Procès Aramburu : Le Priol explique avoir tiré sur l'Argentin par "pur réflexe militaire"

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L'auteur des tirs mortels sur le rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, Loïk le Priol, a expliqué, ce lundi 21 septembre à la cour d'assises de Paris, avoir fait feu par "pur réflexe militaire" face à "un tabassage total".

Shaun Hegarty et Maria Aramburu, accompagnés de leurs avocats, arrivent au palais de justice pour l'ouverture du procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier.

Crédit: Getty Images

L'auteur des tirs mortels sur le rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, Loïk le Priol, a expliqué, ce lundi 21 septembre à la cour d'assises de Paris, avoir fait feu par "pur réflexe militaire" face à "un tabassage total". Interrogé sur cet épilogue sanglant, d'une querelle alcoolisée sur une terrasse parisienne le 19 mars 2022, cet ancien membre des forces spéciales de 32 ans, militant de l'ultradroite parisienne, n'a pas dévié d'un iota dans son discours.
Selon lui, il aurait été victime de "provocations" de l'ami de la victime, Shaun Hegarty, d'une "agression" de Federico Martin Aramburu, puis frappé, tirant finalement "jusqu'à ce que ça s'arrête". Son co-accusé, Romain Bouvier, est le premier à avoir tiré sur l'Argentin, boulevard Saint-Germain, où lui-même était parti à pied, à la recherche des rugbymen pour en découdre encore selon l'accusation.
"Là j'entends des détonations", explique Le Priol, qui raconte la scène et claque quatre fois des mains pour appuyer ses propos. "Ce n'est plus une altercation de bistrot", "ça me propulse", raconte-t-il ensuite. Le Priol explique ensuite avoir sprinté, pour retrouver Bouvier et sa petite amie, pas pour en découdre, affirme-t-il. Il "essaie de (se) ré-ancrer dans le réel", il est dans un "effet tunnel", a "le palpitant à 200", du "sang dans la bouche", raconte-t-il ensuite.

Il nie être d'extrême droite et raciste, malgré le contenu sur son téléphone

Le Priol explique être ensuite retombé sur les deux rugbymen. "Au moment où je les dépasse, je me fais percuter sur la gauche", prend "un énorme coup dans le visage", puis, "dans la seconde qui suit", sent un autre coup à l'arrière du crâne, un "tabassage total". Par "pur réflexe militaire, alors que je suis tenu par l'arrière", "je sors mon arme" et tire "jusqu'à ce que ça s'arrête", explique Le Priol sans jamais se départir de son assurance. Il n'évoque toutefois plus les deux tirs de sommation qu'il affirmait jusqu'alors avoir effectués.
Quand le président objecte, rappelle son penchant pour les armes ou l'alcool, Le Priol n'est jamais contrariant: "Vous avez totalement raison, monsieur le président", "On est d'accord", "J'assume", "C'est clair"... Il minimise toutefois son engagement d'ultradroite et nie être raciste. Y compris confronté aux images retrouvées dans son téléphone, comme des photos du "George Floyd Challenge", défi populaire dans les milieux suprémacistes blancs, consistant à rejouer la mort de cet Américain noir étouffé par un policier, ou ce photomontage montrant Marine Le Pen tenant une pancarte "Bon ramadan les bougnoules". Le Priol explique qu'il appartenait sur les réseaux sociaux à de nombreux groupes et qu'il ne cautionne pas ces images. Il encourt un verdict de perpétuité vendredi.
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