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Tournoi des 6 Nations | Angleterre - France | Comment la relégation des Saracens en 2020 a affecté le XV de la Rose
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Publié 08/03/2023 à 10:31 GMT+1
6 NATIONS - L’Angleterre est bien capable de sortir de ce Tournoi 2023 avec le scalp de l'équipe de France. Ce qui ne cacherait pas que dans le jeu, le XV de la Rose souffre de la comparaison avec les nations majeures du continent, et ce, depuis de longs mois. Une baisse de régime structurelle qui prend ses racines dans les malheurs d’un club : les Saracens relégués administrativement en 2020.
Lafond : "L'Angleterre, derrière, c'est la Roumanie"
Video credit: Eurosport
C’est un débat auquel le monde du rugby français s’est habitué, puisqu’il est annuel, et dont les refrains ont été répétés après la blessure d’Anthony Jelonch : celui du temps de jeu des internationaux, qui multiplient les matches en club et en sélection. Ugo Mola, coach du Stade toulousain, a son avis sur la question. Selon lui, bien qu’il faille surveiller l’état de forme et le nombre de minutes passées sur le pré des joueurs, ils doivent aussi empiler les gros matches pour rester performants.
"Nos internationaux ont surtout besoin de jouer des matches de haut niveau, que ce soit en club ou en sélection. C’est plus la régulation de nos compétitions qui pose débat, pointait-il le 20 janvier, avant la rencontre face au Munster en Champions Cup. Au-delà de 25 matches par saison, on sait qu’il y a toujours un danger physique réel. Est-ce que nos joueurs français ne s’aguerrissent pas plus en enchaînant des gros matches de Top 14, à La Rochelle, à Bordeaux, à Toulon ou à Lyon ? Moi, je pense sincèrement que oui", poursuivait-il.
Et l’entraîneur haut-garonnais de mobiliser un exemple pour étayer son argumentaire. "Quand les Saracens sont descendus en deuxième division anglaise, tout le monde a dit que les Owen Farrell ou Maro Itoje allaient pouvoir récupérer. L’équipe anglaise a tellement récupéré qu’elle ne gagne plus rien ! Je pense que le haut niveau appelle le haut niveau. Après, il faut savoir le gérer." Une pointe d’ironie, pour décrire l’une des raisons les plus profondes et rocambolesques du déclassement du XV de la Rose. Car au vu de ses dernières performances, il serait bien extraordinaire de voir le finaliste de la Coupe du monde 2019 se présenter au Stade de France, le 28 octobre 2023.
La relégation : une balade…
Retour en janvier 2020. La Premiership anglaise, après plusieurs avertissements sérieux (6 millions de livres d’amende, 35 points retirés), décide de reléguer les Saracens, équipe du haut de tableau de la Ligue anglaise, pour non-respect du salary cap. Triple championne d’Europe, l’équipe de Watford, blindée d'internationaux, est envoyée en D2 à l’été 2020. Imaginez le Stade toulousain tomber en ProD2, avec l’effectif qui est le sien.
D’office, la question se pose : vers où les internationaux anglais vont-ils se diriger ? Et peu à peu, les réponses tombent pour chacun d’entre eux : certains filent – à l’anglaise –, mais la plupart ne quittent pas le navire. Farrell, Vunipola, Daly, Itoje... plusieurs stars surprennent leur monde et prolongent avec les Sarries, prêts à passer une année loin de l’élite pour y ramener leur club de cœur.
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Les Saracens détendus, au moment de jouer leur finale d'accession à la Premiership, le 20 juin 2021
Crédit: Getty Images
La saison 2020-2021 se convertit fatalement en une balade de santé pour les Saracens : 54-13, 56-0, 69-12, 73-0 : ils marchent sur le Championship – qui ne commence qu’en mars 2021 – et remontent aussi sec. 0-60, 57-15 en finale de play-offs : la mascarade prend fin en juin.
…Aux lourdes conséquences
Sauf que cette année passée à l’abri du très haut niveau a des répercussions dramatiques sur l’équipe d’Angleterre dirigée par Eddie Jones, qui prend le parti de continuer de s’appuyer sur ses cadres historiques. Lors du 6 Nations 2021, l’Angleterre se classe à la cinquième place ; puis elle ne gagne que deux rencontres lors du Tournoi 2022.
"Si je pouvais le refaire, je changerais certains critères de sélection, avouait lui-même l’Australien au Midi Olympique en décembre dernier – après son éviction du poste de sélectionneur. 2021 a été une très mauvaise année pour nous. Le XV d’Angleterre était principalement basé sur des joueurs des Saracens, et le problème est que leur niveau avait baissé considérablement en deuxième division. Les performances de l’équipe nationale en ont immédiatement souffert."
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Lafond et la "maison de retraite" anglaise : "Farrell, Itoje, Vunipola… ils sont cuits, cramés !"
Video credit: Eurosport
Son niveau de jeu et d’exigence a baissé. Elle a commencé à manquer de créativité, d’intensité : tout ce dont les Saracens n’ont pas eu besoin pendant un an pour remonter en Premiership. Tout ce dont le XV de la Rose a aussi su se passer pour remporter deux victoires étriquées face à l’Italie et le Pays de Galles lors de l’édition 2023, en se basant sur ses fondamentaux : la mêlée, la touche, le jeu à une passe.
Aucun doute : à Twickenham samedi, les Anglais auront le couteau entre les dents. Plusieurs de ses joueurs restent performants (Genge, Dombrandt, Lawrence), et l’envie de se payer les Bleus dépassera tout le reste. Une victoire de prestige contre la France serait fondamentale dans la reconstruction de ce XV de la Rose, dont le temps est compté avant le Mondial. Elle ne lui rendrait pas son statut d’antan, perdu, entre autres choses, pour une affaire de gros sous.
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