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Tournoi des 6 Nations | Angleterre-Italie | Owen Farrell et Marcus Smith, deux ouvreurs pour un poste
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Publié 12/02/2023 à 00:32 GMT+1
6 NATIONS - Contre l’Ecosse, Owen Farrell et Marcus Smith, les deux demis d’ouverture anglais de grand talent, ont été titulaires : le premier avec le brassard en trois-quarts centre, le second en numéro 10. Pour la deuxième journée, Farrell sera aligné ouvreur devant l’Italie. Une situation épineuse qui rappelle celle de Jaminet et Ntamack, mais plus dure encore à gérer pour l’Angleterre.
Lafond et la "maison de retraite" anglaise : "Farrell, Itoje, Vunipola… ils sont cuits, cramés !"
Video credit: Eurosport
C’est un dilemme que l’équipe de France a su résoudre, et dont elle a aujourd’hui fait une force : le dilemme des deux ouvreurs. En novembre 2021, la concurrence entre Romain Ntamack et Mathieu Jalibert fait rage, à tel point que le staff bleu décide alors de titulariser les deux joueurs. Le premier sera positionné au centre, un poste auquel il a déjà évolué, le second à l’ouverture.
L’expérience est menée face à l’Argentine et la Géorgie. Malgré les deux victoires, l’expérience n’a pas les résultats escomptés, et Jalibert retourne sur le banc face à la Nouvelle-Zélande, au terme de la série de tests, tandis que Ntamack récupère le numéro 10. Un match fondateur plus tard, voilà l’ordre établi : la charnière toulousaine Dupont-Ntamack tient la corde en bleu, et la charnière bordelaise Lucu-Jalibert finit les rencontres.
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Mathieu Jalibert félicité par Romain Ntamack (France) après un essai face à la Géorgie, le 14 novembre 2021
Crédit: Getty Images
Une réussite. La semaine passée à Rome, les deux ouvreurs français ont chacun selon leur rôle permis à la France de se sortir du piège italien : Ntamack en métronome et passeur appliqué – il amène les essais de Ramos et Dumortier par son jeu au pied –, Jalibert en attaquant explosif pour marquer l’essai de la gagne. Le Bordelais est redoutable quand il entre, le Toulousain est régulier quand il est aligné. Circulez, il n’y a plus rien à voir.
Voilà un récit qui a sûrement donné des idées à Steve Borthwick. Le nouveau coach du XV de la Rose a récupéré en décembre un groupe en chantier, qui n’était "bon à rien" en automne selon lui. Dans cet effectif bien peu flamboyant, notamment chez les arrières, deux joueurs se dégagent par leur portée sur le jeu anglais : le vieillissant mais excellent Owen Farrell des Saracens, et la jeune étoile des Harlequins Marcus Smith. Problème : ce sont deux ouvreurs. Solution : aligner l’ouvreur pur, plus frêle, Smith, à son poste, et Farrell le briscard musculeux comme trois-quarts centre, avec le brassard de capitaine.
L’alignement des deux n’est pas inédit, ils ont déjà évolué ensemble sous le maillot blanc en 2022, et Farrell connaît ce poste en équipe nationale, qu'il a déjà occupé notamment derrière George Ford. Sauf que face à l’Ecosse, une fois de plus, la mayonnaise n’a pas pris. Les Anglais n’ont jamais réellement pris le dessus sur le XV du Chardon, et ce, notamment parce que la paire d’ouvreurs ne fonctionne pas de manière complémentaire.
Un dilemme très différent
Un échec qui fait parler en Angleterre, et qui tend à mettre en compétition les deux ouvreurs. La situation est plus différente encore de celle qui opposait Jalibert et Ntamack, étant donné le style et l’âge très distincts des deux ouvreurs anglais. Étant donné, également, l’impact qu’aurait l’éviction d’Owen Farrell du XV de la Rose, par un joueur qui aura 24 ans le 14 février prochain.
"Borthwick s’est emprisonné avec Owen Farrell", jugeait pour la BBC l’ancien demi de mêlée anglais Matt Dawson après la défaite la semaine passée. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, il est temps que Smith prenne la relève et s’installe à l’ouverture. Mais la composition est tombée comme un couperet, ce vendredi : Farrell titulaire avec le numéro 10, Smith relégué sur le banc.
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Steve Borthwick aura fort à faire pour remettre de l'ordre dans le XV de la Rose.
Crédit: Getty Images
"Nous commençons un cycle complètement nouveau, a expliqué Borthwick. L’instauration d’un nouveau système prend du temps." La rhétorique du renouveau mobilisée pour justifier la titularisation de Farrell devant Smith, voilà qui ne manquera pas de faire grincer ; d’autant plus que plusieurs autres cadres du XV de la Rose montrent des signes de faiblesse, et se mettent à emprunter la pente descendante.
L’Angleterre a le malheur – tout relatif – d’avoir deux ouvreurs de qualité, mais que tout oppose, et dont les qualités ne se complètent pas assez pour espérer évoluer au plus haut niveau. Un nœud de tête de plus pour Steve Borthwick, qui n'a que sept mois avant la Coupe du monde pour refaire de l'Angleterre un grand du rugby mondial.
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