Finalement, "le bonus" a filé entre les gants de Johann Zarco. C'est en ces termes que le Français avait qualifié le second guidon d'usine Ducati, qu'il convoitait en même temps que Francesco Bagnaia. L'Italien a été promu et le pilote tricolore ne roulera pas au Grand Prix de France avec l'assurance de porter la prestigieuse combinaison rouge la saison prochaine. Qu'importe : il a obtenu une chose qu'il espérait par-dessus tout. Ou plutôt deux.

Elevé chez Pramac pour la saison 2021, le double champion du monde Moto2 aura entre les mains une machine capable de l'emmener régulièrement sur le podium, pourquoi pas sur la plus haute marche, ce qu'il n'avait jamais véritablement eu depuis son passage en catégorie reine. Il aura à sa disposition le même matériel que les deux pilotes d'usine, Jack Miller et "Pecco" Bagnaia, ainsi qu'un soutien appuyé du constructeur italien tout au long de l'exercice.

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Zarco a donc eu le gâteau mais il partait d'un peu plus loin pour avoir la cerise. Bagnaia a l'avantage d'être jeune et de pouvoir exploiter un grand potentiel. Il a, en somme, le profil que tous les grands constructeurs ont recherché - et trouvé, pour la plupart - en plus d'être Italien. Ce qui constitue tout de même un petit avantage : depuis 2010 et la dernière saison du meilleur pilote de son histoire, Casey Stoner, Ducati n'a plus aligné un duo dépourvu du moindre pilote transalpin.

De la reconnaissance, enfin

La firme de Bologne avait donné l'enchaînement de trois courses, au mois de septembre, pour définivement départager les deux hommes. Le Turinois y a décroché un podium (2e à Misano 1) et une place de 6e, obtenant le guidon "au mérite", comme l'a lui-même souligné Zarco. Le Français n'a jamais manqué de lucidité sur ses performances et celles des autres... ce qui n'a peut-être pas toujours été le cas des autres vis-à-vis de lui.

Johann Zarco (Esponsorama Racing - Ducati) au Grand Prix de France, au Mans, le 8 octobre 2020

Crédit: Getty Images

Parfois cible d'une certaine presse, le Français n'a jamais rien réclamé de plus que la reconnaissance de son travail. La confiance accordée par Ducati et son grand manitou Gigi Dall'Igna, qui apprécie particulièrement les méthodes de travail du Cannois, son expérience (il est l'un des rares pilotes à avoir roulé pour cinq constructeurs différents) et son flegme, démontre qu'il pourrait l'obtenir. Pour lui, jusqu'ici, le MotoGP n'avait jamais été une méritocratie.

Suzuki lui avait préféré Alex Rins, qu'il avait pourtant maté en Moto2, Yamaha s'était refusé à lui proposer le matériel le plus compétitif, Honda l'avait écarté pour promouvoir le petit frère de Marc Marquez, le poussant à repartir du fond de grille. En 2021, Zarco n'aura ni le "bonus" ni la cerise sur le gâteau, mais il aura un environnement et des outils à la hauteur du pilote qu'il est. Et c'est déjà bien assez.

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