JO de Milan-Cortina 2026 I "On n’avait rien à prouver" : Cizeron et Fournier Beaudry, hermétiques aux polémiques
Par Vincent Bregevin
Publié 17/02/2026 à 21:09 GMT+1
Invités mardi dans Chalet Club, Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry sont revenus sur leur titre olympique en danse sur glace. Même s’ils se connaissent depuis l’adolescence, c’est un véritable exploit pour un couple formé il y a à peine plus d’un an. La teneur du défi a été précieuse pour leur permettre de ne pas se laisser happer par les polémiques auxquelles ils ont dû faire face.
"On ne voulait pas gâcher notre expérience" : Cizeron s'est mis dans sa bulle pour réussir
Video credit: Eurosport
Qui dit titre olympique, dit tournée médiatique. De retour en France après avoir brillé de tout leur éclat sur la glace de Milan, Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry n’ont pas manqué de sollicitations. Il pouvait difficilement en être autrement. Sacrés champions olympiques en danse sur glace la semaine passée sur les Jeux de Milan-Cortina, ils ont émerveillé le public tout en relevant un défi sensationnel : décrocher cette médaille d’or contre vents et marées.
C’est déjà compliqué de conquérir l’Olympe quand les deux éléments du couple patinent depuis des années. Mais Cizeron et Fournier Beaudry ne collaborent ensemble que depuis 13 mois, ce qui donne une dimension encore supérieure à leur succès. "On était déjà des très grands amis dans la vie, a rappelé Fournier Beaudry, qui connait son partenaire depuis l’âge de 13 ans. On a appris à se redécouvrir au début de notre partenariat, à développer cette complicité. On l’avait déjà, mais ça nous a permis de l’approfondir."
"Oublier la technique pour laisser place au spectacle"
Ils ont senti que cela pouvait marcher. "On s’était effleuré… on savait qu’on aurait été bon ensemble, a confié Cizeron. Ça fait partie des raisons pour lesquelles on a décidé de patiner ensemble. On reconnaissait des similitudes dans notre manière de patiner, d’approcher l’entraînement. Il y avait un peu d’instinct mais on savait dans quoi on s’engageait. Je pense qu’on ne l’aurait fait avec personne d’autre. Ça demande une telle intimité."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/02/17/image-34182f0e-ea99-4b6f-8618-9ba57c207ed8-85-2560-1440.jpeg)
Cizeron et Fournier Beaudry avaient déjà tout vu : "On savait qu'on serait bons ensemble"
Video credit: Eurosport
Elle s’est manifestée sur la glace par une chorégraphie envoûtante, à l’image d’un porté circulaire qui a tant fait la différence sur le programme libre. Techniquement inégalé, il correspondait surtout à une volonté de transmettre quelque chose de différent. "On a pris le temps de voir ce qu’on voulait amener, à quel point on voulait pousser la danse sur glace, raconte Fournier Beaudry. La vision qu’on avait, c’était d’oublier la technique pour laisser place au spectacle, à l’art. Avec ce porté, on était capable de bien intégrer l’émotion et la partager avec les spectateurs."
"On est aussi des humains, des artistes sensibles"
C’est réussi. Encore plus sublime en considérant le peu de vécu du couple. Et même davantage compte tenu de la tempête médiatique qu’il a dû affronter. Il y a d’abord eu les polémiques liées à la parution du livre de Gabriela Papadakis, 'Pour ne pas disparaître'. Un ouvrage dans lequel la championne olympique de Pékin avec Cizeron évoquait une "relation sous emprise" avec son ancien partenaire. Les médias américains n’ont pas hésité à surfer sur cette affaire, rappelant aussi les accusations de violences sexuelles dénoncées dans le même livre envers l'ancien partenaire et compagnon de Fournier Beaudry, Nikolaj Sorensen.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/02/17/image-d0d25a7b-02f3-45d4-a168-3dc0a9c3e761-85-2560-1440.png)
"Faire oublier la technique pour laisser place à l'art", Fournier Beaudry revient sur le porté
Video credit: Eurosport
Il n’y avait rien d’évident à rester concentré pour une épreuve aussi exigeante que les Jeux dans ce bruit assourdissant. "Ce n’est jamais facile de mettre de côté l’extra-sportif, confirme Cizeron. On est des athlètes, entraînés à être performants, mais on est aussi des humains, des artistes sensibles. On s’était préparé, on a vraiment travaillé à rester dans une sorte de bulle, on n’a pas vraiment lu la presse, on voulait patiner et patiner bien, ensemble, se faire plaisir."
"Ne pas se projeter quatre ans en avant"
C’est justement ce qui leur a permis de rester hermétiques dans la tempête. Et ce défi qu’ils n’étaient même pas sûrs de vouloir relever il y a un peu plus d’un an. "C’était du bonus pour nous cette aventure, on n’avait rien à prouver, explique Cizeron. C’était un challenge qui s’était fixé. On était prêt quasiment à arrêter notre carrière il y a un an. Pour nous c’était tellement inattendu que tout était du bonus. On ne voulait pas gâcher notre expérience. On voulait aller chercher ce plaisir et en profiter à 100%. On a réussi ça et on en est très fiers."
Cela leur a donné des raisons de ne pas se projeter, même si leur performance, au-delà de leur titre olympique, donne un goût de reviens-y dans quatre ans aux JO 2030. "Le fait que ce soit en France, ça donne une perspective différente, reconnaît Cizeron. Mais on n’est pas capable en ce moment de se projeter quatre ans en avant. Il y a une partie de nous que ça titille. Mais honnêtement, on ne sait pas. On a pris beaucoup de plaisir et on va continuer à en prendre." Et tout le monde en profitera tant que ça dure.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/02/11/image-b6e388ee-99cf-453d-893e-e96d94336dc7-85-2560-1440.jpeg)
Cizeron-Fournier Beaudry, l’Olympe est à eux
Video credit: Eurosport
Sur le même sujet
Publicité
Publicité