Championnat des nations | Australie-France I Fabien Galthié : "Les joueurs, ce n'est pas de la PlayStation !"

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Contre les Wallabies australiens samedi, pour la deuxième journée du Championnat des nations, "ce ne sera toujours pas l'équipe de France", a insisté le sélectionneur Fabien Galthié jeudi, évoquant les nombreux joueurs absents.

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Video credit: Eurosport

Avec l'intégration des finalistes du Top 14, serez-vous compétitifs ?
Fabien Galthié : Si on revient sur le match en Nouvelle-Zélande (ndlr : défaite 34-32), on avait quatre joueurs qui avaient gagné le tournoi, donc une expérience collective assez faible. (...) Et là, je suis désolé, mais ce n'est toujours pas l'équipe de France. Il y a une dizaine de joueurs voire plus qui sont restés en France et qui ont gagné le tournoi. On est la seule équipe dans cette compétition à se préparer de cette manière-là, mais ça ne nous dérange pas, on a l'habitude.
Comment a été bâti ce XV de France ?
F.G : Le premier enjeu, c'est d'intégrer les nouveaux. Il y a deux nouveaux capés (NDLR: le pilier gauche parisien Moses Alo-Emile et l'ailier palois Aaron Grandidier-Nkanang). Et qui dit nouveau capé, dit pas d'expérience à ce niveau-là. Deuxième enjeu, intégrer les finalistes. C'est vrai, il y a beaucoup de changements. Ce n'est jamais très bon. Mais ce challenge d'intégration, c'est un challenge assumé, on n'amène pas ces joueurs au bout du monde si on ne les fait pas jouer. Avec le Montpelliérain Lenni Nouchi par exemple, c'est une troisième ligne qui se reconstruit, qui était la troisième ligne championne du monde des moins de 20 ans en 2023 (avec Jegou et Gazzotti). Mais ils n'ont quasiment jamais joué ensemble avec nous.
Huitièmes mondiaux, les Australiens sont sur cinq défaites d'affilée. Mais faut-il se méfier ?
F.G : La France a seulement battu quatre fois l'Australie en Australie, hors Coupe du monde (ndlr : victoire en demi-finale lors du premier Mondial en 1987). Donc le challenge est loin d'être facile, ça n'est pas une banalité. Avec eux c'est du 'on-off'. Ils sont capables de gagner n'importe qui (ndlr : victoire 38-22 chez les Springboks en 2025 après avoir été menés 22-0). Par moments, ils imposent leur rugby, de vitesse et de puissance. Et puis des moments d'inconsistance. Une équipe sur courant alternatif. Mais lorsqu'ils sont bons, on retrouve l'origine des deux titres de champions du monde qu'ils ont en magasin !
Je peux être fier de la France et de l'équipe de France
Pourquoi un banc en 6-2 ?
F.G : Contre les Blacks, on était en 5-3 et ça s'est plutôt bien déroulé. Il nous a juste manqué deux points, qu'on a perdus un peu partout ou qu'on n'a pas pris un peu partout. Là, le 6-2 est intéressant parce qu'on a vraiment un cinq de devant qui peut matcher immédiatement. Et on a trois joueurs polyvalents sur la feuille de match. Mathieu (Jalibert) peut passer à l'ouverture. Kalvin (Gourgues) peut couvrir du 11 au 14. Et Oscar (Jegou) peut descendre au centre.
Et c'est donc enfin le retour de Tatafu, en pilier droit remplaçant ?
F.G : Tevita c'est un joueur sur lequel on a investi beaucoup de temps depuis deux ans, avec notre savoir-faire. À un moment, il faut penser qu'on connaît un peu le rugby. On identifie un potentiel chez certains joueurs. Et il semblerait que ce joueur ait un potentiel, qu'il a déjà exprimé avec Bayonne avant de rentrer dans ce cycle de deux années de blessures. Ça s'est arrêté à la huitième minute face au All Blacks en novembre 2024. Depuis, il a enchaîné les blessures sur cette jambe. Mais là, il semble bien, sur un plan physiologique, sur un plan psychologique aussi. Les joueurs, ce n'est pas de la PlayStation !
Tevita Tatafu, d'origine tongienne, Emmanuel Meafou, Moses Alo-Emile et Tom Staniforth, auraient pu jouer pour l'Australie ?
F.G : Je peux être fier de la France et de l'équipe de France parce que notre République accueille du monde et intègre bien. Le discours de Tom (après sa première cape en Nouvelle-Zélande) nous a touchés, on peut être fiers et on peut être fiers de notre pays. On sait intégrer et on sait ouvrir des chemins à des gens qui cherchent leur propre voie, qui viennent du monde entier. Cette équipe, elle ressemble à notre République.
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