Championnats d'Europe de natation 2026 - Record du monde, défi fou et JO en tête : Léon Marchand, pas de 4 nages, pas de problème ?
Eurosport sur GoogleÀ Saint-Denis, Léon Marchand, contraint au forfait sur le 4 nages, va devoir écrire une nouvelle page. Le Français s’attaque au 400 m nage libre, une distance qui n’a encore jamais été son territoire, tout en gardant le 200 m papillon comme horizon. Entre ambition chronométrique et envie de se surprendre, le Toulousain aborde une semaine qui pourrait compter dans la construction de la suite.
Marchand, succulent abonnement : sa quatrième Marseillaise
Video credit: Eurosport
Depuis son irruption au sommet du monde à Budapest en 2022, Léon Marchand ne partage pas beaucoup. Chaque course est un triomphe, chaque objectif un moyen de garnir le plus grand palmarès de l’histoire de la natation française. On le croyait invincible. Deux ans après son triomphe majuscule aux Jeux Olympiques de Paris, Léon Marchand devait retrouver la capitale pour mieux y asseoir son règne sans partage lors des championnats d’Europe de Saint-Denis.
Mais les certitudes se sont fissurées. Une blessure aux adducteurs lors des France à Saint-Etienne, fin juin, l’a contraint à renoncer aux 200 m et aux 400 m 4 nages, ses chasses gardées depuis quatre ans. Quand il y a un doute, Marchand se réfugiait sur ses deux distances de prédilection sur lesquelles il est invaincu en championnat depuis les JO de Tokyo et dont il possède les records du monde. Ainsi, à Singapour l’an dernier, au cœur d’une saison parfois chaotique où il s’est posé beaucoup de questions, il avait allégé son programme pour se concentrer sur le 4 nages, remporté deux couronnes mondiales et rappelé qu’il restait, malgré une énorme coupure et des envies d’autre chose, le meilleur nageur de la planète.
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Léon Marchand et sa médaille d'or sur 200m 4 nages à Singapour
Crédit: Getty Images
200m papillon, le seul survivant
Cette fois, parce que la brasse l’expose à une rechute aux adducteurs, il est contraint de délaisser ses deux distances alors qu’il visait à Saint-Denis de battre son record du monde sur le 400 m 4 nages. Le quadruple champion olympique revient donc auréolé de ses exploits, mais escorté d’une part de doute. "J'ai passé une IRM il y a trois jours et la blessure est guérie à environ 70 %, mais ce n'est pas suffisant: ça reste risqué de participer, et je ne veux pas gâcher toute la semaine", a-t-il expliqué ce dimanche.
Sur la route de Los Angeles 2028, ces championnats d’Europe restent l’une des bornes les plus importantes de son périple et le rendez-vous majeur de son année. Qu’en fera-t-il ? Forfait sur le 200m brasse, il a tiré un trait sur trois des quatre épreuves dont il avait remporté l’or olympique en 2024.
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Léon Marchand en décembre 2025
Crédit: Getty Images
Reste le 200m papillon. Il est le grand favori d’autant que Kristof Milak, qui l’avait poussé à un final légendaire dans les eaux de Nanterre, se concentre cette année sur les 100 m et 100 m papillon. Avec son programme allégé, Marchand peut-il viser le record du monde du Hongrois ? C’est sans doute un de ses enjeux pour la fin de semaine, samedi précisément, et l’un des grands moments, assurément, de cette semaine à Saint-Denis. "J'ai une légère gêne en papillon quand je suis vraiment à une intensité à 100%, parce que j'utilise vachement mes adducteurs aussi pour les ondulations. Mais c'est vraiment une gêne, ce n'est pas une douleur, donc je pense que ça va aller", a-t-il expliqué.
Le grand défi du 400m
Sa blessure l’a contraint à laisser la brasse de côté et donc à explorer de nouveau territoire, ce que Marchand a toujours recherché. Même sans sa blessure, c’est bien le 400 m nage libre qui aurait aimanté l’attention durant sa semaine. Car là, Marchand, excellent en crawl lors de ses entraînements selon son coach Bob Bowman, s’aventure sur une course mythique où il a tout à prouver.
Il ne s’est jamais aligné en grand championnat sur ce terrain-là et ses expériences jusqu’ici n’ont pas dessiné la même domination qu’ailleurs. Le challenge est excitant. La quête a démarré il y a un peu plus d’un an dans un temps de 3’48"97 proche des podiums des championnats de France mais très loin des références internationales.
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Léon Marchand en conférence de presse avant les championnats de France.
Crédit: Imago
"Ce n’est pas rédhibitoire mais il existe de vrais obstacles physiques et stratégiques. C’est une question de repères et de sensations. Pour lui, c’est complètement nouveau, nous confiait alors Denis Auguin, le directeur des équipes de France. Il va solliciter son corps différemment avec une endurance musculaire plus élevée. C’est une course très exigeante qui nécessite une finesse dans les allures et une grande régularité." Que s’est-il passé depuis ?
Marchand s’est obstiné, évidemment, a amélioré sa marque en 3’44"70 qui le place au 11e rang des meilleures performances depuis un an. Il n’est pas encore dans la discussion face aux meilleurs : l'Australien Samuel Short (3'40''67) et l'Allemand Lukas Märtens (3e en 3'41''76), recordman du monde en 3'39''96, et présent à Saint-Denis. Cinq Européens devancent Marchand au bilan chronométrique mondial et ces championnats d’Europe seront un premier test qui en dira beaucoup sur la route de LA.
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