Quand Kamila Valieva a-t-elle été contrôlée positive ?

Bien avant les Jeux Olympiques. Le test antidopage qui s'est révélé positif a été effectué le 25 décembre dernier, en marge du Championnat de Russie, que Kamila Valieva avait remporté. Le test avait été effectué par l'Agence Mondiale Antidopage.
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Qu'est-ce que la trimétazidine, le produit incriminé ?

Kamila Valieva a été testée positive à la trimétazidine. Il s'agit d'un médicament utilisé pour soulager les douleurs à la poitrine. Mais aussi, dans certains cas, pour lutter contre des baisses de l'acuité visuelle ou de vertiges, bien plus problématiques pour des patineurs. L'AMA, l'agence mondiale antidopage, l'a interdit dès 2014.
Certains scientifiques ont tout de même remis en cause son éventuel effet dopant. Zelimkhan Khadjiev, un lutteur français lui aussi contrôlé positif à cette même substance en 2019, avait d'ailleurs contesté devant le Tribunal Arbitral du Sport, avec l'appui de plusieurs spécialistes, la présence de la trimétazidine dans la liste des produits interdits. En vain.

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La détection de cette substance dans le cadre sportif demeure une rareté, notamment en raison de ses effets secondaires. "Ils sont de type parkinsoniens et ne semblent pas être de nature à favoriser un usage chez les sportifs", soulignait en 2020 le pharmacien et toxicologue Pascal Kintz dans la revue "Toxicologie Analytique et Clinique", évoquant les risques de "troubles de la marche", "de chute" et "d'hallucinations".

Pourquoi a-t-elle pu participer aux JO ?

Pour la simple et bonne raison que son test positif a été effectué en décembre dernier, en dehors du programme antidopage des Jeux Olympiques. Le contrôle a été réalisé par l'AMA - probablement de façon impromptue - et non par la Fédération internationale de patinage.
Plus surprenant, Rusada n'a reçu que… mardi la notification de ce contrôle positif. Soit le lendemain du concours par équipes remporté par le Comité international olympique, où Valieva a brillé et réussi le premier quadruple saut de l'histoire des Jeux.

Pourquoi la situation est restée floue si longtemps ?

Valieva bénéficie d'un statut particulier en raison de son jeune âge. La patineuse de 15 ans fait partie de la catégorie des "personnes protégées", mise en place au début de 2021 par l'AMA. Elle dresse un cadre différent pour les sportifs âgés de moins de 16 ans. Sous ce régime, les sanctions disciplinaires peuvent rester confidentielles mais elles peuvent également être moins sévères que pour les adultes. Elle facilite aussi l'ouverture d'enquête portant sur l'encadrement des sportifs concernés.

Pourquoi Valieva n'a-t-elle pas reçu sa médaille d'or ?

Pour des raisons "juridiques", comme l'avait annoncé le CIO. Après réception de la notification du contrôle antidopage positif, Rusada a immédiatement suspendu, à titre provisoire, la patineuse. Valieva a fait appel de cette décision le lendemain, à savoir mercredi, et ainsi obtenu la levée de sa suspension afin de poursuivre ses Jeux Olympiques.

Kamila Valieva

Crédit: Getty Images

Pas en ligne avec cette décision, le Comité International Olympique a décidé de repousser la cérémonie de remise des médailles et de porter cette affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) sans passer par une procédure d'échange avec l'agence russe. La raison ? "Une décision est nécessaire avant le 15 février", jour du programme court dames, pour lequel Kamila Valieva faisait encore office de favorite.

Que risque Valieva ?

Le spectre défini par l'AMA est large. Compte tenu de son statut de "personne protégée", Valieva risque deux ans de suspension au maximum (contre quatre pour les adultes) mais pourrait aussi être simplement réprimandée. Difficile de placer le curseur, puisque ce cas est relativement nouveau, et qu'il n'existe aucune jurisprudence.
En revanche, la patineuse devrait perdre tous les titres accumulés depuis son contrôle antidopage positif, à savoir le Championnat de Russie, le Championnat d'Europe et l'or olympique par équipes.

Valieva pourra-t-elle participer à l'épreuve individuelle ?

La balle est dans le camp du TAS, mais il est difficile d'imaginer la jeune patineuse russe bénéficier d'un passe-droit pour participer à l'épreuve qui débute mardi avec le programme court (11h00). En attendant, elle peut continuer à s'entraîner normalement, comme l'a rappelé le Comité Olympique Russe dans un communiqué.

Que risque le Comité Olympique Russe ?

Là aussi, il y a un flou. Si le cas de Valieva est isolé, impossible de savoir si l'ensemble de l'équipe russe en subira également les conséquences. A commencer par la perte (ou non) de l'or olympique décroché lundi. Car réglementairement, l'ISU ne prévoit de disqualification collective qu'en cas de contrôle positif durant la compétition.
Après la décision du TAS, ce sera donc au CIO de trancher. Respectivement 2e, 3e et 4e du concours, les Etats-Unis, le Japon et le Canada pourraient porter réclamation, en fonction de la décision finale.
(Avec AFP)
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