Champions Cup - Maître du sol, Levani Botia a écoeuré les Saracens

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CHAMPIONS CUP – Le Stade rochelais s’est imposé en patron ce dimanche en quart de finale contre les Saracens (24-10). Élu homme du match, son flanker Levani Botia a été un des grands artisans de ce succès plein de maîtrise. Incroyablement efficace au sol et dans les zones d’affrontement, le Fidjien a livré pendant une heure une prestation titanesque.

"Skelton, on dirait un père avec ses mômes sur la plage"

Video credit: Eurosport

Comme la plupart des Fidjiens, Levani Botia n’aime pas vraiment tirer la couverture sur lui. Invité à s’exprimer au micro de France 2, le numéro 7 rochelais ne s’est pas épanché sur sa performance individuelle, préférant louer le travail collectif. Son coéquipier Jonathan Danty, interrogé peu après par le co-diffuseur BeIN Sports, s’en est donc chargé pour lui. "Leps a été incroyable" a-t-il glissé très spontanément sans qu’on lui pose de question spécifique sur son partenaire. Même chose pour le co-entraîneur des avants Romain Carmignani, qui a évoqué un "monstre" après la rencontre. Parce que le match du chouchou de Marcel-Deflandre ne peut être dissocié du résultat final.
Ce dimanche, Botia a tout simplement crevé l’écran. Pas en traversant le terrain, comme il a pu le faire en d’autres temps contre d’autres équipes, à une époque pas si lointaine où il évoluait dans la ligne de trois-quarts. C’est surtout son activité défensive XXL qui l’a distingué de tous les autres joueurs de ce quart de finale, avec une capacité à coffrer tout Sarry qui se présentait dans sa zone.
En l’espace de cinq minutes en première période, c’est pas moins de trois pénalités qu’il a réussies à glaner au conteste : la première dans le camp anglais qui a offert une munition à son buteur Antoine Hastoy (23e), les deux suivantes dans ses 22 mètres (25e, 28e), histoire de casser toutes velléités de réaction des partenaires d’Owen Farrell. Toujours réactif, précis et dans le bon tempo pour venir bonifier le travail des Will Skelton, Jonathan Danty et autres lames rochelaises.

Standing ovation de Marcel-Deflandre à sa sortie

Pas rassasié, Botia a poursuivi son entreprise de démolition du mental des Saracens en début de seconde période, en récupérant une quatrième pénalité au grattage, après avoir plaqué lui-même l’attaquant anglais (44e). Le genre de tâche qui, réalisée avec autant de conviction et d’efficacité, sort de l’ombre pour faire se lever les connaisseurs. Mais Deflandre n’avait pas encore fini d’acclamer son fidèle fidjien, au club depuis 2014. Après avoir écœuré les Sarries dans le jeu au sol, il a terminé de les enfoncer en montrant sa classe balle en main pour prendre un intervalle, mettre Farrell dans le vent avec une feinte de passe et offrir l’essai de K.O à son demi de mêlée Tawera Kerr-Barlow (59e). "Levani a été énorme ce soir, il nous a sauvés beaucoup de fois lorsqu'on reculait, a d'ailleurs commenté le Neo-Zélandais en zone mixte. Sur mon deuxième essai, il fait tout le travail et j'ai juste à aplatir".
Le dernier fait d’arme du vieux guerrier de 34 ans, qui sortait du terrain trois minutes plus tard sous une standing ovation de son public, avec des "Botia, Botia…" accompagnant chacun de ses pas. Une sortie digne d’un grand pour un joueur qui s’est révélé gigantesque dans ce quart de finale, au point d'être à la fois le meilleur défenseur et le Rochelais ayant parcouru le plus de mètres ballon en main (39). À ce niveau, il sera une arme de choix pour les Maritimes dans leur conquête d’un deuxième sacre européen d’affilée.
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