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"Deux balles dans le ventre" : au procès Aramburu, un coaccusé enfonce Bouvier
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Publié 18/09/2026 à 21:58 GMT+2
La défense de Romain Bouvier, l'un des deux principaux accusés dans le procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, a été mise à mal vendredi par un coaccusé, Antony Sorrentino, qui a expliqué pour la première fois que son ami lui avait avoué avoir "mis deux" balles "dans le ventre" du rugbyman.
Shaun Hegarty et Maria Aramburu, accompagnés de leurs avocats, arrivent au palais de justice pour l'ouverture du procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier.
Crédit: Getty Images
Antony Sorrentino a apporté vendredi de nouveaux éléments dans le procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu. Appartenant également à la mouvance d'ultradroite, il est jugé pour avoir aidé Romain Bouvier à entamer sa courte cavale et à se débarrasser de l'arme avec laquelle il avait fait feu le 19 mars 2022 en plein Paris.
Si les tirs mortels sont le fait de son coaccusé Loïk Le Priol, Bouvier est celui qui a tiré le premier et encourt également la perpétuité pour tentative d'assassinat. Il affirme n'avoir fait feu, sans viser, que pour se dégager et parce qu'il avait eu peur du rugbyman, avant de fuir sans savoir qu'il avait touché sa victime. Sur les six balles qui ont atteint Federico Martin Aramburu, deux ont effectivement été tirées par Bouvier.
Sorrentino a expliqué durant l'enquête avoir aidé son ami, le récupérant et le véhiculant après le crime, sans lui demander de détail sur les faits, estimant préférable de ne pas en avoir connaissance. Vendredi, souvent confus et fuyant devant la cour d'assises de Paris, il s'est d'abord tenu à cette version. Mais en fin d'interrogatoire, il a soudain lâché que lorsqu'il avait retrouvé Bouvier, celui-ci lui aurait dit : "Je lui en ai mis deux dans le ventre et deux à côté".
"Peur de reconstruire les faits"
Relancé par le président Franck Zientara, Sorrentino a tenté de relativiser sa déclaration : il a rechigné à la répéter, expliquant avoir "peur de reconstruire les faits" et de "réinventer" s'il continuait. Il a aussi estimé que cette phrase avait sans doute été prononcée le soir du 19, quand Bouvier avait pris connaissance des premiers récits de presse du crime et qu'il savait qu'Aramburu était mort, et non lors de leur première rencontre le matin.
Sentant le danger, Bouvier a demandé à prendre la parole devant la cour : "J'allais vous en parler", a-t-il assuré. Quand il dit cette phrase à son ami, il est "convaincu" d'être "le seul tireur" et donc d'être le responsable de la mort d'Aramburu, raconte Bouvier.
L'interrogatoire de Sorrentino, un proche de la mouvance catholique traditionaliste qui avait expliqué "détester" les armes, a commencé par la diffusion d'une vidéo où il s'exerce à l'arme de guerre sur des affiches électorales représentant des personnalités politiques. Cette scène s'est, selon lui, déroulée en Arménie où, a-t-il expliqué, il s'était rendu pour faire de "l'humanitaire" pendant le conflit contre l'Azerbaïdjan.
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