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Le blues d'Imanol
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Publié 24/02/2003 à 09:15 GMT+1
La victoire du XV de France face à l'Ecosse (38-3), dimanche au Stade de France, avait un léger goût d'amertume pour le troisième ligne centre Imanol Harinordoquy, mécontent de son rendement en mêlée.
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La victoire du XV de France face à l'Ecosse (38-3), dimanche au Stade de France, avait un léger goût d'amertume pour le troisième ligne centre Imanol Harinordoquy, mécontent de son rendement en mêlée.
La moindre des choses
"En mêlée, si on fait la moyenne des ballons que j'ai eu à négocier, je pense que je n'ai pas l'examen", avouait Harinordoquy, visage fermé après le match, en référence notamment à quatre pertes de balles sur des mêlées françaises. "On s'est fait un peu 'embrouiller' par les Ecossais", soulignait le jeune Basque, qui a fêté ses 23 ans la semaine dernière et ne se montrait "pas vraiment content de (sa) prestation" pour sa 10e sélection en Bleu.
"C'est quand même un paradoxe de se faire contrer en mêlée par les avants écossais, alors que ce n'est pas leur point fort, et de les dominer en touche", expliquait le joueur, remplacé par Sébastien Chabal à la 74e minute.
Manipulation
Une analyse partagée par le capitaine et demi de mêlée du XV de France Fabien Galthié: "Techniquement, les Ecossais ont bien manipulé notre mêlée". "A un moment, ils ont tourné la mêlée alors que le ballon était encore dans les pieds des deuxièmes lignes. Une autre fois, un Ecossais a plongé dans mes pieds alors que j'avais les épaules collées", racontait le joueur de la Section paloise, revenant sur la cause de ses tourments d'après-match.
"C'est difficile de faire le tri dans ces cas-là. C'est frustrant et ça met de la nervosité, glissait-il, visiblement marqué. Je ne sais pas si c'était intentionnel de leur part mais, en tout cas, ils ont bien joué le coup."
"Tout seul"
"Sur une autre mêlée, on a demandé une (combinaison) 8-9 mais Fabien (Galthié) était déjà parti alors que le ballon n'était pas encore sorti, poursuivait-il encore. Et puis il y a ce ballon que je cafouille tout seul. L'an dernier aussi, j'ai cafouillé des ballons dans les pieds, mais c'était un manque de confiance." "Je me sentais tout seul", avouait-il pudiquement, avant d'évoquer des problèmes de "communication et de réactivité".
Harinordoquy estimait néanmoins qu'il n'avait pas failli seul. "Je pense que c'est aussi un problème collectif. Quand on manque de lucidité sur les mêlées, ça fait des munitions en moins", jugeait-il. A l'instar de certains de ses coéquipiers, le N.8 (1 essai en sélection depuis ses débuts en février 2002) ne cherchait d'ailleurs pas à louer la prestation du XV de France.
Malgré un score large et un écart de 35 points, le Basque, perfectionniste et lucide, analysait ainsi: "Il n'y a pas eu beaucoup d'actions où l'on a fait ce qu'on voulait faire. En fait, nous n'avons pas produit le jeu structuré qu'on ambitionnait. On a couru dans tous les sens." Ce que Bernard Laporte résumait d'une autre façon: "On a peut-être voulu trop en faire par moments".
Malgré tout, le jeune homme de Donibane-Garazi (Pyrénées-Atlantiques) pouvait se rassurer avec une nouvelle performance remarquable dans les airs. "En touche, là ça s'est bien passé !", assurait-il.
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