Un mois après l'or olympique tant désiré et devant le public français, c'est maintenant l'or mondial, pour la cinquième fois, qui est à portée de Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron à Montpellier (sud de la France). Et si c'était leur dernière danse ?
Une fin parfaite, si c'est la fin...
Championnats du Monde
Papadakis et Cizeron, et maintenant ? "Cette médaille, c'est la fin d'un cycle..."
26/03/2022 À 21:27
"Il n'y a pas un sportif qui ne souhaiterait pas après les JO, après avoir gagné la médaille d'or, avoir des Championnats du monde dans son pays. C'est fabuleux. C'est le scénario parfait d'une fin parfaite, si c'est la fin...", résume Romain Haguenauer, l'entraîneur du duo français depuis dix ans, de Lyon à Montréal. Quelle suite Papadakis (26 ans) et Cizeron (27 ans) vont donner à leur brillante carrière ? La question demeure pour l'instant sans réponse. Même si l'idée, au moins, d'une pause, fait son chemin.
En attendant, accueillis par une chaleureuse ovation du public montpelliérain, ils ont une fois de plus affolé les compteurs dès la danse rythmique vendredi après-midi : ils ont été récompensés par 92,73 points, nouveau record du monde, presque deux points au-dessus de leur précédent, établi aux JO-2022 (90,83).

Parfaite partition et nouveau record du monde : Papadakis et Cizeron ont enflammé Montpellier

C'est beau de finir ce cyle en France
"On a vraiment pris beaucoup de plaisir ici, apprécie Cizeron. Le fait que nos amis, nos parents, nos fans soient là pour nous soutenir, ça nous fait vraiment chaud au coeur. Surtout après des Jeux presque à huis clos, ça fait vraiment du bien." "C'était un super beau moment. C'est beau de finir ce cycle en France, ça a beaucoup de signification pour nous", ajoute Papadakis.
Avant la danse libre programmée samedi soir, le podium provisoire est 100% Montréal - comprendre "de l'école où s'entraînent Papadakis et Cizeron depuis 2014" : derrière eux, suivent deux duos américains, Madison Hubbell et Zachary Donohue (89,72, record personnel), médaillés d'argent olympique à Pékin, et Madison Chock et Evan Bates (87,51, record personnel).
"Retourner s'entraîner après les JO, c'est un énorme challenge", reconnaît Cizeron. "Mais c'était le cas de tous les autres patineurs avec qui on s'entraîne. On s'est beaucoup soutenu, beaucoup encouragé, et le petit boost d'adrénaline du public, ça nous a portés jusqu'à la fin", complète Papadakis.
Sur la glace française, Papadakis et Cizeron, aussi quintuples champions d'Europe (2015-2019) et vice-champions olympiques 2018, sont en quête d'une cinquième couronne mondiale, après 2015, 2016, 2018 et 2019. Elle les rapprocherait à une unité du record de sacres mondiaux détenu par les Soviétiques Lyudmila Pakhomova et Alexandr Gorshkov (six titres en 1970, 1971, 1972, 1973, 1974 et 1976). De quoi imprimer encore un peu plus leur marque sur la danse sur glace.
Tu sais que tu as réussi quand...
Elle les ferait passer, aussi, devant Andrée et Pierre Brunet, quadruples champions du monde dans l'entre-deux-guerres (1926, 1928, 1930 et 1932), et les seuls à pouvoir encore rivaliser avec eux tout en haut du panthéon du patinage français à la faveur de leurs deux titres olympiques obtenus il y a près d'un siècle (1928 et 1932).
Il sera temps alors pour le duo clermontois de se pencher sur l'après. Pour l'heure, Papadakis et Cizeron peuvent mesurer le chemin parcouru à l'aune des... 30 000 bouteilles d'eau à leur effigie distribuées au fil de la semaine. "Tu sais que tu as réussi dans la vie quand tu as ta tête sur une bouteille d'eau", en rit-il. "Tout ce travail pour finir sur une bouteille d'eau, c'est merveilleux", renchérit-elle.

"La vitesse, les lignes..." Papadakis et Cizeron définissent la beauté au patinage artistique

Une compétition sans Russes, où Sakamoto tient son rang

En soirée, en l'absence des Russes exclues en réponse à l'invasion de l'Ukraine, comme l'a recommandé le Comité international olympique (CIO), il n'a pas été question de course aux "quads", ces quadruples rotations auxquelles les toupies russes ont habitué - comme elles ont habitué à truster les podiums. Ni, en particulier, de Kamila Valieva, la prodige de 15 ans emportée par une retentissante affaire de dopage en pleins JO-2022.
Mais la Japonaise Kaori Sakamoto, médaillée de bronze olympique il y a un mois à Pékin, a parfaitement tenu son rôle de principale prétendante à l'or dans ce contexte. A 21 ans, jusque-là jamais montée sur un podium mondial et déjà en tête après le programme court, elle s'est imposée avec 236,09 points, devant la Belge Loena Hendrickx (217,70) et la jeune Américaine de 16 ans Alysa Liu (211,19).
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