L'antisèche de France - Nouvelle-Zélande : les Bleus vivent leurs jours heureux

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L'équipe de France est allée chercher un succès aussi difficile qu'héroïque contre la Nouvelle-Zélande (30-29) samedi au Stade de France. Cette victoire, les Bleus la doivent en large partie à leurs ressources mentales, et leur capacité à tenir au combat pendant 80 minutes. Comme en 2023 au moment d'aborder la Coupe du monde en favori contre ces mêmes Blacks… Notre antisèche.

"Attendons l'Argentine pour, peut-être, parler de tournée fondatrice"

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LE JEU : de la souffrance, avant une superbe délivrance

Une semaine après la balade nippone, le XV de France a bien retrouvé le très haut-niveau international. Celui qui tape dans les côtes, agresse sans cesse et ne laisse rien passer. Alors les Bleus ont subi en première période, encaissant les deux premiers essais avant la demi-heure de jeu, et se montrant acculés dans leur camp. Mais les joueurs de Fabien Galthié ont eu le mérite de faire le dos rond, et de piquer sur une de leurs rares opportunités avant le repos, grâce à Romain Buros, pour rentrer aux vestiaires à portée d'essai transformé.
Les petites erreurs ballon en main et les frissons sur les percées des Blacks tout de blanc vêtus ont laissé place à la reconquête, du terrain un peu, de la dynamique surtout. Au cœur, les Bleus sont revenus dès le début de deuxième période grâce à Boudehent et Bielle-Biarrey. Puis ils se sont arcboutés en défense, frisant la correctionnelle mais sans jamais craquer dans les dernières minutes d'un stress immense. Celui des grands soirs, même si ce n'était pas encore un grand rendez-vous. Celui des grandes victoires.

LES JOUEURS : Bielle-Biarrey sur orbite, Boudehent surpuissant

Quand le finisseur Damian Penaud n'est pas là, son comparse de l'UBB Louis Bielle-Biarrey danse. Et sur un tempo ultra élevé comme sa cadence de jambes sur le sprint qui l'envoie à l'essai et place les Bleus pour la première fois devant à la 50e. "LBB" est plus que jamais le présent, pas seulement l'avenir de cette équipe. Paul Boudehent n'a peut-être pas encore acquis ce statut, mais le troisième ligne aile rochelais a de nouveau marqué des points, avec un troisième essai en deux matchs et une densité physique énorme dans un tel rendez-vous. La charnière Thomas Ramos – Antoine Dupont a été chahutée, mais elle a su trouver d'autres armes : le pied impeccable de Ramos (6/6 et la passe pour l'essai de Bielle-Biarrey), l'investissement défensif de Dupont.
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"Bielle-Biarrey est déjà devenu une valeur sûre du XV de France"

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L'ACTION : l'essai de Louis Bielle-Biarrey à la 51e minute

A 17 partout, la France subit une grosse séquence des Néo-Zélandais qui enchaînent les phases de jeu mais peinent à gagner du terrain pendant plus d'une minute trente. Le plus dur semble fait quand Yupou Vaa'i peut servir Will Jordan avec le champ grand ouvert. Mais le deuxième ligne des Blacks manque sa transmission au milieu du terrain, chipé par Thomas Ramos. Une passe au pied habile et sept secondes plus tard, "LBB" aplatit après un sprint dantesque. La France était à deux doigts de craquer, c'est pourtant elle qui a punit.

LA STAT' : 3

C'est la troisième victoire de rang de l'équipe de France contre la Nouvelle-Zélande, la troisième au Stade de France après le test-match de novembre 2021 et le match d'ouverture de la Coupe du monde en septembre 2023. Faire ainsi la passe de trois, les Bleus ne l'avaient réussi qu'une seule fois contre la sélection à la fougère : en gagnant deux fois en Océanie en novembre 1994, la deuxième grâce au fameux "essai du bout du monde" de Jean-Luc Sadourny, puis en novembre 1995 à Toulouse.

LA DECLA : Fabien Galthié, sur TF1

LA QUESTION : cette victoire contre les Blacks efface-t-elle une année 2024 poussive ?

L'année de Galthié et ses hommes n'est pas tout à fait terminée avec un dernier match contre l'Argentine vendredi prochain. Mais ce succès, tant par la manière que par l'adversaire en face restera forcément comme un happy end. Il faut se rappeler qu'il n'y a pas si longtemps que ça, les Bleus gagnaient grâce à un miracle en Ecosse, lâchaient un piteux nul à domicile contre l'Italie. Et contre un cador, un vrai, l'Irlande, ils avaient pris 21 points dans le museau à Marseille. Il fallait pour oublier, ou au moins atténuer, un Tournoi des Six nations manqué un vrai combat de poids lourds remporté par K.-O. C'est tout ce que l'affrontement de samedi a été.
La France a été sérieusement bousculée par l'intensité néo-zélandaise en première période, et s'en est parfois sorti d'un rien. L'interception de Ramos pour l'essai de Bielle Biarrey à la 51e minute, le contest d'Ollivon à un mètre à peine de la ligne d'en-but à l'heure de jeu, le retour de VIllière à la 78e… La digue a craqué, mais elle n'a jamais cédé. Ces vertus-là d'engagement, de combat, d'abnégation, ce sont celles qui avaient en partie constitué l'ADN de ces Bleus que la planète rugby craignait au moment d'aborder le Mondial 2023, et que les Blacks avaient déjà subies. Ou celles encore de novembre 2022 quand les Tricolores avaient croqué l'Australie puis l'Afrique du Sud au finish, et que la pièce semblait toujours tomber de son côté.
Il y a encore dans le jeu une vraie marge de progression, en touche ou sur la gestion des rucks. Mais ce XV du Coq-là nous a offert une très belle piqure de rappel. Celle qui appelle à des lendemains qui doivent redevenir heureux.
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