Peato Mauvaka, symbole protéiforme d'un XV de France qui s'est amusé face au Japon (52-12) avant le défi des All Blacks
Eurosport sur GoogleLe Peato Mauvaka ébouriffant du Mondial a repris la place de celui, plus terne, du Tournoi des Six Nations, ce samedi au Stade de France contre le Japon (52-12). Le talonneur (entre autres) toulousain a, à la fois, symbolisé le sourire retrouvé des Bleus et leur envie de pratiquer un jeu débridé. Dessein qui se heurtera à un écueil bien plus sérieux, samedi prochain, en la personne des All Blacks.
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"J'ai préféré vite reprendre, sinon j'allais me pendre." Par ces mots qu'il avait semblé hésiter à prononcer au micro de Canal Plus, il y a un an, Peato Mauvaka avait illustré la profondeur du traumatisme vécu par le XV de France, évincé de "sa" Coupe du monde pour un point. Le talonneur de Toulouse avait voulu écourter ses vacances, pour ne pas cogiter sur cette défaite en quart de finale face aux Springboks, susceptible de ronger les cerveaux tricolores pendant des années. D'où son besoin de verbaliser, certes maladroitement, son désarroi.
La thérapie par la parole n'avait pas totalement fonctionné, eu égard au Tournoi des Six Nations décevant de Mauvaka, dont le Mondial avait été si enthousiasmant. Le voir retrouver le sourire avec un maillot flanqué du Coq, samedi soir au Stade de France, est ainsi porteur d'espoir, concernant la page que les Bleus cherchent à tourner. Auteur de son dixième essai en 35 sélections, il a brillé au talon comme en tant que flanker, lors de ce large succès face au Japon (52-12). "J'espère jouer au centre, bientôt", a ironisé le joueur de 27 ans en zone mixte.
Symbole d'un entrain retrouvé, Peato Mauvaka l'a surtout été sur le terrain, avec cette fameuse polyvalence. Lors du premier acte, il a inscrit un essai "Ibañesque" sur touche, en duo avec Antoine Dupont. Lors du second, c'est en position d'ailier qu'il a failli aller à dame, à la réception d'une passe au pied de ce même Dupont. En arpentant ainsi la pelouse séquano-dionysienne, il a été un acteur majeur de l'incertitude que les Français ont tenté de provoquer chez leur adversaire nippon, à coups de permutation. Pour cela, il faut du talent et de la caisse.
Il faudrait tous qu'on s'inspire de son état physique, ça compte tellement à ce niveau
"[Mauvaka] fait un match complet, avec 24 plaquages (…) C'est un bon leader de performance physique pour nous, il faudrait tous qu'on s'inspire de son état physique, ça compte tellement à ce niveau", a salué son entraîneur Fabien Galthié, comme rapporté par nos confrères de L'Equipe. "Il était quand même dans le rouge à la fin. Mais c'est bien, ça lui fait découvrir ce que c'est de jouer 80 minutes", a quant à lui chambré Grégory Alldritt, à l'issue d'une rencontre propice à ce relatif désordre et terminée capot ouvert par plusieurs de ses protagonistes.
Là réside aussi le statut de symbole de l'homme-orchestre toulousain – dont un illustre coéquipier pourrait revendiquer le sobriquet – : c'est dans un test à faible enjeu qu'il a rayonné, profitant du caractère aéré des débats. Son retour en grâce, comme celui de tout un collectif, demande confirmation. Cela tombe bien, une équipe capable de tuer dans l'œuf cette timide dynamique se dressera devant les Bleus samedi. Face aux All Blacks, certaines approximations – rares, dans cette prestation de Mauvaka – risquent d'être préjudiciables.
"On a eu du déchet, on n'est pas satisfait non plus de tout ce qu'on a produit", a volontiers admis le sélectionneur en conférence de presse. Mais il a tout de même glissé : "Cela ressemble à notre feuille de route sur le plan offensif, dans l'alternance." Ce qui suggère la promotion d'un jeu ambitieux, au moment de lancer le cycle qui mènera le XV de France à la Coupe du monde 2027 en Australie. Un jeu que Peato Mauvaka pourrait incarner, surtout si le rajeunissement des troupes tend à faire de lui un cadre du deuxième mandat de Galthié.
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