Munster, en avant toute

Le Munster, qui a forgé son identité sur la tradition de puissance de ses avants, bénéficie d'un soutien populaire véhiculant une folle passion et peut se targuer d'être constant au plus haut niveau. La finale de la Coupe d'Europe samedi ne sera vraiment

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Crédit: Eurosport

A Cork et Limerick, les deux villes d'Irlande autour desquelles s'articule le Munster, les héros sont les avants, depuis la nuit des temps. Depuis qu'en 1876, les soldats de l'armée britannique basés dans la région y ont introduit le rugby. D'extraction ouvrière ou paysanne, les "Munstermen", aussi habillés du surnom de "muck savages" (sales sauvages), sont réputés pour leur rudesse. Des hommes forts, fidèles à leurs couleurs, qui n'ont qu'une croyance: la victoire, quel qu'en soit le prix.
Armée rouge
"J'ai grandi en regardant le Munster jouer et j'ai vu des équipes démolies 6-3. A l'époque, c'était ce dont vous aviez besoin. La performance n'importe pas. Nous voulons gagner cette Coupe" , assène le capitaine Anthony Foley, qui précise que le Munster "était prêt à se couper le bras droit" pour aller en finale à Cardiff. Foley, 32 ans, a joué en demi-finales son 75e match de Coupe d'Europe, un record. A l'occasion de ce match face à la province rivale du Leinster, qui a secoué toute l'Irlande, le Munster a étalé la force brute de son pack, tourmenteur des élégants Dublinois (30-6).
Le Munster bénéficie aussi du soutien indéfectible de la "Red Army", ses bataillons de supporteurs qui vont inonder le Millennium Stadium de Cardiff de ses couleurs rouges. Indice de cet enthousiasme, les Irlandais sont allés jusqu'au Pays Basque s'approprier des billets, laissant à Biarritz quelque 4000 places. "Nous sommes conscients du rôle qu'ils jouent pour l'équipe et eux-mêmes le réalisent, estime le deuxième ligne Paul O'Connell. Les voir se rendre au Royaume-Uni ou en France, puiser au fond de leurs poches pour nous supporter, ça a un effet fantastique."
Des jeunes expérimentés
"Cela vous met sous la pression du résultat quand vous voyez les sacrifices qu'ils ont faits, mais c'est une bonne pression, affirme-t-il. Cela nous fait mieux jouer quand nous les entendons chanter." Appuyé sur ce peuple rouge, le Munster est animé d'une rare force de conviction, persuadé que son heure est enfin arrivée. La province est sans conteste la meilleure des équipes à n'avoir jamais remporté la Coupe d'Europe.
Sur les sept éditions précédentes, elle a perdu deux quarts de finale, trois demi-finales et deux finales: en 2000 face à Northampton à Twickenham (8-9) et en 2002 face à Leicester (15-9) au Millennium. Le Munster, assez jeune mais expérimenté -avec six possibles titulaires à avoir joué les deux précédentes finales-, a le sentiment que les batailles passées perdues l'ont préparé à cette victoire finale. "Oubliez la destinée. Il s'agit de jouer bien et de gagner un match de rugby le jour-J", prévient tout de même le sage O'Connell.
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