Jorge Lorenzo est pleinement dévoué à sa fin de carrière ducatiste. C'est, en tout cas, ce qu'il a répété à l'envi, jeudi, en conférence de presse. Mais au moment de confirmer, samedi, s'il se sent capable ou non de participer au Grand Prix de Malaisie avec le poignet fracturé, l'Espagnol pourrait aussi prendre en considération son avenir, qui le conduira vers l'équipe rivale, Honda. Le réflexe serait humain. Et les conséquences ne seraient certainement pas négligeables, alors que le constructeur de Borgo Panigale est toujours en course pour décrocher le titre "équipe".
Si elle a pris ses précautions, aussi, en amenant son pilote d'essais, Michele Pirro, la structure italienne a aussi tout fait pour soulager la douleur de son pilote, qui a déjà fait l'impasse sur les deux dernières manches depuis la lourde chute qu'il a subie, à Buriram, il y a un mois. "Avec quelques réglages, nous avons essayé de rendre la machine un peu plus douce, confiait Davide Tardozzi, manager de l'équipe, au micro d'Eurosport. Nous avons aussi fait beaucoup de changements sur l'électronique. Car avec l'électronique, nous pouvons changer beaucoup de choses…"
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Lorenzo, plus de cinq secondes à trouver durant la nuit

Visiblement, les modifications n'ont pas été suffisamment efficaces. Lors de la première séance d'essais libres, Lorenzo a effectué un premier relais de six tours, avant de s'offrir deux nouvelles tentatives infructueuses. Il a échoué à 3"5 de la référence et l'écart s'est creusé à 5" lors de la deuxième série de tests, où ses réclamations lui ont permis de boucler quatre petits tours. A chaque retour au box, son expression corporelle donnait quelques indices supplémentaires sur sa décision finale.

Jorge Lorenzo (Ducati Team) lors du Grand Prix de Malaisie 2018

Crédit: Getty Images

Officiellement, Lorenzo la livrera avant le début de la troisième séance d'essais libres, alors qu'il a jusqu'à deux heures avant le début de la Q1 pour le faire. Cette précision confirme déjà la tendance, puisque Pirro bénéficierait ainsi de deux séries de tests pour se préparer. Seule la nuit malaisienne peut désormais la bouleverser. Elle sera, certainement, accompagnée de quelques réflexions. La première concerne évidemment son état physique et le risque encouru pour un poignet fracturé qui serait sollicité durant 20 tours sous les conditions climatiques les plus exigeantes de l'année.

L'appréhension de ne pas être à 100% pour ses débuts avec Honda

La deuxième pose la question du mental. Au moment de déterminer les causes de sa chute thaïlandaise, "Por Fuera" avait fait un rapprochement avec l'highside qu'il avait subi, deux semaines plus tôt, en Aragon : "J'avais peur que les suites psychologiques de la première aient provoqué la deuxième". Prendre la piste avec une blessure, c'est rouler avec l'appréhension de l'aggraver. Pour le Majorquin, cette crainte-là est probablement accrue par son futur proche. Dans un peu plus de deux semaines, au lendemain du Grand Prix de Valence, Lorenzo testera sa nouvelle machine, la RCV, lors d'essais déjà cruciaux pour adapter son style à la moto, et inversement.
Neuvième du championnat du monde à 80 points de son coéquipier Andrea Dovizioso, deuxième, le pilote âgé de 31 ans n'a plus grand-chose à aller chercher sur le plan strictement personnel. Du point de vue collectif, il est encore en mesure d'aider Ducati à combler les 38 points qui la séparent de l'équipe officielle Honda. C'est ce dont rêvait l'équipe italienne au moment d'aborder l'épreuve malaisienne, qu'elle a remportée lors des deux dernières saisons. Histoire de confirmer aux yeux de tous qu'elle possède bel et bien le prototype le plus performant du plateau. Elle devra, certainement, se contenter d'autres arguments.
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