Léon Marchand trouve le temps long d'ici les Jeux Olympiques 2028 : "J'ai beaucoup de mal à visualiser les JO de Los Angeles"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 23/04/2026 à 17:01 GMT+2
La carrière de Léon Marchand a pris une autre dimension lors des Jeux Olympiques de Paris, qui l'ont imposé en star de la natation et du sport français. Los Angeles 2028 constitue évidemment le prochain très grand rendez-vous de son chemin de champion, mais l'échéance lui semble encore abstraite. Or, d'ici là, il lui faut du concret. D'où l'importance des Championnats d'Europe en France cet été.
Léon Marchand
Crédit: Getty Images
C'est long comment, une olympiade ? Quatre ans. Quatre années officiellement, mais en ressenti, une éternité. Léon Marchand compte les mois, pas encore les semaines et encore moins les jours. Le héros des Jeux de Paris 2024, où il fut quadruple champion olympique et quintuple médaillé devant son public, peine encore à se projeter vers l'échéance 2028, le prochain rendez-vous majeur de sa carrière puisque, en natation, tout passe d'abord par le prisme de l'Olympe. Ce n'est pas le souvenir de Paris qui le raccroche encore à ce passé glorieux et encore récent, mais la distance qui le sépare encore de Los Angeles.
"J'ai vraiment tourné la page pour me projeter vers LA au moment où j'ai commencé à me concentrer sur les Championnats du monde 2025, décrypte-t-il dans un entrain accordé à plusieurs médias français, dont l'AFP et France Info. Donc je dirais que c'est en février 2025 que j'ai commencé à passer à autre chose, c'était très, très long. Après j'ai beaucoup de mal à visualiser les Jeux de Los Angeles. Là, on est à deux ans et quelques, j'ai vraiment besoin d'avoir des objectifs qui arrivent vite, comme les championnats d'Europe, par exemple cette année."
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Marchand, succulent abonnement : sa quatrième Marseillaise
Video credit: Eurosport
Les Mondiaux lui avaient servi de point de repère l'an passé et les "Europe" en France devront tenir le même rôle en 2026. Histoire d'occuper son temps et plus encore son esprit. Le fait que cette prochaine échéance se tienne à nouveau chez lui, au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, devrait l'y aider. Avec quelles ambitions ? Léon Marchand raisonne davantage en termes de chronos que de médailles, même si les unes découleront presque automatiquement des autres, compte tenu de sa supériorité sur la concurrence. Si Marchand surpasse Marchand, personne ne suivra.
C'est juste physiquement que c'était vraiment compliqué parce que je n'ai plus 18 ans
Mais c'est bel et bien par rapport à lui-même qu'il souhaite se placer. "L'idée, explique-t-il à l'évocation de ces Championnats d'Europe, c'est de battre mes meilleurs temps. Le programme n'est pas encore fait, mais je sais que je vais faire le 400 m quatre nages le premier jour. Si je me qualifie, ce serait une course où j'aurais envie de battre mon record (qui est aussi le record du monde, NDLR). C'est quelque chose que j'ai envie de faire dans un futur proche et j'imagine que le faire à Paris aux Championnats d'Europe, ce serait top."
Avant l'échéance estivale, le Français s'est infligé aux Etats-Unis une préparation dantesque dont il sort à peine. Il débutera sa saison en compétition fin avril. "C'est la première fois que le mois de mars est aussi difficile en termes de volume, d'intensité et de difficulté à enchaîner les séances", assure le Toulousain. Les précisions épuisent déjà, rien qu'à la simple évocation de cette idée : "On a fait une série qui était vraiment solide. Il y avait 72 x 50 en grand bassin : un crawl, un papillon. Puis deux crawls, deux papillons, trois crawls, trois papillons... et ça monte jusqu'à huit. Tu touches le mur et tu as 10 secondes pour repartir. Et ça, 72 fois. Voilà le genre de séries qu'on faisait. Une fois ça va, mais quand tu en as neuf par semaine..."
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Léon Marchand lors des Mondiaux 2025.
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On comprend que la compétition, elle, puisse s'apparenter à une forme de récréation après cela. À quelques encablures de son 24e anniversaire (il les aura le 17 mai), il n'a pas encore l'âge de jouer les vieillards, mais la dimension physique de ces travaux herculéens lui pèse plus que son aspect psychologique. "C'était compliqué physiquement, dit-il. Mentalement, mon coach a fait vraiment un bon travail sur la façon dont on a construit l'année dernière. Donc mentalement, ça va, c'est juste physiquement que c'était vraiment compliqué parce que je n'ai plus 18 ans ! Mon corps s'adaptait super bien il y a 3-4 ans. Aujourd'hui, je réagis vraiment différemment. J'ai dû adapter un peu ma façon de récupérer. Donc il y a un état de fatigue constant mais on s'en est bien sorti, on a un super groupe."
Maintenant, il est l'heure de récolter les fruits. De profiter, presque. À un peu plus de trois mois de ces Championnats d'Europe dont il promet d'être à nouveau l'incontournable star, Léon Marchand va pouvoir se pencher sur cette échéance dont il estime avoir tant besoin sur la route de la prochaine étape olympique. Après Paris 2026, il tiendra le bon bout. Il sera alors plus proche de Los Angeles 2028 que de Paris 2024. Le temps lui paraîtra sans doute de moins en moins long. Alors, il commencera à visualiser la Californie.
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Video credit: Eurosport
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