Test-match - Paul Willemse : l’heure de passer la seconde

Déjà titulaire contre les Fidji (34-17), Paul Willemse rempile dimanche dans le XV de départ de l’équipe de France. L’occasion pour la poutre montpelliéraine de se montrer un peu plus à son avantage qu’à Nantes et d’enrailler la dynamique d’une année 2023 globalement molle où elle n’a pas souvent su tirer la quintessence de son indéniable puissance physique.

Paul Willemse, deuxième ligne de l'équipe de France

Crédit: Imago

D’ordinaire peu enclin à commenter les méformes des uns et des autres, Fabien Galthié n’a pas voilé la réalité des derniers mois de Paul Willemse. "Il a eu une saison difficile", a en effet dit de lui jeudi le sélectionneur, interrogé sur son cas en parallèle de l’annonce de la composition du XV de France qui affronte l’Australie, dimanche. Parce qu’il était difficile de qualifier plus positivement l’année 2023 du massif Sud-Africain de naissance.
Une année civile qui avait pourtant démarré en fanfare avec un essai inscrit contre le Racing 92 en Top 14 et deux en Champions Cup face aux Ospreys, mais qui s’est rapidement étiolée. Avec son club du MHR, lui-même très décevant dans ses productions, comme en équipe de France, où son Tournoi des 6 Nations n’a pas marqué les esprits. Un Willemse (trop) neutre offensivement. Assez loin en tout cas de l’implacable boulet de destruction qu’il était avant novembre 2022 et une déchirure à la cuisse qui a plombé sa saison en plus de le priver de la tournée d’automne.
Des performances mitigées qui, couplées au feuilleton Emmanuel Meafou, laissaient même poindre une incertitude sur sa place dans le wagon bleu pour la Coupe du monde. La menace du colosse toulousain définitivement écartée au début de l’été par le refus de World Rugby de le rendre éligible au XV de France avant décembre, Willemse a pu bénéficier d’une préparation physique sans accroc et de deux opportunités lors des tests d’août pour chasser les doutes. Un peu plus encore lors du troisième, face aux Fidji, où il était titulaire. Actif et propre en défense, le Montpelliérain n’a cependant pas apporté la force de pénétration qu’on attend de lui dans la zone de marque (contrairement au pilier Rochelais Uini Atonio, auteur d’un essai en force).
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Paul Willemse, solide sur ses appuis face aux Fidji

Crédit: Getty Images

"On accompagne Paul, a encore affirmé Galthié. Les matches nous donneront tort ou raison mais il a fait selon moi un bon match face aux Fidji - il était là où on l’attendait - et je crois qu’il peut, me semble-t-il, continuer à élever son niveau de rugby". Pour passer le cap de la mention passable, il devra toutefois passer la seconde et monter le curseur d’un cran dimanche. À la fois un défi et une nécessité pour le trentenaire.
Un défi, d’abord, puisque sa performance sera inévitablement soumise au révélateur de la comparaison avec le "gros pousseur" d’en face, Will Skelton, capitaine des Wallabies et fine fleur des Wallabies. Une nécessité, aussi, alors que son concurrent, Romain Taofifenua, de retour de blessure et éternel finisseur de l’ère Galthié mais valeur sûre au rendement constant, et même Thibaud Flament, dont le test au poste de numéro 5 contre l’Écosse à Saint-Étienne n’était pas le fruit du hasard, sont des plans B crédibles.
Avec un Paul Willemse enfin de retour à son meilleur niveau et un Flament sur la lancée de son époustouflant Tournoi des 6 Nations, la deuxième ligne française n’aurait que peu d’équivalents à la Coupe du monde. Encore faut-il que natif de Pretoria soit en mesure de redevenir incontestable. Un chemin qui passe par une montée en puissance attendue dès dimanche contre l'Australie.
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