Léon Marchand, triple champion du monde : C'est encore un gamin, c'est déjà un géant

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Ce jeudi, en planant sur le 200m 4 nages, Léon Marchand a remporté son troisième titre mondial en trois courses. A 21 ans, un an après son acte de naissance à Budapest, le Toulousain a confirmé son statut d'OVNI de la natation mondiale. Il est d'ores et déjà le Tricolore le plus titré de l'histoire en Mondiaux. A un an des JO, il est plus que jamais l'homme à battre.

Léon Marchand, champion du monde du 200m 4 nages

Crédit: Getty Images

On n'aimerait pas être dans la peau de Carson Foster. Depuis tout petit, le prodige américain est comparé à Michael Phelps, dont il a battu certains records en juniors. Depuis tout petit, on lui prédit un destin doré une fois arrivé chez les pros. Manque de pot pour lui, Léon Marchand existe. Dauphin du Français sur 400m 4 nages dimanche, l'Américain a dû prendre un gros coup sur la carafe mercredi et jeudi. Sur le 200m papillon et le 200m 4 nages, il aura servi de vulgaire lièvre pour le glouton tricolore. Parti comme une balle, Carson a fini par se faire avaler. Et il n'a pu que s'incliner face au nouveau roi de la natation mondiale, invaincu en finale depuis 401 jours désormais.
Si ces Mondiaux de Fukuoka ont confirmé une chose, c'est que Marchand évolue seul sur sa planète, délirant de facilité et de sérénité tout au long de ce séjour japonais. Très attendu sur le 400m 4 nages, il a explosé le dernier record de Phelps qui tenait encore. Parti tranquillement sur le 200m papillon, il a su s'appuyer sur ses coulées exceptionnelles pour mettre la concurrence dans le rétro. Seulement troisième après le passage en papillon sur 200m 4 nages, il a attendu son heure, niché dans la vague de son rival américain, pour faire une différence absolument délirante en brasse et s'envoler vers le triplé. Trop facile.

Le pire ? Il peut encore progresser

"C'était une super finale, il y avait un gros plateau et ça partait vite un peu de tous les côtés, a-t-il analysé après coup. J'étais bien à la ligne 4, j'ai pu voir un peu tout ce qu'il se passait. Et je fais une bonne course, je gagne, je suis content. En brasse, j'ai tout donné pour remonter, et après, en crawl, c'était dur mais je m'y suis remis jusqu'à la fin".
Mais les champions se reconnaissent aussi à leur obsession du détail et à ce refus de se contenter des plus belles émotions. Ce jeudi, Marchand aurait aimé "nager un peu plus vite", pointant notamment son départ en papillon et le dos comme axes de progression principaux. "Lochte nage 1'54''00 (record du monde en 2011), j'aurais bien fait 1'54''5, quelque chose un plus proche de ça. Mais c'est la première fois que je fais moins d'1''55, et je fais mieux que l'année dernière, donc je suis content".
Il peut. L'enjeu de ces Mondiaux, selon son entourage, était de conserver ses couronnes mondiales et d'emmagasiner de la confiance à un an des JO de Paris. On croit pouvoir écrire sans se tromper que la mission est réussie. Avec, en bonus, ce record du monde mythique de Phelps qu'il chassait secrètement. "Trois sur trois, ça fait plaisir, ce n’est pas facile de récupérer après une grosse victoire comme le 400 m 4 nages (dimanche), je me suis remis dedans, j'ai réussi à bien profiter de tout, des moments sympas passés ici. Je suis content d'avoir fait trois sur trois", a-t-il simplement expliqué après ce troisième coup de force.
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Léon Marchand sur le 200m 4 nages

Crédit: Getty Images

Marchand n'est pas encore un phénomène médiatique mais il prend peu à peu ses marques dans ce nouveau costume de roi du monde. La pression, cette ligne 4 qu'il appréhende de plus en plus avec sa vision panoramique et ses cérémonies où ses accolades avec Phelps ont fait le tour du monde. Pour ça aussi, Fukuoka aura été un tournant. "Être favori ? C'est un statut que je commence à apprécier maintenant, a-t-il glissé dans un sourire. Avant c'était plus difficile d'arriver à la ligne 4 et d'être attendu. Mais j'ai gagné hier (mercredi) pour être à la 4 aujourd'hui, pour avoir une vision sur tout le monde, je pense que ça a marché d'ailleurs et maintenant j'apprécie, ce n'est plus une pression que je me mets".
Le nageur tricolore le plus titré de l'histoire des Mondiaux – "c'est cool. J'ai vu ça cette aprèm, c'est génial" – abordera donc les relais avec la décontraction de ceux qui n'ont plus rien à prouver. Ses Mondiaux sont réussis. Ses vacances, "pour savourer", sont méritées. La suite, c'est évidemment Paris. Marchand le sait, les Mondiaux ne pèsent pas grand-chose dans l'imaginaire collectif s'ils ne s'accompagnent pas de grandes émotions lors de Jeux Olympiques. Camille Lacourt, quatre couronnes mondiales mais aucune médaille olympique, pourrait lui dire.
A Paris, le roi de la natation sera attendu plus que les autres. Justement parce qu'il est différent des autres. De Fukuoka, on retiendra cette certitude, qu'il a répété course après course, ou plutôt titre après titre et qu'il a répété à l'issue de ce triplé dingue : "Ce n'est que le début".
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Léon Marchand après son troisième titre à Fukuoka

Crédit: Getty Images

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