Eurosport
"Agréable à coacher"
Par
Publié 20/03/2006 à 12:05 GMT+1
L'entraîneur Bernard Laporte émet quelques réserves sur le bilan qu'il juge "positif" du XV de France, vainqueur final de l'édition 2006 du Tournoi des six nations. A l'heure d'un premier bilan et avant de se projeter vers la Coupe du monde, le coach se f
Eurosport
Crédit: Eurosport
Comment jugez-vous le classement final du Tournoi ?
Bernard Laporte: C'est étonnant de trouver les Anglais à ce niveau-là. Mais ils ont deux ou trois joueurs clés qui se sont troués, à des postes importants. Et puis, la machine s'est grippée. Ensuite, quand on a la peste, c'est difficile de s'en débarrasser. Quand je vois que c'est un joueur comme Ben Cohen qui fait deux erreurs qui cotent deux essais face aux Irlandais, c'est affolant ! Ils sont dans une phase difficile, mais ils vont rebondir. Je ne me fais pas de soucis pour eux !
Quel bilan tirez-vous du Tournoi du XV de France ?
B.L: On voulait gagner. C'est chose faite. Le bilan est donc positif, mais comme dans toute série de matches, il y a des choses qui ont bien fonctionné, et d'autres moins bien. Ce qui est bien, c'est que nous avons marqué beaucoup d'essais, que nous avons eu envie de jouer, de créer, de tenir le ballon.
Quels sont les secteurs que vous estimez perfectibles ?
B.L: Par moments, on a bien su tenir le ballon, et moins bien à d'autres. Idem pour le jeu au pied ou la défense. Nous n'avons pas été bons sur le contre en touche. Mais tout cela, c'est le lot de toutes les équipes. Les techniciens veulent que leurs équipes soient toujours performantes dans tous les domaines, mais l'homme n'est pas à l'abri des faire des erreurs.
Avez-vous eu l'impression d'avancer pendant ce Tournoi ?
B.L: Oui, j'ai l'impression que nous avons avancé sportivement et individuellement. Des garçons ont avancé. Comme Frédéric Michalak, qui a beaucoup appris, pas spécifiquement sur le jeu, mais sur tout l'environnement. Jusque-là, c'était le petit protégé du rugby français. Il était épargné. Et là, depuis la seconde période face à l'Italie, on sent qu'il a grandi. Il a retrouvé la confiance. Il a mûri.
Et les autres satisfactions sur le plan individuel ?
B.L: Il y a Florian (Fritz) mais il s'était déjà imposé en novembre. Damien Traille a fait un bon retour. Dimitri Yachvili a été bon contre l'Angleterre, moins au pays de Galles. Mais surtout, cette équipe a été agréable à coacher, comme toutes celles que j'ai eu la chance d'entraîner depuis novembre 2001. Les joueurs vivent bien ensemble. Je suis convaincu que c'est grâce à cela qu'il n'y a pas eu d'explosion à un moment donné.
Vous sortez du Tournoi avec les mêmes problèmes en terme d'effectif, et notamment dans votre recherche d'un quatrième pilier et d'un deuxième demi d'ouverture...
B.L: Oui, mais la tournée du mois de juin va nous servir à cela. Beaucoup des joueurs qui ont participé au Tournoi n'y seront pas. Cela donnera des opportunités à d'autres. Ce sera une tournée mi-expérimentale. On veut revoir certains joueurs, comme Betsen, Harinordoquy, Martin ou Dusautoir, que l'on veut voir. Au niveau des piliers, on va s'intéresser à Poux, Forestier, Mas et Montes. Et puis qui comme troisième demi de mêlée ? Mignoni ou un autre ? Qui comme deuxième ouvreur ? Il y a Benjamin Boyet, bien sr, mais on me parle de Beauxis. Je pensais à Benoît Baby, mais il faudra qu'il rejoue.
Au-delà de cette tournée se profilent les deux tests-matches face aux All Blacks en novembre. Comment les appréhendez-vous ?
B.L: Depuis trois ans, nous avons gagné treize de nos quinze matches du Tournoi, mais nous savons que nous avons des lacunes. Les All Blacks, ils ont les meilleurs joueurs du monde. Alors c'est pour cette raison que nous faisons passer le message qu'il faut travailler physiquement, techniquement, pour progresser qui sur sapasse, qui sur son jeu au pied. Parce que ce sont les hommes qui font les équipes, et non l'inverse.
D'ici la Coupe du monde, comment envisagez-vous de gérer le cas des trentenaires ?
B.L: La Coupe du monde, c'est leur objectif final, mais il faudra en accompagner certains, sinon ils vont vivre des saisons très difficiles. Il faudra des grosses phases de récupération et de préparation. Il y a un équilibre à trouver. Il y a des négociations (FFR-LNR-Provale), ce n'est pas moi qui les mène. Le rugby français, ce n'est pas que l'équipe de France. C'est aussi les clubs. C'est ensemble qu'ils doivent trouver les solutions.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité