Johann Zarco a vécu 48 heures agitées. Au centre des critiques notamment de Franco Morbidelli, accidenté avec lui dimanche lors du Grand Prix d’Autriche, et de Valentino Rossi, qui a vu la mort de près, le pilote français s’est aussi réveillé avec une douleur au poignet droit lundi. Victime d’une fracture du scaphoïde, il se fera opérer mercredi, ce qui rend sa présence pour le Grand Prix de Styrie incertaine. Secoué par ses mésaventures, le pilote français prend la parole dans un entretien accordé à L’Equipe pour se défendre tout en s’évertuant à calmer le jeu.

Zarco a revu les images de l’accident à tête reposée, et bien que très impressionné par leur "violence", il ne plaide pas coupable. S’il comprend que les pilotes impliqués aient eu la peur de leur vie, selon lui, personne n’est responsable. "Quand tu chutes à 300 km/h, tu comprends tout de suite que les conséquences peuvent être dramatiques. Quand tu revois les images, c'est encore plus impressionnant. On m'a parlé de miracle, je dirais plus qu'on a tous eu beaucoup de chance", estime-t-il ainsi.

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Johann Zarco and Valentino Rossi

Crédit: Getty Images

Quand Rossi dit que je me suis délibérément déporté, c'est totalement faux

Puis, il est revenu sur les critiques dont il a fait l’objet, notamment celles de la légende de la discipline Valentino Rossi. "Quand il dit que je me suis délibérément déporté devant Morbidelli, c'est totalement faux. Si vous prenez le temps de bien regarder les images, vous verrez que Jack Miller passe exactement au même endroit que moi. Avec la Ducati, on arrive très vite au bout de cette ligne droite. Ma trajectoire n'est pas folle, loin de là", analyse-t-il.

Depuis, le vétéran italien a légèrement revu son jugement. Il faut dire que le pilote tricolore en a discuté avec lui et Morbidelli assez longuement après la course. "Zarco n’a pas intentionnellement causé un tel accident, mais il reste une grave erreur d’évaluation qu’un pilote de MotoGP ne peut pas se permettre", juge-t-il. Une position que conteste le Français qui s’expliquera jeudi, lendemain de son opération, devant la Commission de sécurité de la MotoGP.

Alors qu’il ne sait pas de quoi son avenir sera fait dans la catégorie l’an prochain, Zarco s’est, quoi qu’il en soit, taillé une petite réputation et ce n’est pas la première fois qu’un excès d’agressivité dans les dépassements lui est reproché. C’était le cas en Australie en 2018 face à Marc Marquez ou lors de l’accorchage à Brno avec Pol Espargaro. Droit dans ses bottes, le Français persiste et signe : ce sont avant tout les risques du métier.

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