L'antisèche de France – Japon (52-12) : pas encore une révolution, mais ces Bleus ont plus d'allure
Mis à jour 10/11/2024 à 08:09 GMT+1
Le XV de France a fait sa rentrée avec une prestation réussie contre le Japon (52-12) pour le premier match des Autumn Nations Series samedi au Stade de France. Les joueurs de Fabien Galthié ont proposé davantage de jeu que lors du poussif dernier tournoi des 6 nations. C'est autant le signe d'une attaque en évolution qu'une adversité assez faible rencontrée au Stade de France.
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Video credit: Eurosport
Par Loris Belin
Le jeu : une démonstration pour commencer, une gestion pour assurer
Le XV de France avait des fourmis dans les pattes pour sa rentrée. Il ne lui a fallu que trois minutes avant de trouver la faille une première fois, par l'opportunisme de Louis Bielle-Biarrey. La suite de la première période peut se résumer en un cavalier seul, avec des Bleus constamment à l'offensive à l'image de Bielle-Biarrey déchaîné. Cinq essais, 31-0 et à peine une frayeur pour un essai finalement refusé, il fallait être perfectionniste pour vraiment faire la fine bouche.
Les rotations au retour des vestiaires ont un peu déréglé la belle machine, moins précise, moins soignée. Le Japon en a un peu plus profité, avec deux essais à la clé. De quoi travailler ces prochains jours avant d'affronter la Nouvelle-Zélande, qui ne se privera pas de sanctionner le moindre répit. Mais pas de quoi non plus bouder un peu de plaisir avec huit essais, plus de 50 points inscrits, et un retour au Stade de France réussi.
Les joueurs : Bielle-Biarrey était partout, Dupont est monté en puissance
Sans son finisseur numéro un Damian Penaud, absent de dernière minute, Louis Bielle-Biarrey a bien pris le relais, notamment en première période. L'ailier de Bordeaux-Bègles est impliqué sur les quatre premiers essais tricolores, avec un doublé. Très attendu, Antoine Dupont a très globalement répondu présent, avec son habituelle vista (en témoigne sa touche de filou avec Peato Mauvaka, voir l'action), et une confiance qui a semblé grandir au fil des minutes.
Devant, Mauvaka et Jean-Baptiste Gros (39 plaquages à eux deux) ont été très solides, appuyant sur leur avantage physique et athlétique. Thibaud Flament sorti dès la demi-heure, Paul Boudehent a inscrit deux essais en sortie de banc. Grégory Aldritt et Léo Barré ont été moins en vue dans leur rôle respectif.
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Louis Bielle-Biarrey pendant France-Japon, le 9 novembre 2024.
Crédit: Getty Images
L'action : le une-deux Dupont – Mauvaka pour le cinquième essai français
On attendait d'Antoine Dupont qu'il amène un peu de folie, voire sa petite étincelle de génie, qui a souvent manqué au XV de France ces derniers mois. On ne sait pas si c'est son rôle élargi lors de son passage avec l'équipe de France de rugby à 7 qui a inspiré le Toulousain. Mais son action avec son coéquipier Peato Mauvaka, une touche jouée vite par le talonneur et une remise immédiate de Dupont placé en premier joueur dans l'alignement a fait se lever le Stade de France. L'écart était déjà fait, il ne manquait plus qu'une petite touche de spectacle made in Dupont.
La stat' : 235
Comme le nombre de plaquages réalisés par le XV de France (pour 89% de réussite), symbole d'une activité défensive toujours bien présente pour les hommes de Fabien Galthié. Contre des Japonais qui ont enchaîné comme à leur habitude les temps de jeu ballon en main, les Bleus n'ont quasiment jamais faibli.
La décla' : Louis Bielle-Biarey, sur TF1
On s'est un peu fait reprendre à la mi-temps par Fabien parce qu'on n'arrivait pas à bien tenir le ballon et qu'on était trop précipité. On sait que c'était le Japon, on les respecte beaucoup, mais on est l'équipe de France et on se doit d'être plus sérieux sur certaines phases de jeu.
La question : l'attaque des Bleus a-t-elle entamé sa métamorphose ?
Cela remonte maintenant à plusieurs mois, et des souvenirs un peu effacés par l'or olympique du 7 ou le sacre européen du Stade Toulousain. Mais il n'y a pas si longtemps que ça, le XV de France sortait très péniblement deuxième d'un tournoi des 6 nations peu convaincant. Ce samedi contre le Japon, Fabien Galthié a voulu poser leurs premières pierres de ce que doit être l'avenir des Bleus avec pour grande échéance le Mondial 2027.
Le jeu de dépossession, si cher au sélectionneur des Bleus, a été un peu mis au placard. Oui, les Français ont vite passé la vitesse supérieure avec trois premiers essais suite à des ballons mal exploités par l'adversaire. Mais l'intention était davantage d'accepter le ballon et la construction, comme Bielle-Biarrey et Galthié l'ont évoqué en après match, et surtout de jouer vite, sans laisser de temps faible aux Japonais. Ce, jusqu'en touche, avec des alignements raccourcis comme sur l'essai de Peato Mauvaka et Antoine Dupont.
Le retour du numéro neuf français comme maestro aide à lui seul à la création. Mais ce XV de France a été globalement entreprenant, que ce soit avec le ballon face au jeu ou à chercher les espaces dans le dos de la défense. On a même vu des dézonages de Bielle-Biarrey passer de gauche à droite du terrain avec une liberté rare dans l'ère Galthié. L'échantillon est encore maigre mais toute promesse est bonne à prendre après un an de vache maigre.
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