L'antisèche de la petite finale de la Coupe du monde 2023 : "Moribronze" Angleterre

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Le XV de la Rose s'est invité sur le podium de la Coupe du monde, en battant l'Argentine 26-23 ce vendredi au Stade de France. L'Angleterre fait une drôle de troisième nation mondiale, par le prisme du grand événement de l'année, tant elle a souffert en 2023. Son visage n'a pas diamétralement changé en quelques mois. Des doutes subsistent ainsi quant à sa capacité à capitaliser sur ce résultat.

Manu Tuilagi et Owen Farrell | L'Angleterre est 3e de la Coupe du monde 2023

Crédit: Getty Images

Le jeu : pas emballant, pas si terne

Le début de match, façon ping-pong rugby, nous a fait craindre un remake de la demi-finale entre l'Angleterre et l'Afrique du Sud, pauvre en termes de spectacle. Mais le XV de la Rose n'a pas été aussi rébarbatif que la semaine passée, dans des conditions plus clémentes vendredi soir au Stade de France, comme la titularisation de Marcus Smith le laissait entendre et comme l'essai bien construit inscrit par Ben Earl l'a illustré.
Sans tomber dans l'excès, les hommes de Steve Borthwick ont tout de même tenté de cadenasser cette petite finale de la Coupe du monde, face à des Pumas quant à eux enclins à emballer la partie. Les Argentins ont cru y parvenir, autour de la mi-temps, mais leurs rivaux ont rétabli la situation en un clin d'œil (voir le facteur X) avant de souffrir jusqu'au bout pour remporter 26-23 cette rencontre d’un niveau technique moyen.
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Owen Farrell lors du match pour la 3e place de la Coupe du monde de rugby 2023 entre l'Argentine et l'Angleterre

Crédit: Getty Images

Les joueurs : Underhill infatigable, Kremer imprécis

Désigné homme du match, Sam Underhill a été d'une activité défensive redoutable (24 plaquages), tandis qu'Earl, l'un de ses compères de la troisième ligne, a été efficace offensivement. Le capitaine anglais Owen Farrell, à 100% face aux perches, a inscrit 16 des 26 points de son équipe.
L'Argentin Mateo Carreras, auteur d'une percussion spectaculaire sur Smith, a parcouru 93 mètres ballon en main (plus grand total du match). Son coéquipier Marcos Kremer a commis plusieurs en-avants et n'a pas été très efficace dans sa débauche d'énergie ceci-dit notable (18 plaquages).
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La joie des Anglais après un essai de Theo Dan lors du match pour la 3e place de la Coupe du monde de rugby 2023 entre l'Argentine et l'Angleterre

Crédit: Getty Images

Le facteur X : 2 essais en 2 minutes

L'Argentine n'a mené que pendant quelques secondes, durant ce match. Le temps pour Theo Dan de réparer son erreur. Le talonneur anglais venait de laisser s'échapper Santiago Carreras (42e, 16-17) quand il a contré ce même n°10 des Pumas pour faire repasser les siens devant (44e, 23-17). Le rôle de héros du jour a navigué entre ces deux joueurs en l'espace de deux minutes.

L'image : l'envol de Gonzalez

Le contre en touche spectaculaire de l'alignement argentin, avec un Juan Martin Gonzalez jeté par ses "lifteurs".

La stat' : 1

L'Angleterre, lauréate de l'épreuve en 2003 et finaliste perdante à trois reprises, termine troisième de la Coupe du monde pour la première fois.

L'action

Une attaque en première main des Argentins aurait pu emmener tout le monde en prolongation. Mais Nicolas Sanchez, parfait dans sa course et sa transmission, lors d'une inversion sur mêlée qui a permis de décaler Mateo Carreras, n'a pas réussi la pénalité de l'égalisation, dans un angle fermé depuis le côté gauche (75e).

La décla'

La question : l'Angleterre peut-elle regarder l'avenir sereinement ?

Le XV de la Rose a donc réussi à grimper sur le podium de la Coupe du monde 2023, dans un Stade de France quasiment rempli pour cette pénultième joute, mais aux deux tiers vide lors de la cérémonie d'après-match. Un tel résultat est miraculeux, eu égard à ce que cette Angleterre moribonde dans des proportions historiques a réalisé cette année. Mais il est plutôt logique, si l'on s'en tient à la relative maîtrise dégagée par Farrell and co. face à des Argentins moins bien organisés, qu'ils ont qui plus est battus deux fois dans la compétition.
Les Anglais ont gagné tous les matches qu'ils "devaient" gagner et perdu celui qu'ils "devaient" perdre. Ils ont un certain mérite à avoir ainsi profité d'un tableau favorable, pour décrocher une troisième place qui ne traduit pas leur rang dans la hiérarchie mondiale. Le rugby qu'ils ont proposé n'a en revanche rien eu d'enthousiasmant. Il est trop tôt pour se montrer sévère sur le jeu développé par Steve Borthwick, dont c’est l'année 1 en tant que boss. Mais il est sans doute trop tôt, aussi, pour considérer que l'opération redressement du rugby anglais est en bonne voie.
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A quoi faut-il s'attendre en finale ? "Ça ne va pas se gagner sur une chistera"

Video credit: Eurosport

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