"Ce n’est pas rédhibitoire mais…" : pourquoi le 400m nage libre est un défi colossal même pour Léon Marchand
Eurosport sur GoogleVendredi, Léon Marchand a jeté les bases d’un défi immense : devenir, à terme, une référence sur 400m nage libre. Son temps l’a prouvé (3'48"97), le quadruple champion olympique part de loin. Mais il a trois ans jusqu’à Los Angeles pour réussir un challenge qui l’excite au plus haut point. Son oncle et Denis Auguin, directeur des équipes de France, nous expliquent pourquoi le projet est fou.
Marchand, succulent abonnement : sa quatrième Marseillaise
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3'48"97. Voilà la base sur laquelle va travailler Léon Marchand. Ce temps, très modeste à l’échelle internationale, est son nouveau record du 400m nage libre, une course à laquelle il ne s’était plus attaqué depuis plus de cinq ans. Mais voilà, après ses triomphes à Paris et à trois ans des prochains Jeux Olympiques, il est temps d’innover, de tester avant de faire des choix définitifs. Cette course, le 400 m nage libre, le fait rêver. "J’ai plein de choses à découvrir dans cette course, pas mal de choses à améliorer. Je suis débutant, c’est trop bien", a-t-il réagi, enthousiaste, après son retour à la compétition en Floride.
Et comme il est Léon Marchand, comme il a pris l’habitude de transformer en or tout ce qu’il touche, il serait simple de céder à la facilité et de croire qu’en trois ans, avec beaucoup de travail, il pourrait devenir la référence sur la distance. Sauf que, comme l’indique son temps, tout n’est pas si simple même avec quatre médailles d’or autour du cou.
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Marchand dans sa stratosphère : son quatrième monument en vidéo
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Un temps qui lui permet de faire un podium sur les championnats de France mais on est loin du meilleur niveau international
Ses 3'48"97 l’auraient placé au 21e rang des chronos des JO de Paris et ne suffiraient pas aujourd’hui à le qualifier pour les Mondiaux à venir cet été. S’il fallait donner une idée de l’écart qui le sépare aujourd’hui du plus haut niveau mondial, Lukas Martens a battu le record du monde de la distance le 12 avril dernier en 3'39"96. "Aujourd’hui, c’est un temps qui lui permet de faire un podium sur les championnats de France (ndlr : 3e temps des derniers championnats de France) mais on est loin du meilleur niveau international", prévient son oncle Christophe Marchand, ancien spécialiste de la distance alors que le niveau est très relevé, aujourd’hui, sur 400m.
Les difficultés sont nombreuses sur la route du jeune Français s’il voulait réussir son pari à Los Angeles. "Ce n’est pas rédhibitoire mais il existe de vrais obstacles physiques et stratégiques. C’est une question de repères et de sensations. Pour lui, c’est complètement nouveau, rappelle Denis Auguin, le directeur des équipes de France. Il va solliciter son corps différemment avec une endurance musculaire plus élevée. C’est une course très exigeante qui nécessite une finesse dans les allures et une grande régularité."
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Porté par la foule, Marchand a conquis l'Olympe et tutoyé le record du monde
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On voit qu’il part trop sur les jambes et qu’il a du mal à finir sa course
Champion olympique du 200m brasse et papillon, Léon Marchand n’a jamais été un spécialiste de crawl. Ses qualités naturelles, sa souplesse et son relâchement font du papillon la nage la plus naturelle pour lui. Le crawl, beaucoup moins. "On voit qu’il part trop sur les jambes et qu’il a du mal à finir sa course, note encore son oncle. Quand on arrive aux 250 m, ça tire beaucoup plus que sur le 4 nages. Il allonge encore beaucoup ses coulées. On peut se dire que le crawl est la nage la plus simple mais, à ce niveau, c’est ce qu’il y a de plus dur. Il lui reste trois ans. C’est un beau défi, il faut le tenter."
C’est en tout cas une mission qui donne un sens à son après-JO. Après avoir tout raflé, il fallait donner un sens à la suite, chercher une bonne raison de se lever le matin et même si, au bout du compte, il constate que le fossé est trop grand avec l’élite mondiale, le travail ne sera pas vain.
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Marchand sur le 200m nage libre : "Mon coach est du même avis qu'Alain Bernard"
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Même Phelps n'y est jamais arrivé
En travaillant le crawl, il va muscler ses fins de 200 et 400m 4 nages. Même si aujourd’hui, l’objectif est de réussir là où Michael Phelps a toujours échoué : briller sur 400m nage libre. "Il ne suffit pas de s’appeler Léon Marchand pour y parvenir et la concurrence est très forte, rappelle Denis Auguin. Signer des courses de très haut niveau, ça demande de l’expertise. Les gens peuvent se dire : ‘200, 400 crawl ou 4 nages, c’est facile.‘ Mais même quand on s’appelle Léon Marchand, c’est un défi hyper compliqué."
"Si j’étais spécialiste du crawl aujourd’hui, je ne serais quand même pas confiant et j’aurais bien les boules que Léon vienne se tester dans mes nages, s’amuse encore son oncle. Aujourd’hui, il se rend compte qu’il y a du boulot mais c’est un défi taillé pour lui. Si j’étais spécialiste, vraiment, je serais inquiet."
Christophe Marchand gardait précieusement jusqu’à ce vendredi le record familial du 400m et s’en est vu dépossédé par son neveu. Mais il a reçu aussitôt un message : "En revanche, tu garderas le record du 1500m, sois tranquille." De quoi en rassurer quelques-uns… au moins jusqu’à Brisbane 2032.
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