JO Milan-Cortina 2026 I "Rien de scandaleux" : pourquoi l’or et les notes de Cizeron et Fournier Beaudry ne souffrent d’aucune contestation

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La polémique ne retombe pas vraiment aux États-Unis. Deux jours après la victoire du duo français composé de Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry devant la paire Madison Chock - Evan Bates, certains analystes américains évoquent toujours une victoire "controversée" selon eux, notamment en raison de la notation de la juge française. Pour notre consultant Alban Préaubert, il n'en est rien.

Cizeron et Fournier Beaudry en or : "On s'était donné ce challenge impossible"

Video credit: Eurosport

Lâcher le morceau ? Certainement pas. Voilà maintenant deux jours que Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry ont remporté la médaille d’or de danse sur glace aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, et la presse américaine ne digère toujours pas la médaille d'argent des héros locaux Madison Chock et Evan Bates, triples champions du monde en titre et qui restent encore aujourd'hui dans l'attente d'un titre olympique.
Après avoir rappelé les polémiques personnelles qui ont entouré les deux athlètes français ces derniers mois, les médias américains ont décidé de mettre en lumière la notation des neuf juges. La raison ? La note de la juge française, trop élevée selon eux. L'agence de presse "Associated Press" parle même d'une "victoire controversée".
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Cizeron-Fournier Beaudry, l’Olympe est à eux

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Rappelons, en préambule, que les deux couples ont été séparés seulement de 1,43 point (225,82 contre 224,39). Selon la notation officielle disponible sur le site des JO de Milan-Cortina, le juge français a donné près de huit points d’avance aux patineurs français pour le programme libre : 137,45 contre 129,74. Plus globalement, cinq juges sur neuf ont préféré la performance américaine. Assez pour hérisser le poil des médias américains, qui en profitent pour rappeler une petite erreur commise par le duo Cizeron - Fournier Beaudry lors d'un "twizzle" de niveau 4.
"Déjà, le premier point à avoir en tête, c'est que les meilleures et les moins bonnes notes des neuf juges, selon certains éléments bien précis, sortent des calculs finaux. Donc, sur les neuf juges, il n'y a que sept notes qui rentrent en compte dans le classement final", rappelle notre consultant et ancien patineur Alban Préaubert.
En résumé, la note la plus haute et la plus basse sont donc tout simplement supprimées - selon certains éléments - pour éviter des biais et faire en sorte qu’une mauvaise évaluation isolée ne se répercute pas sur la note finale. Les juges ont ainsi des barèmes très pointilleux au sujet des bonus et des malus qu’ils peuvent attribuer. Il y a des lignes directrices, qui font que leur note ne peut pas être subjective. Les critères d’évaluation sont très précis. Qui plus est, la note la plus élevée accordée au couple français a été délivrée par le juge provenant de la République tchèque : 138,49 contre 137,45. Côté américain, la moins bonne note est celle du juge français (129,74), alors que la meilleure (137,67) est celle du juge américain.
Il n'y a aucun débat
"Le deuxième élément, c'est qu'il y a une micro erreur, c'est vrai, dans le programme de Laurence et Guillaume, poursuit notre consultant. Un tout petit déséquilibre en sortie de Twizzle pour Guillaume. C'est sanctionné parce que Guillaume perd un niveau. Là, il bascule en niveau 3. Ils ont des grades d’exécution des juges qui sont entre 0 et +4. La Française est à +3, alors que deux juges sont à +4. À +3, elle se trouve dans la moyenne. Il y a même des juges qui mettent 0, et pas l'Américaine. Globalement, même sur cet élément critique, elle ne surnote pas l'élément fautif. Et encore une fois, c'est une petite erreur. Ce n'est pas une chute. Ce n'est pas un retournement, c'est vraiment un léger déséquilibre."
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La Marseillaise pleine d’émotions (et chantée) de Cizeron-Fournier Beaudry

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Pour Alban Préaubert, de plus, soit les "analystes américains ne connaissent pas le programme" du duo français, soit "ils font croire qu'ils ne le maîtrisent pas". "Guillaume finit son Twizzle en petit aigle, donc, ça peut donner l'impression que c'est son déséquilibre qui l'amène dans la position petit aigle, analyse-t-il. Or, ce n'est pas du tout le cas. Cette position, c'est sa position de la chorégraphie. Et quand on regarde son programme des Grands Prix, il finit toujours dans cette position petit aigle. Donc visuellement, comme il y a un micro déséquilibre, on peut avoir l'impression qu'il pose le pied pour se sauver. Ce n'est pas du tout le cas. C'est juste que visuellement, ça donne ce petit effet, parce qu'il y a le déséquilibre. On se dit qu'il a posé le pied à cause de sa faute. Mais les juges, eux, regardent les entraînements, ils connaissent les programmes. Donc, ils savent aussi que c'est un déséquilibre et qu'il ne se rattrape pas avec sa position petit aigle. Ce n'est pas du tout le cas."

