Championnats d'Europe de natation - Pour Maxime Grousset et Mary-Ambre Moluh, deux médailles d'argent qui valent de l'or

Eurosport sur Google

Maxime Grousset et Mary-Ambre Moluh ont apporté à quelques minutes d'intervalle deux nouvelles médailles d'argent à la délégation française des championnats d'Europe de natation ce jeudi. Pour l'un comme pour l'autre, il n'y a rien à jeter de cette deuxième place : d'une part, ils sont loin d'avoir manqué leur course et d'autre part, la victoire était tout simplement inatteignable.

Maxime Grousset et Mary-Ambre Moluh, en argent ce jeudi.

Crédit: Getty Images

L'argent n'est pas toujours source de bonheur et de satisfaction. Demandez donc au néo-retraité Florent Manaudou, deuxième des JO de Rio 2016 sur 50 m nage libre, qui avait rappelé les larmes aux yeux en sortant du bassin que "le sport ce n'est pas toujours gagner, c'est aussi perdre". Jeudi à Saint-Denis, Maxime Grousset et Mary-Ambre Moluh ont perdu mais eux avaient le sourire. Parce qu'ils repartent avec quelque chose et que ce quelque chose, même s'il n'est pas le plus beau de tous, il et elle l'ont amplement mérité.
Tout s'est passé très vite, lors des deux premières courses de la soirée. Le Néo-Calédonien a d'abord été battu par Kristof Milak sur 100 m papillon au bout d'une course qu'il a longtemps menée, mais qu'il ne pouvait pas terminer aussi fort que le Hongrois. "Je suis vraiment fier de moi, de passer sous les 50 secondes (49"70), avec une préparation pas optimale", euphémisait Grousset devant France TV dès sa sortie de l'eau pour rappeler qu'il s'est fracturé le pied il y a deux mois tout juste, et que finir à huit centièmes de son record personnel est une superbe performance ; sa meilleure de l'année, en tout cas. "Je suis bien parti, malheureusement je craque un peu sur la fin. (...) 49"48, je ne l'avais pas, pas aujourd'hui en tout cas, mais je suis sûr de pouvoir aller le chercher.

Milak et Curtis, deux extraterrestres

Grousset est double champion du monde en titre sur la distance, il a remporté trois médailles européennes cette semaine, et il a 27 ans : c'est un champion lucide. Il a bien compris que Milak était imprenable ce jeudi. Le Français a même avoué qu'il s'attendait avant la course à ce que le Hongrois batte le record du monde de Dressel (49"45). Il ne l'a pas fait, mais il a prouvé plus tard dans la soirée qu'il était bien le roi de Saint-Denis, lui le grand battu de Paris 2024, en signant un délirant 46"29 sur 4x100 m nage libre pour donner l'or à la Hongrie.
Personne n'était plus fort que Milak jeudi dans le bassin dionysien. Ou alors, Sara Curtis : elle a réussi à battre le record du monde du 50 m dos (26"56), son propre record du monde, qui datait de la veille en demi-finale. L'Italienne n'a que 19 ans et elle plane sur sa discipline. Comme a pu le faire Léon Marchand, elle se bat contre elle-même avant de se battre contre les autres nageuses. Et parmi celles-ci, en Europe, c'est désormais une Française qui toise les autres. Mary-Ambre Moluh, 20 ans, a accroché sa première médaille internationale en grand bassin jeudi et comme Grousset, elle était réjouie, avec l'expérience des micros en moins mais la fraîcheur en plus.
Je ne vais pas vous mentir, j'ai eu un petit peu peur !
"Je suis super contente. Je me suis un peu laissée glisser à la fin donc je ne vais pas vous mentir, quand j'ai relevé la tête pour regarder le tableau, j'ai eu un petit peu peur !, lâchait sans filtre la jeune Francilienne. Mais je suis super contente de ce temps et de cette place." Parce qu'en plus de l'argent, il y a le chrono : 27"06, soit 14 centièmes de moins que son propre record de France en 27"20. Le nouveau stade d'une progression linéaire qui place "MAM" parmi les plus grands espoirs de la natation tricolore dans les années qui viennent.
Elle pouvait sourire largement après le podium, toujours aussi heureuse de sa performance. Ce serait mentir de dire que Maxime Grousset était aux anges. "J'ai encore un peu les boules, parce que c'est vrai que la médaille d'or est belle, avec la petite goutte... Ce sera pour la prochaine fois", parvenait-il à sourire tout de même, fier d'être monté sur le podium d'une des courses "les plus relevées du monde". Grousset a trop connu le succès pour l'accepter complètement ; mais sa médaille d'argent, comme celle de Moluh, vaut de l'or ce jeudi.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité