Baysangur Chamsoudinov dit "Baki" vs Jordan Zebo - Deux ans après "Jordan… t'es mort !", Zebo et sa carrière sont en vie

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Deux ans après une défaite choquante, concédée en l'espace de neuf secondes face à Cédric Doumbè, Jordan Zebo s'apprête à disputer un nouveau combat crucial dans sa carrière. Il affronte Baki, samedi à Strasbourg, la ceinture des 77kg d'ARES en jeu. La force dont il a fait preuve pour se relever de son cuisant revers et enchaîner quatre succès est remarquable. Sera-t-il à la hauteur cette fois ?

Jordan Zebo, en marge de son combat face à Cédric Doumbè en 2023

Crédit: Imago

Le corps inerte de Jordan Zebo, allongé au centre de la cage, avait donné un côté mi-glacial mi exaltant au cérémonial de Cédric Doumbè. Quelques instants avant de coucher son adversaire en neuf secondes (voire moins), l'ancienne star du Glory avait scandé trois fois son prénom, et le public du Zénith de Paris était massivement entré dans son jeu : "Jordan… t'es mort ! Jordan… t'es mort ! Jordan… t'es mort !" De quoi faire du troisième PFL Europe de l'année 2023 un événement majeur pour le MMA francophone.
Deux ans après avoir subi ce K.-O. mémorable, Jordan Zebo (25 ans) est bien vivant et son ambition l'est également. Fort de quatre victoires de rang depuis – et d'un bilan en pro de 8-1 – il affrontera l'invaincu Baysangur Chamsoudinov dit "Baki" ce samedi à Strasbourg, dans le but de lui ravir la ceinture ARES des 77kg. Le nouvel élan qu'il pourrait insuffler à sa carrière est quasiment inespéré. D'autant plus que Baki a battu Doumbè – certes dans un contexte épineux – , ce qui offre à Zebo l'opportunité d'un sacré pied-de-nez.
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Jordan Zebo gît au sol, mis K.-O. par Cédric Doumbè

Crédit: Imago

Si je peux lui ouvrir le crâne pour gagner, je le ferai
Pour s'octroyer le droit de défier son ancien partenaire d'entraînement au MMA Factory, "le Fauve" (en référence au personnage de X-Men) n’a pas eu à changer de philosophie. Il est convaincu de pouvoir triompher sans créer d'animosité factice. "Je vois beaucoup de gens commenter : 'Arrête de sourire, tu vas encore te faire mettre K.-O., tu es trop gentil', mais j'ai souri à (Mickael) Marie Sardi avant de le mettre K.-O., j'ai souri à Vincent del Guerra avant de gagner chez lui, à Marseille", raconte Jordan Zebo auprès de La Sueur.
"Si je peux lui ouvrir le crâne pour gagner, je le ferai, mais derrière je lui serrerai la main et je lui souhaiterai un bon rétablissement", ajoute-t-il avant l'affrontement en cinq rounds face à Baki, maintenant membre du team de Nicolas Ott. Un champion qui a "beaucoup plus à perdre" que son challenger : "[Jordan Zebo] a tout à gagner. Les gens n'ont pas oublié ce qui lui était arrivé (face à Doumbè, ndlr). C'est le combat à faire pour lui, pour montrer que sa défaite était un malentendu. Alors que les gens savent que je suis censé le battre, que je suis au-dessus."
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Video credit: Eurosport

Le jour où mon père est décédé, je n'ai pas lâché l'entraînement
Avant même de se retrouver en position d'atténuer la marque indélébile laissée par son camouflet spectaculaire, Zebo a dû ne pas sombrer, faire fi des moqueries pour préserver son objectif : régner sur une organisation puis rejoindre la plus prestigieuse d'entre elles, l'UFC. Le témoin d'une volonté inébranlable : "J'ai sacrifié tellement de choses pour ça, dont du temps avec ma famille. Le jour où mon père est décédé, je m'entraînais, et je n'ai pas lâché l'entraînement. Je pleure dans un coin, je continue à m'entraîner, c'est comme ça."
"J'ai eu un accident de bus quand j'avais 10 ans, évoque-t-il via nos confrères de L'Equipe. Mon pied s'est pris dans le garde-boue, ça a arraché toute la chair de ma jambe. Pas de fracture, mais beaucoup de souffrance. On m'avait dit que je ne pourrais plus faire de sport de combat, que j'aurais même du mal à pratiquer la randonnée." Un atout, assure-t-il : "Face à la douleur, là où tout le monde craque, c'est un avantage d'avoir vécu un accident aussi grave, cela durcit mentalement." Mais pour franchir l'obstacle Baki, il lui faudra plus qu'un mental d'acier. 
Les quatre succès qui ont remis Jordan Zebo en selle ont été acquis à la décision, deux fois de manière unanime, deux fois de façon partagée. Il n'a pas dégagé l'impression de puissance qu'il pouvait inspirer à ses débuts, notamment par la violence de ses takedowns (amenées au sol). D'où certains doutes sur sa capacité à être un combattant MMA aussi brillant qu'il est un homme résilient. S'il doit lever ces doutes, c'est maintenant.
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