Ce ne pouvait être un Grand Prix décisif, encore moins celui de la dernière chance. Parce qu'il était encore trop tôt, et que les écarts au championnat n'avaient encore rien de significatif. Pourtant, on pouvait penser que l'épreuve catalane revêtait une importance toute particulière pour Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT). Parce que ce circuit-là est un peu à part à ses yeux. Parce qu'il y avait décroché son tout premier succès en Championnat du monde, en Moto2, un an avant d'y obtenir un premier podium en catégorie reine.

Grand Prix de Catalogne
Quartararo a eu tout bon !
27/09/2020 À 13:39

En réalité, le Français avait d'autres raisons, beaucoup plus actuelles, de montrer les muscles à Montmelo. Il y a deux semaines, "El Diablo" avait perdu ses moyens dans une double chute à Misano 1, et dégoupillé une semaine plus tard devant les bureaux des commissaires de course. Le doute était là. Il rôdait. Le Grand Prix constituait une formidable occasion de le dissiper. "J'ai beaucoup souffert ce dernier mois, a justement confié le pilote tricolore, à chaud, après son troisième succès saisonnier. Ne pas retourner sur le podium depuis Jérez… Ce n'était pas évident pour moi, ni pour mon état d'esprit."

Quartararo n'a pas flanché dans une course à élimination

Quartararo n'a jamais été écarté de la course au titre depuis ses deux succès inauguraux mais à force de contre-performances, de déceptions et de coups du sort, il était finalement devenu un outsider "de plus". Triple vice-champion du monde en titre, Andrea Dovizioso (Ducati Team) avait naturellement endossé le costume de favori. Maverick Viñales (Yamaha Factory) et Joan Mir (Suzuki Team) avaient retrouvé de la consistance. Des quatre candidats à la couronne, Quartararo était celui dont la dynamique était la plus inquiétante.

Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) devant son coéquipier Franco Morbidelli et Valentino Rossi (Yamaha) au Grand Prix de Catalogne

Crédit: Getty Images

"Cette victoire vaut plus que les deux premières à Jérez, a-t-il analysé auprès de nos confrères de Canal+. C'était ce qu'il fallait faire. Un podium, ce n'était pas assez." Il fallait remettre les pendules à l'heure. Avec le talent mais aussi avec la tête, pour ne pas flancher dans une course où tous les autres pilotes Yamaha se sont éliminés, un à un. "En fin de course, je n'avais aucune adhérence sur l'arrière, j'étais à deux doigts de tomber à chaque virage, a-t-il décrit. Les deux pilotes qui étaient avec moi sur le podium avaient quelque chose de plus en fin de course mais le plus important est de retrouver la victoire et d'être de retour. Je continuerai toujours à travailler aussi fort pour le championnat."

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