son K.-O. au premier round sur un high-kick retourné qui a laissé l'expérimenté King Green inerte.
Exactement le genre de combattant capable de cueillir un mort de faim comme Benoît Saint-Denis, qui ne connaît que la marche avant dans la cage. Si certains y voient un danger, l'équipe de "BSD" y voit un test. Le fonceur qui se laissait parfois déborder par sa propre agressivité, au détriment du suivi d'une stratégie de combat claire, se doit d'avoir gommé les défauts de ses qualités... Yout en conservant son agressivité qui fait son identité.
Le défi était déjà grand, il devient immense à Paris, quand on sait que Saint-Denis a tendance à se laisser emporter quand la foule crie son nom. Les bookmakers donnent Ruffy favori et certains observateurs, comme l'ancien champion des poids moyens Israel Adesanya, voient le Français perdre sur K.-O.. Cela aurait de quoi rafraîchir quelque peu l'ambiance à Bercy.
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