6 Nations | Ecosse - France | Théo Attissogbe, l'étoile qui a éclipsé Penaud : "Je ne me suis pas mis de pression démesurée par rapport à ça"

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Blessé en novembre, Théo Attissogbe est revenu en trombe en équipe de France pour le Tournoi des Six Nations avec sur les épaules le poids de celui qui a poussé le meilleur marqueur de l’histoire des Bleus Damian Penaud sur la touche. Une marque de confiance que le Palois rend au sélectionneur avec des prestations très convaincantes. Interview.

Théo Attisogbe lors de France - Irlande au tournoi des 6 Nations, le 5 février 2026

Crédit: Getty Images

Quel bilan avez-vous tiré du premier bloc de trois matchs ?
Théo Attissogbe : Sur un plan comptable, c'est un bilan parfait avec 15 points sur 15 possibles. Ce fut trois matchs différents et on est contents d'avoir pu en sortir à chaque fois avec une victoire bonifiée car ce n'était pas chose facile. Maintenant, on est aussi une équipe exigeante et on sait qu'on a encore des choses à améliorer. La remise en question au niveau international est quelque chose de normale.
À titre individuel, comment vous êtes-vous senti dans cette équipe de France, vous qui reveniez d'une blessure à un genou ?
T.A. : J'avais pu faire quatre matchs avant avec mon club pour retrouver du rythme. Pendant ma blessure, j'ai aussi continué à travailler physiquement. J'ai repris début janvier mais cela faisait déjà trois semaines que j'avais entamé un gros travail physique. Je me sentais donc déjà plutôt bien dès à la reprise. Avec ces matchs en plus avec Pau, cela a fait que je ne me suis pas trop senti dans le dur avec l'équipe de France, même si ce sont des matchs qui demandent beaucoup d'énergie. Je me suis senti plutôt bien au contraire et j'espère que ça va continuer car cela me permet d'être bon sur le terrain.
Pour ce Tournoi, vous avez été préféré à Damian Penaud, meilleur marqueur de l'histoire du XV de France, qui a du coup été sorti du groupe France. Était-ce une pression supplémentaire ?
T.A. : Pas plus, car dès qu'on a l'honneur de porter le maillot de l'équipe de France, il y a une pression naturelle. On a la chance de représenter son pays au plus haut niveau et la pression est plus par rapport à ça. Je ne me suis donc pas mis de pression démesurée par rapport au fait de remplacer Damian. Je me suis concentré sur moi, ma préparation et mon rôle au sein de l'équipe pour pouvoir faire les meilleurs matchs.
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Théo Attisogbe et Sam Prendergas lors de France - Irlande au tournoi des 6 Nations, le 5 février 2026

Crédit: Getty Images

Avez-vous pris du plaisir à jouer ces trois matchs, où vous avez été actif et décisif avec déjà trois essais au compteur ?
T.A. : Clairement, j'ai pris beaucoup de plaisir sur ces trois semaines. Et quand c'est le cas, je me sens bien sur le terrain et je donne tout ce que j'ai. Je m'éclate, cela se passe bien avec tout le monde et pourvu que ça dure car on a encore de grandes échéances qui arrivent et on a envie de faire de belles choses.
C'est que du plaisir de jouer avec Matthieu Jalibert
 
Quel regard portez-vous sur votre connexion naissante avec l'ouvreur Matthieu Jalibert, adepte de l'esthétisme et du jeu de mouvement ?
T.A. : Jouer avec ce genre de joueurs est toujours plus facile car tu sais que si tu as un espace face à toi, tu recevras le ballon. C'est que du plaisir. J'essaie du coup de me mettre dans les meilleures dispositions pour être "touchable" à tout moment et être prêt lorsque le ballon arrivera. J'ai aussi la chance de partager les ailes avec Louis Bielle-Biarrey, qui n'a pas beaucoup d'équivalents dans le monde au niveau de la vitesse et qu'il vaut mieux avoir avec soi que contre soi. On enchaîne les victoires, toute l'équipe se trouve bien et c'est vraiment cool.
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Théo Attisogbe félicité par Matthieu Jalibert lors de France - Irlande au tournoi des 6 Nations, le 5 février 2026

Crédit: Getty Images

Cette fluidité a-t-elle aussi été facilitée sur les deux derniers matchs par la présence inédite de trois Palois dans la ligne de trois-quarts ?
T.A. : C'est encore plus de plaisir de jouer avec des copains. On est de la même génération et on en a profité car on sait que ce sont des moments privilégiés et que ce n'est vraiment pas facile d'y être. C'étaient des moments spéciaux et je suis heureux de les avoir vécus avec eux. On est aussi souvent six Palois voire plus à Marcoussis et on en est très heureux car ce n'était pas le cas les années précédentes et ce n'est pas anodin. Ce sont des signaux positifs et des marqueurs forts du projet de la Section paloise.
 
Cette croissance rapide de votre club et sa capacité à envoyer plusieurs joueurs en équipe de France compte-t-elle dans votre réflexion pour l'avenir, vous qui serez en fin de contrat en 2027 ?
T.A. : Bien-sûr ! C'est important de se sentir bien dans un club et c'est mon cas. J'en suis très content tout comme je suis très heureux de voir l'évolution de la Section d'année en année. J'ai l'impression que chaque saison est meilleure que la précédente depuis que je suis arrivé. On doit continuer dans ce sens-là et aussi se payer en fin de saison car l'an dernier, on avait échoué à se qualifier donc là on ne doit pas se rater et continuer à grandir avec une qualification.
 
Pour en revenir à l'équipe de France, comment abordez-vous la fin du Tournoi et ce match en Écosse qui pourrait déjà être celui du titre ?
T.A. : L'objectif est clair : on va en Écosse pour aller chercher la victoire. On sait que ce sera compliqué comme tous les déplacements en Écosse mais on y va avec cette volonté. On sait qu'on peut gagner le Tournoi à l'issue de ce match, on sait aussi que l'Écosse joue également pour le gain de ce Tournoi. On y va donc avec beaucoup d'ambition mais aussi beaucoup d'humilité pour jouer cette équipe qui s'avère d'autant plus redoutable chez elle.
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