Il était un peu comme chez lui à Barcelone, il le sera véritablement au Mans. Vainqueur de la précédente manche en Catalogne, Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) débarque au Grand Prix de France avec le plein de confiance, un statut de leader du championnat retrouvé et, surtout, une énorme occasion de passer la deuxième couche sur ses rivaux directs.

Le pilote français a laissé passer l'orage estival, il a profité d'une belle éclaircie à Montmelo et devra peut-être se battre avec les averses dimanche. Mais qu'importe : "Je suis serein et la météo pourrait ne pas être si mauvaise, a-t-il tempéré ce jeudi, en conférence de presse. Je suis donc heureux et en confiance ici." Certes, l'année dernière, le Niçois n'avait pas été particulièrement à l'aise dans des conditions humides en qualification (il n'avait établi que le 10e temps).

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Mais pas question de laisser poindre une éventuelle faille. Là où il est, à savoir tout en haut du classement, le prodige s'évertue à voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide : après tout, la pluie est punitive pour tout le monde et lorsqu'il s'agit de ne surtout pas commettre d'erreur, mieux vaut être dans la position du chassé que dans celle du chasseur.

Maverick Viñales (Yamaha Factory), N.3 mondial avec 18 points de retard sur le prodige tricolore, peut se méfier plus que de coutume : l'Espagnol a développé une fâcheuse tendance à ne briller que lorsque toutes les conditions lui sont favorables. Elles ne le seront peut-être pas ce dimanche. Mais "Top Gun" aura un gros atout dans sa manche, tout comme Quartararo. Le circuit Bugatti est un tracé historiquement plus favorable à leur Yamaha qu'à la Suzuki de Joan Mir, dauphin du Français au championnat, à huit unités.

Un an plus tard, tout a changé

"L'année dernière, notre performance avait été vraiment positive, a souligné "El Diablo". Notre résultat n'avait pas été extraordinaire - il avait terminé 8e à l'arrivée - mais en course, nous avions eu un excellent rythme. Nos chronos avaient démontré que nous aurions pu nous battre pour le podium. Nous espérons pouvoir faire la même chose ce week-end." D'autant qu'un an plus tard, le contexte n'est plus tout à fait le même.

Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) lors des essais libres du Grand Prix de Catalogne, le 25 septembre 2020

Crédit: Getty Images

Quartararo n'est plus seulement la coqueluche du grand public qui le découvrait au gré de ses premiers exploits, en 2019. Et son rebond à Barcelone a démontré qu'il était devenu plus imperméable à "la pression de toute la France qu'il porte seul sur ses épaules", comme l'avait rappelé Marc Marquez en milieu de saison dernière.

Elle devrait de toute façon être beaucoup plus légère cette fois, puisque seuls 5000 spectateurs seront autorisés à pénétrer le complexe manceau. Dimanche, ceux-là deviendront peut-être des privilégiés : depuis 1954 et le succès de Pierre Monneret à Reims, personne n'a vu un pilote français triompher sur un circuit de l'Hexagone en catégorie reine.

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