Championnats d'Europe 2026 - Laure Manaudou : "Léon Marchand est bien entouré et il va durer"

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Présente aux championnats d’Europe, Laure Manaudou observe la nouvelle génération bleue avec bienveillance et un œil averti. Vingt ans après ses premiers exploits, la championne olympique 2004 revient sur le phénomène Léon Marchand et constate que le quadruple champion olympique ne devrait pas rencontrer les mêmes obstacles qu’elle.

Laure Manaudou aux championnats d'Europe 2026

Crédit: Getty Images

Que pensez-vous de tout l’engouement qui entoure les championnats d’Europe, ici en France ?
L.M. : J'ai suivi de loin mais, quand je vois tout l'engouement qu'il y a autour de la natation aujourd'hui et de ces événements, c'est flatteur pour les nageurs, pour la fédé. C'est bien aussi pour les jeunes qui arrivent. J'ai l'impression que ça a toujours marché un peu par vagues en équipe de France et que c'était soit les hommes, soit les femmes qui performaient. Et là, le fait de voir qu'il y a une émulation et qu'il y a vraiment une énergie dans cette équipe de France très positive, ça pousse aussi les nageurs. Ça montre aussi que ça s'améliore petit à petit et que la natation française perdure, même s'il y a des gens qui partent.
Quel conseil donneriez-vous à Sauveur Cristofini, qui performe très jeune (16 ans) comme vous ?
L.M. : Je n'ai pas de conseils à donner parce que moi, c'était il y a 20 ans, c'était des méthodes d'entraînement complètement différentes. Je pense que c'est vraiment d'essayer d'être heureux, de faire les choses bien mais ne pas s'oublier, de se respecter et de faire confiance à son corps, à son entraîneur. C'est un truc de prendre soin de sa santé mentale aussi. Aujourd'hui, on en parle beaucoup. Il y a 20 ans, on n'en parlait pas du tout. Je pense que c'est ce qui fait qu'une carrière peut être plus longue. Faire attention à ça surtout, à tout ce qui se passe dans la tête et d'avoir un suivi vraiment régulier, je pense.
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Sauveur Cristofini aux championnats de France de Saint-Etienne en juin

Crédit: Getty Images

À chaque fois, je me dis qu'on a de la chance d'avoir Marchand
Il y a un garçon qui va s'y essayer dimanche au 400m, un certain Léon Marchand. Vous connaissez bien cette distance…
L.M. : Que ça soit le 400 ou d'autres épreuves, il a tout ce qu'il faut. Il s'entraîne de la meilleure des manières et sait se gérer. Je n'ai aucun conseil à lui donner puisqu'aujourd'hui, il a une carrière exceptionnelle. A chaque fois, je me dis qu'on a de la chance de l'avoir. C'est difficile de continuer à performer parce qu'on se met la pression, parce qu'on a du mal aussi à aller chercher le plaisir et la pression peut prendre le dessus avec les partenaires, les journalistes etc. C'est vrai que moi, je ne l’avais pas bien vécu. Je trouve qu'aujourd'hui, il est bien protégé et c'est ce qui fait qu'il va durer. En tout cas, j'espère pour lui.
A-t-il raison de s'aventurer sur d'autres courses pour garder le plaisir et le jeu de la natation ?
L.M. : Je pense qu'il doit se connaître vraiment à 100%. Il sait ce qu'il faut faire et le fait de changer d'épreuve, ça lui permet aussi de découvrir d'autres choses, de tactiques de course, de nager contre d'autres personnes et de se nourrir de tout ce qu'il peut vivre aujourd'hui. Franchement, rajouter une course, je sais ce que c'est et ça change un peu aussi l'optique. On arrive, on n’est plus dans l’obligation d'être le premier et de devoir prouver aussi qu'on est le meilleur à chaque fois. On est à deux ans des Jeux, c'est vraiment le moment de prendre du plaisir et d’essayer de ne pas se mettre la pression.
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Léon Marchand avant sa demi-finale du 200m papillon

Crédit: Getty Images

Vous parliez de santé mentale, qu'est-ce qui a le plus changé entre votre époque et aujourd'hui ?
L.M. : À mon époque, il n'y avait pas de santé mentale. En tout cas, on ne se posait pas la question. On encaissait, on assumait et on ne se disait pas que notre tête avait besoin d'aide. Nous, c'était vraiment que le corps, on y allait à fond et je pense que c'est pour ça que les carrières étaient courtes. À un moment donné, on n'en pouvait plus et on ne se posait pas la question de ce dont on avait besoin psychologiquement. Aujourd'hui, c'est un tout. On est suivi par des kinés, par des ostéos et aussi par des psys. Je pense que c'est important justement d'axer la performance aussi sur ce côté-là. Moi, je me suis toujours dit que mon côté mental m'aidait à 80% et mon côté physique à 20%.
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