Voilà un peu plus de deux ans que Marc Marquez est entré dans un long tunnel. Il semble en voir le bout, pour la cinquième fois, et l'idée qui accompagne son retour est toujours la même : il flotte la conviction que son talent, hors norme, peut encore lui permettre de redevenir celui qu'il est réellement, malgré quatre opérations de l'humérus et plusieurs épisodes de diplopie. Cette certitude-là demeurera tant que l'Espagnol sera en mesure d'enfourcher un prototype MotoGP. Car Marquez est Marquez. Point barre.
Paradoxalement, ce nouveau retour ressemble aussi à celui de la dernière chance. Si le sextuple champion du monde a choisi le Grand Prix d'Aragon pour redevenir pilote du Championnat du monde, ce n'est pas seulement parce qu'il s'y sent comme chez lui, qu'un virage y porte son nom et qu'il y a décroché cinq victoires en catégorie reine. C'est aussi et surtout parce qu'une reprise plus tardive aurait été... trop tardive.
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Marquez a tout changé

Il y a tout juste un mois, le Catalan réapparaissait dans le paddock, en Autriche, sur les terres de son principal sponsor. Une présence tout sauf anodine. Lors d'une conférence de presse spéciale, Marquez avait exhorté Honda à faire évoluer son projet, après deux années de stagnation, voire de régression, dues notamment aux absences répétées de son omnipotent pilote. Cette fois, et contrairement aux saisons précédentes, pas question de négliger le développement. "Je veux une moto qui gagne", avait-il lâché.
Voilà pourquoi l'Espagnol est (déjà) là, alors qu'après sa quatrième intervention chirurgicale subie au début de l'été, l'hypothèse d'un retour en toute fin d'exercice, voire en 2023, avait fait son chemin. Cette fois, le pilote au N.93 s'est préparé vite... et mieux. Il n'a pas été opéré en Espagne mais aux Etats-Unis, par le Dr Sanchez Sotelo, qui a corrigé une rotation excessive de son humérus d'environ 30%. Et dans une volonté de se défaire totalement du passé, Marquez a également délaissé Cervera, sa terre natale, pour la capitale espagnole, et s'est même séparé de son manager historique, Emilio Alzamora.

Plus d'opération

Après avoir repris la piste au guidon d'une machine de série, Marquez a pu se rendre aux tests officiels de Misano, où Honda espérait sa présence par-dessus tout, sous peine d'orienter son développement sans réel cap. L'Espagnol y a bouclé une quarantaine de tours, finissant perclus de crampes et de courbatures. Mais ces essais ont d'ores et déjà été capitaux en vue de la saison 2023, où il compte être compétitif dès la première manche de la saison.
Rien n'a donc été laissé au hasard, ni dans sa préparation - qu'il a par exemple débutée avec du karting plutôt qu'avec une moto pour préserver son bras - à la communication avec les autres pilotes Honda pour mieux comprendre les évolutions amenées par le constructeur. Marquez n'a plus le droit à l'erreur. Une cinquième opération du bras, marqué à vie par quatre impressionnantes cicatrices, paraît inenvisageable.
C'est aussi une promesse qu'il a fait à son grand-père, dont il est extrêmement proche. "Il m'a dit : 'Laisse tomber, tu as la vie devant toi, ce qui est fait est fait', a raconté le pilote lors d'une interview à DAZN. Je lui ai répondu : 'je te promets que pour mon bras, c'est la dernière chance.'"
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