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Champions Cup - L’antisèche de La Rochelle - Exeter : la masterclass du champion
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Publié 30/04/2023 à 19:18 GMT+2
Le Stade rochelais a brillamment remporté sa demi-finale de Champions Cup ce dimanche contre Exeter (47-28). Capable d’imposer un rythme d’enfer tout en conservant la puissance qui le caractérise, il n’a fait qu’une bouchée du vainqueur de l’édition 2020 dans un Matmut Atlantique de Bordeaux incandescent. Son niveau actuel laisse présager le meilleur pour la fin de saison palpitante qui l’attend.
Les Rochelais ont réussi un très grand match contre Exeter
Crédit: Getty Images
Le jeu : quelle démonstration !
Il y a des jours comme ça où tout vous réussit. Ce dimanche était un de ceux-là pour le Stade rochelais, qui, mis à part l’entame et un premier essai encaissé (7e) a tout fait bien pour s’adjuger cette demi-finale. Devant, le pack rochelais a concassé celui des Chiefs, notamment en mêlée fermée, mais a su aussi mettre énormément de volume avec des passes redoublées pour faire exploser les Anglais.
Contraint de terminer la première période à quatorze, suite au carton jaune écopé par son talonneur Frost (31e), Exeter a, comme Toulouse la veille au Leinster, perdu pied en infériorité numérique avec un troisième et un quatrième essai encaissés d’Alldritt (32e) et de Kerr-Barlow (39e) qui ont réduit à presque rien ses chances de retour.
À 40-7 après un quart d’heure en seconde période, le manager rochelais Ronan O’Gara s’est permis de faire souffler ses gladiateurs, ce qui a expliqué en partie les points encaissés en seconde période (21). Pas de quoi toutefois remettre en question la victoire nette et sans bavure du champion d’Europe.
Les joueurs : un pack rochelais cinq étoiles, Seuteni magicien
Difficile de trouver un Rochelais du XV de départ n’ayant pas brillé dimanche, si ce n’est Levani Botia, sorti prématurément sur commotion. Son remplaçant Paul Boudehent s’est d’ailleurs mis au diapason d’un paquet d’avants qui a roulé sur Exeter. Mieux, il a aussi apporté dans le jeu courant à l’image d’un Redi Wardi virevoltant ou d’un Pierre Bourgarit capable de marquer (53e), de faire marquer (68e) et même d’être à l’origine du cinquième essai rochelais avec un jeu au pied rasant (52e).
Skelton et Atonio ont pesé de tout leur poids tandis qu’Alldritt a mis son équipe dans une avancée constante et inscrit un essai (32e). Derrière, c’était pas mal non plus avec un Ulupano Seuteni sur un nuage, à la fois insaisissable et génial, comme sur une immense sautée pour Teddy Thomas à l’origine du dernier essai des siens (68e) et élu homme du match.
À l’animation, Antoine Hastoy a aussi été brillant et juste au pied (6/7) tandis que son partenaire à la charnière Tawera Kerr-Barlow, illisible pour la défense anglaise, s’est offert un doublé (39e, 68e).
L’action : l’essai "à la toulousaine" conclu par Kerr Barlow
La Rochelle a mis fin aux espoirs d’Exeter juste avant la pause sur une action magistrale. Sur une mêlée anodine dans le camp rochelais, Hastoy accélère et met sur orbite Favre qui franchit, bien relayé par Sazy. S’en suit une succession de passes sur un pas qui donne le tournis aux Anglais. Servi, Wardi profite d’une montée en pointe adverse, prend un intervalle et met un peu plus encore son équipe dans l’avancée.
Seuteni ramasse le ballon et arrive, par un tour de magie assez déroutant, à libérer son bras pour donner à Bourgarit malgré une prise serrée du deuxième ligne Kirsten. Le talonneur fixe et donne à hauteur pour Kerr-Barlow, qui n’a plus qu’à conclure cette séquence digne d’un jeu vidéo.
La stat’ : 47
Soit le nombre de points des Rochelais, qui ont battu le record de points inscrits par une équipe à ce stade de la compétition. Un record qui était jusque-là détenu par les Saracens, qui avaient écrasé Clermont en 2014 (46-6).
La décla : Grégory Alldritt (troisième ligne de La Rochelle, sur France 2)
La question : Est-ce le meilleur match de la Rochelle depuis le début de la saison ?
Qu’il semble loin ce huitième de finale de piètre qualité arraché au forceps contre une pauvre équipe de Gloucester (29-26). Face à un adversaire certes seulement sixième de son championnat mais tout de même sérieusement armé et qui avait fait de cette compétition son ultime défi avant le départ massif de ses meilleurs joueurs, La Rochelle ne s’est pas contentée d’appuyer uniquement sur la puissance de ses poids lourds.
Elle a produit un grand rugby, alliant à la perfection jeu de pénétration et jeu de mouvement avec des séquences d’une rare qualité. Avec un tel niveau de jeu, l’adversaire aurait pu s’appeler les Saracens, Toulouse ou le Leinster qu’il aurait très certainement pris l’eau de la même manière, tant les vagues rochelaises, maîtrisées et bénéficiant d’une réussite maximale, semblaient presque impossibles à enrayer. La qualité était déjà au rendez-vous au tour précédent contre les Sarries (24-10) et le curseur est encore monté d’un cran dimanche.
Interrogé par France 2, Grégory Alldritt a pourtant assuré qu’il restait encore des éléments à corriger pour la finale. Si les Maritimes peuvent faire encore mieux que ce qu’ils ont produit contre les Chiefs, on souhaite bien du courage au Leinster, même dans son jardin de l’Aviva Stadium.
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