Procès Aramburu: "Panique totale", "maladresse" et "dissuasion", Bouvier assure avoir tiré sans intention de tuer

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Romain Bouvier, qui avait tiré en premier sur le rugbyman Federico Martin Aramburu en mars 2022, a tenté mardi de convaincre la cour d'assises de Paris qu'il avait fait feu sans intention de tuer, en état de "panique totale", dans un esprit de "dissuasion".

Shaun Hegarty et Maria Aramburu, accompagnés de leurs avocats, arrivent au palais de justice pour l'ouverture du procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier.

Crédit: Getty Images

Si les tirs mortels sont le fait de son coaccusé Loïk le Priol, Romain Bouvier, 35 ans, a tout de même lui aussi fait feu sur Federico Martin Aramburu. Il encourt un verdict de perpétuité pour tentative d'assassinat vendredi, mais ne reconnaît que des violences avec armes, passibles de cinq ans de prison.
"Je n'ai jamais voulu tuer M. Aramburu", assure Romain Bouvier, un passionné d'armes appartenant à la mouvance de l'ultradroite parisienne et qui a rappelé que cela fait quatre ans qu'il s'en tient à cette version. "A un moment, c'est trop, cet acharnement !" a-t-il notamment signifié.

Quatre coups de feu, justifiés par "une intention de dissuasion"

Après une bagarre dans une brasserie parisienne, il avait embarqué dans une Jeep conduite par la compagne de Loïk Le Priol, non pour en découdre encore avec Aramburu et son ami Shaun Hegarty, mais pour récupérer Le Priol qu'il pensait en danger, explique-t-il. Il est alors convaincu que son ami, parti seul à pied dans la même direction que les rugbymen, "est en train de se faire massacrer par deux Golgoths". "Si je monte dans cette voiture, ce n'est pas pour faire le mal, c'est pour faire le bien", affirme ainsi Bouvier.
Il descend de la Jeep et sort son revolver face à Federico Martin Aramburu, avant de faire feu à quatre reprises en quatre secondes, soit l'intégralité de son chargeur. "Cela ne marque pas une intention homicide ?", s'interroge le président Franck Zientara. "Absolument pas. C'est le contraire même. Il y a une intention de dissuasion", répond Bouvier, qui assure ne pas avoir visé, avoir voulu effectuer des "tirs de dissuasion" vers le sol, parce qu'il était "dingue de peur", en proie à "une panique totale".

Il a touché la victime "sans le vouloir"

C'était comme une "injection de peur haute intensité en intraveineuse", dit-il dans une relation minutieuse de ses souvenirs, avant que son avocat ne lui demande de faire plus court. Les images de vidéosurveillance diffusées montrent pourtant qu'Aramburu recule nettement dès le premier tir puis continue lors des trois suivants, tandis que Bouvier a le bras tendu.
Bouvier réplique qu'il ne se rendait pas compte du recul de la victime, invoquant un "effet tunnel", comme Le Priol la veille. Il explique la position de son bras en assurant qu'il avait cassé le poignet pour orienter le canon vers le sol. S'il a touché Aramburu, c'est "sans le vouloir", une "maladresse totale de (sa) part". Lundi, Loïk Le Priol expliquait quant à lui avoir tiré par pur réflexe militaire.
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