Votre retard sur Fabio Quartararo était de 91 points à la mi-saison. Cinq courses plus tard, il n'est plus que de dix points. Cela vous semblait imaginable de revenir aussi rapidement ?
Francesco BAGNAIA : "L'ambition était là, bien sûr. On n'avait pas perdu la foi. C'est vrai qu'on avait perdu beaucoup de points, mais on était toujours très rapides. On a bien travaillé lors des dernières courses, avec aussi un peu de chance comme en Aragon ou aux Pays-Bas (chutes de Quartararo, ndlr)".
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Il reste cinq courses. Où peut se jouer le titre ?
F.B. : "On part tous de zéro à partir de maintenant. On sait que ce sont toutes de bonnes pistes pour nous, en général. L'important est de continuer à faire du bon travail, sans trop se focaliser sur le championnat. Tout le reste en découlera. Je ne dis pas qu'il ne faut pas penser au classement, mais le faire graduellement, au fur et à mesure qu'approche la fin. On sait qu'on est forts, mais il y a malgré tout dix points à récupérer, il faut le faire le plus intelligemment possible".
Depuis deux ans, la rivalité sportive grandit entre Quartararo et vous. Quelles sont vos relations ?
F.B. : "C'est vrai qu'on se dispute le titre mondial, mais on le fait sur la piste. Il faut tout donner pour gagner. En dehors, c'est un autre discours, le respect est essentiel. Avec Fabio, tant qu'il y aura du respect entre nous deux, je ne vois pas pourquoi nos relations devraient changer. Je sais que les gens aiment la rivalité, mais en ce moment, elle est seulement sur la piste".
Chez Yamaha, Fabio est le seul capable de piloter
Comment s'explique la suprématie actuelle des Ducati, est-ce simplement une question de vitesse pure ?
F.B. : "La suprématie des Ducati provient, selon moi, des pilotes ! La moto est très rapide, mais les pilotes sont tous très forts. La différence de vitesse n'est plus aussi importante en réalité, on parle de 2 ou 3 kilomètres à l'heure. Chez Yamaha, la situation est très différente : Fabio est le seul capable de piloter et de rester devant actuellement".
Certains redoutaient des consignes d'équipe chez Ducati pour vous laisser gagner. En vous privant du succès en Aragon, Enea Bastianini n'a-t-il pas montré que ce n'était pas le cas ?
F.B. : "Actuellement, nous sommes dans une situation où le meilleur doit gagner. C'était déjà assez clair à Misano (où Bastianini avait menacé jusqu'à la fin Bagnaia, finalement vainqueur du Grand Prix de Saint-Marin, ndlr). Sur le paddock, les gens le savent. De l'extérieur, c'est parfois difficile à comprendre parce qu'on cherche toujours à minimiser ce qui a été fait. Mais cela ne me touche pas beaucoup parce que les gens parlent sans savoir".

Francesco Bagnaia (Ducati) au Grand Prix d'Aragon

Crédit: Getty Images

Bastianini sera votre équipier l'an prochain dans l'écurie officielle Ducati. Comment voyez-vous votre collaboration ?
F.B. : "On verra l'année prochaine. Je pense qu'Enea est conscient que le travail change entre une équipe satellite et une équipe officielle. L'équipe essaiera de lui enseigner une méthode de travail. Avec Jack (Miller, son équipier actuel, ndlr), on a réussi à obtenir de bons résultats parce qu'on a fait un grand travail ensemble. Je ne vois pas pourquoi cela changerait avec Enea. Et cela ne modifie pas le discours en course où le plus fort doit gagner".
Vous pouvez devenir le premier Italien sacré en MotoGP depuis Valentino Rossi. Devenir son héritier, c'est une pression ou une motivation ?
F.B. : "L'héritier de Valentino Rossi n'existe pas ! Il faut que chacun crée sa propre histoire. Pour le moment, le plus important pour Ducati est de gagner. Que ce soit avec un Italien, un Français ou un Espagnol, c'est la même chose..."
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