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Champions Cup : La Rochelle, ascension fulgurante et statut à assumer face à Exeter
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Publié 30/04/2023 à 00:50 GMT+2
La deuxième demie de Champions Cup opposera La Rochelle à Exeter, ce dimanche (16h) au Matmut Atlantique de Bordeaux. Encore discrets au niveau international début 2020, les Maritimes, tenants du titre de l’épreuve, ont l’occasion de valider leur billet pour une troisième finale européenne de rang. Les Jaune et Noir ont changé de dimension. Ils ont aussi un nouveau statut à défendre.
Grégory Alldritt, Romain Sazy et Pierre Bourgarit (La Rochelle).
Crédit: Imago
La dernière fois qu’ils s’étaient croisés, c’était le 18 janvier 2020. Ce jour-là, à Sandy Park, le Stade rochelais avait pris la marée face à Exeter (33-14), tirant par la même occasion le rideau sur une campagne européenne guère reluisante (élimination en phase de groupes). Et cela n’avait pas plu du tout à Ronan O’Gara. "On doit penser comme un grand club, avait tonné le technicien irlandais, arrivé en Charente-Maritime huit mois plus tôt. Ce qui est sûr, c’est que nous ne sommes pas un club fort de la Champions Cup, nous ne l’avons jouée que deux fois." Trois ans plus tard, son équipe n’est plus du tout la même au moment de retrouver les Chiefs, ce dimanche (16h).
Parce qu’en trois ans, La Rochelle a bien grandi. Sans référence à l’échelle continentale avant 2020, le Stade a été finaliste malheureux de la Champions Cup en 2021, puis l’a remportée en 2022. Les partenaires de Levani Botia visent donc une troisième finale de rang dans l’épreuve, performance seulement réalisée jusqu’ici par Toulouse (de 2003 à 2005) et Toulon (de 2013 à 2015). Cela en dit long sur le changement de statut du club jaune et noir, devenu en très peu de temps un grand d’Europe.
Si la croissance a été aussi fulgurante, c’est évidemment grâce aux investissements réalisés année après année afin de bâtir la meilleure équipe possible et lui fournir des infrastructures de haut standing. Mais c’est aussi grâce à O’Gara, qui a modifié l’approche que les Rochelais avaient de la Coupe d’Europe. "Avant, l’équipe ne la disputait pas pour aller loin, a avoué Uini Atonio devant les médias. On jouait les matches de poule, on mettait des jeunes, ce n’était pas vraiment un objectif."
"C’est une compétition que 'ROG' connaît bien, a embrayé Romain Sazy. Il nous a titillés avec, nous en a donné les clés." Double vainqueur de la H Cup avec le Munster (2006 et 2008), l’ancien buteur du XV du Trèfle est désormais ravi de compter dans son vestiaire "beaucoup plus de compétiteurs, de mecs qui sont intéressés par l’envie de progresser", comme il l’a constaté en conférence de presse, mardi. Maintenant totalement imprégnés de l’exigence et de la particularité des joutes internationales, les Rochelais ont, en outre, un titre à défendre. Et un rang de favori à assumer.
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Uini Atonio lors de La Rochelle - Saracens en Champions Cup le 9 avril 2023
Crédit: Getty Images
Les Chiefs décomplexés
Favori de la compétition, forcément, même si l’on peut considérer que le Leinster et le Stade toulousain font au moins autant partie du haut du panier. Mais surtout favori logique de sa demi-finale. Car l’Exeter de 2023 n’est clairement plus aussi fringant que celui qui avait été sacré champion d’Europe en 2020. Seulement sixièmes de Premiership, les Chiefs sont en fin de cycle et, sous la contrainte du salary cap, s’apprêtent laisser partir plusieurs de leurs cadres à l’issue de la saison. La formation anglaise n’aura pas grand-chose à perdre, et c’est sans doute ce qui la rend encore plus dangereuse. "Nous ne voulons surtout pas sortir du terrain sans avoir joué notre rugby", a ainsi prévenu le troisième-ligne Sam Simmonds.
Poussés par un Matmut-Atlantique qui devrait être copieusement garnis, les Jaune et Noir devront ainsi livrer une prestation digne de leur nouveau standing et, si possible, éviter de se faire peur, comme cela a été le cas face à Gloucester (29-26). "On est conscients de l’enjeu, l’excitation doit être au maximum", a promis Romain Sazy. "L’ambiance dans la salle m’a rappelé celle que je sentais à mon époque au Munster, a souligné Ronan O’Gara en début de semaine. Les gars sont stimulés, il y a plus d’énergie, on a hâte d’y être." Ils ne sont pas les seuls.
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