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Grand Prix d'Andalousie

Plus d'un an après, Rossi renoue avec le podium : "C'est comme une victoire"

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Valentino Rossi (Yamaha) fête sa 3e place sur le podium lors du Grand Prix d'Andalousie

Crédit: Getty Images

ParAlexandre Coiquil
26/07/2020 à 17:22 | Mis à jour 26/07/2020 à 20:50
@Coik

GRAND PRIX D'ANDALOUSIE - De retour sur le podium plus d'un an après sa dernière apparition, avec sa belle trosième place derrière Fabio Quartararo et Maverick Viñales, dimanche, à Jerez, Valentino Rossi a savouré ce retour au premier plan. Avant d'adresser un message fort à Yamaha.

Valentino Rossi est indestructible. Plus d’un an après sa dernière apparition sur un podium en MotoGP, à Austin lors du Grand Prix des Amériques disputé le 19 avril 2019, le pilote Yamaha a enfin renoué avec la joie d’un podium en MotoGP après sa belle 3e place lors du Grand Prix d’Andalousie. "Revenir sur le podium aujourd’hui, pour moi c'est comme une victoire", a-t-il reconnu au micro de la MotoGP, à chaud, après être s’être extrait du guidon de sa Yamaha.

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Avant de se prêter au jeu des déclarations, Rossi s'est amusé à aller célébrer son podium avec une tribune vide. L'Italien ne manque jamais l'opportunité de faire jouer son sens de l'humour. "Jerez est l'endroit où j'ai réussi mes meilleures célébrations. A Jerez, il faut aller fêter ça avec le public, comme c'est la coutume. C'était une situation étrange, il n'y avait personne. Mais peu importe, j'ai aimé faire ça. C'était un hug virtuel avec le public !"

Donné pour perdu, une nouvelle fois, après sa mauvaise saison 2019 terminée à une modeste 7e place, son pire résultat en Championnat du monde depuis ses deux années ratées chez Ducati (7e en 2011, 6e en 2012), remplacé par Fabio Quartararo l'an prochain au sein du team principal Yamaha, peu performant sur une machine qui flanchait, Rossi a dû avaler pas mal de couleuvres depuis une année. Comme s'adapter à une Yamaha mal équilibrée et pas adaptée à son style de pilotage.

Une moto enfin réglée pour lui

Son abandon sur casse mécanique lors du premier Grand Prix de la saison l'avait mis dans les cordes. Alors Rossi est-il fini ? "Premièrement, je n'arrête jamais, sauf si la moto ne marche plus (rires). Celui qui dit cela ne me connaît pas. Mais d'un autre côté, je comprends les critiques. Je dois aller chercher la motivation au fond de moi, particulièrement pendant cette période", a ajouté le Transalpin qui avait l'humeur badine. "Mon équipe m'a beaucoup aidé. Elle m'a permis de voir enfin la lumière au bout du tunnel. Ils m'ont donné une autre moto depuis vendredi matin. Jeudi soir, je voulais rentrer à la maison (rires) ! Mais vendredi matin, je me suis dit : je veux courir ! (rires)"

Ce podium apparaît comme un petit miracle au milieu d'un océan de mauvaises nouvelles pour lui, surtout après son week-end catastrophique la semaine dernière. Yamaha a donc pris le taureau par les cornes, ils ont revu leur copie et accédé aux demandes du "Docteur". "Vendredi matin, j'avais de meilleures sensations. Il faut continuer à progresser. Ça n'a pas été facile, mais on n'a pas baissé les bras et depuis vendredi matin on a fait des choses différentes", a précisé le n°46. "Dès le troisième tourde la course, je me suis senti mieux : c'était une meilleure moto pour moi, quelque chose qui correspondait plus à mon style. Je me sentais mieux dans les virages. On a beaucoup travaillé et on a amélioré la moto au fil du week-end", a analysé Rossi.

Avant d'admettre la réalité que l'on a aperçu en course, il ne peut pas mener grand train sur toute une course, la faute à ces maudits pneus. Dimanche cela lui a coûté la 2e place, au profit de son coéquipier Maverick Viñales qui a lui fini en trombe. "J'ai encore des problèmes à régler, mais je cours. J'ai mon style de pilotage et je prends du plaisir à piloter. J'ai attaqué la course du jour en étant prêt car je savais que je pouvais faire un bon résultat. Je suis très content, pour moi, pour mon équipe."

Forcément VR46 en avait gros sur la patate après deux dernières saisons compliquées. "La seconde partie de la saison 2019 a été très frustrante pour moi. J’étais si lent, si lent, j’ai beaucoup souffert. Mais maintenant, on va dans une autre direction", a expliqué l'Italien.. Et il a profité de ce triplé Yamaha pour passer un message fort au constructeur japonais avec qui il sera toujours sous contrat en 2020. "On doit travailler dur car on doit mettre la pression sur Yamaha. Ça a été dur, j'ai dû me battre pour obtenir un changement, parce que parfois on se heurte à des problèmes auxquels on ne s'attend pas. Parfois, les choses sont un peu politiques... C'est un problème politique", a-t-il annoncé avec un léger rictus au micro de la MotoGP. "J'espère qu'on va continuer comme ça, être bon le jour de la course."

Il faut que Yamaha me fasse confiance

Vu la longévité du bonhomme, les chiffres sont conséquents. A Jerez, Rossi a grimpé sur le podium pour la 235e fois de sa arrière au total, la 199e en catégorie reine (500cc + MotoGP). Vu le rebond de Yamaha, et son bond en avant cette semaine, Rossi va peut-être vivre une dernière saison plutôt douce avec la Yamaha Factory. Avant d'aller chevaucher la même Yamaha chez Petronas-SRT. Donc, le message a été passé par le septuple champion du monde en catégorie reine : Yamaha doit continuer de croire en lui. "Je suis ici depuis plus longtemps... Yamaha pense que je dois piloter comme Fabio et Maverick qui sont deux pilotes très rapides. Mais il faut qu'ils me soutiennent parce que je suis dans l'équipe factory et l'année prochaine je serai chez Petronas, alors il faut qu'ils me fassent confiance : je ne suis peut-être pas le plus rapide en piste, mais je pense que je peux faire de bonnes courses." Le message est passé : Rossi a encore faim.

Interrogé sur le cas Rossi, Lin Jarvis, le patron de Yamaha factory, a tenu à éteindre le petit incendie allumé par l’Italien après la course sur ce besoin de confiance qu'il ne ressent pas. "Il a pensé qu’il fallait changer quelque chose après le résultat négatif à Jerez", a précisé le Britannique au sujet du retour à un set-up plus ancien sur la moto 46. "Ce n’est pas une situation facile à gérer avec les ingénieurs Yamaha car ils ont voulu suivre leur chemin. Mais il est aussi important de comprendre le pilote. En insistant, Rossi est parvenu à atteindre des résultats positifs."

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