Tournoi des 6 Nations - "Ca permet d'avoir plus de recul" : pourquoi les Bleus jouent avec une charnière modulable

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Depuis le début du Tournoi des 6 Nations, le XV de France se montre imprévisible en phases offensives. Car Matthieu Jalibert, Thomas Ramos n'hésitent pas à permuter. En plus d'un Antoine Dupont électron libre, le danger vient de partout chez les Bleus. Et l'Italie pourrait en faire les frais dimanche (16h10).

Lafond : "On s'est trompé en début de Tournoi"

Video credit: Eurosport

Charnière à trois avec l'arrière Ramos ouvreur de substitution, Jalibert décalé de son fauteuil de 10 pour faire parler ses jambes au cœur de la ligne de trois-quarts, et des avants qui jouent comme des centres : depuis le début du Tournoi les Bleus sont illisibles pour les défenses adverses. "On essaie d'être menaçants partout, d'être le moins lisibles possible, (...) et quand tu joues avec Matthieu (Jalibert), Thomas (Ramos) et Antoine (Dupont), il y a beaucoup de permutations, les mecs se trouvent quasiment les yeux fermés", a expliqué dimanche soir Théo Attissogbe, après son doublé et la correction (54-12) infligée à de pâles Gallois.
Contre l'Irlande à Paris (36-14) puis le pays de Galles à Cardiff, le 10 de l'ouvreur était sur le dos de Matthieu Jalibert et le 15 de l'arrière pour Thomas Ramos. Mais très souvent l'arrière toulousain était en premier attaquant, l'ouvreur de l'UBB glissant en premier voire deuxième centre. Après une première tentative ratée, à la 10e minute, cette combinaison a abouti dès le quart d'heure, avec le premier essai international du Palois Fabien Brau-Boirie, sur une remise intérieure de "Jalib", lancé en second centre. Et le schéma a été reproduit six autres fois (6e, 21e, 25e, 35e, 41e, 66e), de quoi déboussoler la défense galloise.
"Avec l'équipe de France, où le N.9 est décisionnaire, Jalibert est dans un mode plus patient qu'à l'UBB, où c'est lui qui décide", a décrypté jeudi pour l'AFP Jonathan Wisniewski, consultant auprès de Canal+: "Il laisse souvent le premier temps de jeu à Ramos et il est alors utilisé pour les ballons de deuxième ou troisième main, où il a plus de temps, plus d'espace et où il est quasiment inarrêtable."
"Avoir un arrière capable de jouer 10, ça permet de suppléer le 10, d'avoir plus de recul, de voir plus d'opportunités", a souligné dimanche Antoine Dupont, le demi de mêlée des Bleus, "et on a vu Matthieu 'breaker' plusieurs fois la ligne en deuxième receveur".

Un XV "amphibie

Ces permutations, "ça montre qu'on a une capacité à être amphibie, à s'adapter à ce qui se propose en face de nous", a insisté le capitaine des Bleus. Peu d'équipes au monde disposent d'un arrière comme Ramos, capable de se réinventer en 10. "Il y a les All Blacks, avec le duo Beauden Barrett - Damian McKenzie, et La Rochelle avait essayé en tentant d'installer Hastoy à l'arrière", souligne Wisniewski, également directeur sportif de Valence-Romans en Pro D2, selon qui le système a été poussé à l'extrême par le Stade toulousain, avec "jusqu'à quatre ouvreurs sur le terrain, entre Ntamack, Ramos, l'Argentin Mallia et l'Ecossais Kinghorn".
Autre combinaison testée contre les Gallois dimanche : le premier centre, Fabien Brau-Boirie, utilisé en premier relayeur, en simple pivot, pour offrir plus d'espace à Jalibert, en profondeur pour une passe au pied vers les ailiers. Succès là encore, avec un essai d'Attissogbe (58e) et un quasi doublé du Palois, devancé de quelques centimètres dans l'en-but gallois (69e).
"Notre volonté, c'est de tenir un peu plus le ballon", a précisé mercredi Laurent Sempéré, entraîneur adjoint des Bleus, à Marcoussis, lors de la préparation du match de la troisième journée contre l'Italie dimanche (16h10). De quoi mettre en marche le système voulu par Patrick Arlettaz, l'entraîneur des lignes arrières, qui doit "créer du désordre ou en tout cas du déséquilibre". Avec par exemple des avants capables de jouer comme des trois-quarts, au coeur de la ligne d'attaque, à l'image du flanker rochelais Oscar Jegou au relais entre Ramos et Jalibert sur l'essai de Brau-Boirie (15e), ou du Lyonnais Mickaël Guillard pour Charles Ollivon contre l'Irlande (34e).
"En équipe de France, on n'a pas beaucoup de temps pour se préparer, mais on a trouvé la bonne organisation", se félicitait Fabien Galthié dimanche soir, sans céder au triomphalisme : "Bien sûr qu'il y a à redire, on peut faire mieux, vraiment mieux".
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Matthieu Jalibert - Thomas Ramos

Crédit: Eurosport


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