Ancien et nouveau règlement

Concernant l'autre polémique sur l'écart important de la notation du juge français entre les deux duos, notre consultant, qui a scruté tous les détails de chaque note, ne "trouve rien de scandaleux" dans celle française. "Quand on regarde de l'autre côté, la juge américaine est la seule qui met plus de 4 points d'avance aux Américains face aux Français. Et les autres juges qui les mettent devant, c'est de moins d'un point, de 3 centièmes pour la Finlandaise. C'est d'un point pour l'Italienne, d'un point pour la Géorgienne, et un peu plus de trois points pour la Chinoise. Donc là aussi, dans l'autre sens, si on analyse de l'autre côté, on dirait que la juge américaine a très bien noté les Américains. Nous, on ne va pas s'amuser à décortiquer image par image le programme des Américains, qui était d'ailleurs magnifique. Il n'y a aucun débat. C'était très propre et très synchronisé. Mais je suis certain que si l'on analyse image par image, on retrouve des petites erreurs."
Autre point à souligner, et il est important : dans l'ancien règlement, le fait que la majorité des juges privilégient le programme américain plutôt que celui français aurait amené à un autre résultat. "Cela aurait fait gagner les Américains sur le libre, analyse Alban Préaubert. Mais justement, l'ancien système avait d'autres défaillances. Il explique pourquoi on a changé de système pour quelque chose de plus objectif avec ce fameux "code of points". Et ce qu'il faut rappeler dans ce système, il y a évidemment la note technique et artistique, mais dans la note technique, chaque élément a une valeur. On peut très bien faire une erreur, mais la compenser avec la qualité des autres éléments. On peut gagner avec une, deux erreurs... On l'a vu avec Ilia Malinin dans le programme par équipes, il a fait des erreurs dans le libre, alors que Shun Sato est parfait. Mais on ne crie pas au scandale, car Malinin a une valeur de base et une difficulté d'exécution plus forte. Et sur certains éléments, il a des valeurs plus fortes. C'est ce qui se passe avec Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry. Ils ont une qualité au-dessus des Américains. Ils prennent moins de points sur le "Twizzle", ils sont sanctionnés, mais ils compensent avec le reste. C'est la base de ce système "code of points" qui est inspiré de la gymnastique. On note chaque élément séparément et, à la fin, ce sont généralement les meilleurs qui gagnent. Car sur la qualité générale, ils sont au-dessus."
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"Un suspense assez horrible mais une très belle histoire à l’arrivée"

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Autant dire que les juges sont donc au cœur d'un système très cadré, précis, avec l'impossibilité (et heureusement, d'ailleurs) de faire comme bon leur semble en fonction des nationalités ou affinités avec les athlètes. "De plus, ensuite, il y a des tables rondes quand il y a des écarts trop importants. Les juges sont notés par l'Union internationale de patinage, nous avions les meilleurs juges, les plus intègres, mercredi. Le règlement est très détaillé et très complexe, il évolue chaque année (...) Les juges reçoivent des demandes de clarification, ils sont obligés de se justifier. Et les patineurs peuvent très bien demander aussi des explications au jury, pas pendant la compétition cependant puisqu'il n'y a pas de communication possible. Mais après, évidemment, les juges sont des êtres humains comme les autres. Donc on peut aller leur parler, leur demander des explications", prévient l'ancien patineur, estimant qu'il y a "tout sauf un scandale" après ce succès tricolore. Mais plutôt "une campagne de désinformation" de certains médias américains.
"Le duo Madison Chock - Evan Bates est tombé aux Mondiaux 2023, et ils ont pourtant gagné. Est-ce que les deuxièmes ont crié au scandale ? Là, ce sont les JO, l'objectif d'une vie. Je comprends la frustration et l'amertume car ils ont sorti le programme de leur vie, conclut-il (...) N'oublions pas que cela reste aussi un sport subjectif, notamment sur la composante artistique. La sensibilité de chacun va jouer, sur la présentation, l'interprétation... Il y a une petite part de subjectivité. C'est ce qui fait la beauté et la richesse de ce sport. Ce n'est pas la première fois qu'il y a des écarts aussi serrés, et il y en aura encore lors de ces JO. On aurait pu faire un scandale quand Adam Siao Him Fa est derrière Yuma Kagiyama au programme court alors qu'il retourne un triple axel. Mais on ne le fait pas, car c'est un patineur exceptionnel, et qu'il fait des JO fabuleux sur d'autres éléments. C'est un peu agaçant de réduire à ça notre médaille d'or. Il n'y a aucun scandale."

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