Dites-le sans complexe : peut-être n'avez vous pas exactement ressenti, à votre première consultation du nouveau calendrier MotoGP, l'immense joie que vous attendiez. Peut-être êtes-vous partagé entre la satisfaction d'un retour très prochain des courses que vous aimez tant, et l'idée moins agréable que le championnat que vous retrouverez, le 19 juillet, ne sera pas celui que vous espériez vivre avant que la pandémie ne dissipe toutes ces certitudes.

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Treize Grands Prix programmés, dont sept en Espagne : on vous l'accorde, sur le papier, la définition d'un Mondial n'est pas tout à fait celle-ci. D'un autre point de vue, on peut comprendre qu'il était difficile de "faire mieux", en tout cas plus varié, en conservant un nombre d'événements correct tout en tenant compte du risque sanitaire. Au fond, l'important n'est pas tant le décor même si certains paysages, comme ceux de la vallée de Toscane, écrin du Mugello, ont déserté le programme sans y laisser leur prestige.

Moins en réussite sur les circuits retenus que sur les autres

Mais au moins, ce calendrier a le mérite d'éveiller l'intérêt de ceux espérant que Marc Marquez soit sorti du confort dans lequel il s'est installé. L'année dernière, le meilleur pilote du monde s'était couronné en Thaïlande, à quatre manches du baisser de rideau. L'Espagnol n'a peut-être pas fini de nous surprendre mais, contrairement aux apparences, disputer plus de la moitié des épreuves dans son pays natal ne sera, a priori, pas un avantage. Au contraire.

Marc Marquez (Honda HRC) lors des essais de pré-saison à Sepang, le 9 février 2020

Crédit: Getty Images

Bien sûr, il n'est ici pas question de remettre en cause son statut de favori à sa propre succession. Plutôt de croire en un championnat plus disputé. Sur les huit circuits figurant actuellement au calendrier, Marquez n'a remporté "que" 39% des courses qu'il y a disputées en MotoGP. Ce taux grimpe à 40% si l'on y ajoute les tracés de Chang (Thaïlande) et de Sepang (Malaisie), les deux favoris pour compléter le programme. Si l'on tient compte uniquement des circuits d'ores et déjà écartés cette saison - ou qui ont de fortes chances de l'être, comme les pistes de Termas de Rio Hondo et d'Austin - le rapport grimpe sensiblement, à 44%.

Marquez a quatre vrais jardins ? Un seul est au programme

Mais les chiffres ne disent pas tout. En Thaïlande, par exemple, où le sextuple champion du monde a remporté les deux éditions qui ont eu lieu, le pilote Honda ne s'est imposé que d'une très courte marge, au prix de deux luttes jusqu'aux derniers virages avec Andrea Dovizioso (2018) puis Fabio Quartararo (2019). A contrario, son bilan à Phillip Island, absent du programme 2020, n'est pas, à l'échelle du Catalan, particulièrement impressionnant (trois succès en sept courses) mais il ne traduit pas la domination qu'est capable d'installer Marquez sur l'île australienne. Preuve que ces statistiques doivent aussi être mises en perspective.

L'année dernière, l'Espagnol a atteint une forme d'excellence grâce à une régularité hors norme, terminant toutes les courses à la première ou la deuxième place, excepté aux Etats-Unis. Bien sûr, il a essentiellement tenu cette cadence grâce à son talent, aussi par sa nette supériorité sur les circuits antihoraires, où il est très souvent imbattable. Cinq de ces tracés figuraient au calendrier initial, mais trois (Austin, Sachsenring, Phillip Island) ont été ôtés. Finalement, cette saison, Marquez ne retrouvera qu'un seul de ses jardins, à savoir le Motorland d'Aragon, puisque la piste de Cheste lui a parfois joué des tours. Pour sûr, Fabio Quartararo en a déjà pris note.

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