France - Afrique du Sud (17-32) | L'ampleur de l'infériorité des Bleus par rapport aux Springboks : "On n'est clairement pas au même niveau qu'eux"
Eurosport sur GoogleLes discours français ont fluctué, samedi au Stade de France, entre reconnaissance de la supériorité sud-africaine et sentiment qu'elle n'était pas aussi prégnante sur le pré qu'au tableau d'affichage. Mais la défaite 17-32 des Bleus a globalement été jugée logique par Fabien Galthié et ses joueurs. Julien Marchand parle "d'arguments pas mis en place", Thibaud Flament avance un axe de progression.
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"C'est quoi le score ? 32 à… 17." Julien Marchand a eu un doute, lorsqu'il s'est présenté peu après minuit en zone mixte, au moment d'évoquer l'ampleur de la défaite française. Alors, les Springboks sont-ils "loin" devant les Bleus ? "Le match l'a montré", a répondu le talon toulousain, objectant tout de même : "On a des arguments à faire valoir que l'on n'a pas mis en place ce (samedi) soir."
"On prend trente points, donc on n'est clairement pas au même niveau qu'eux, mais je trouve qu'on a les ressources en interne, et aussi pas mal d'expérience qu'on n'a peut-être pas très bien exploitée", corrobore Thibaud Flament, sans s’appesantir sur les absents (Cros, Moefana, Atonio, Mauvaka, Dupont). Et Marchand d'ajouter : "L'Afrique du Sud est une équipe très physique. Dès qu'elle a l'ascendant sur toi, elle continue, tu n'arrives pas forcément à relever la tête (...) La défaite est logique."
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Peut-être qu'on les regarde un peu trop, qu'on se dit que c'est la meilleure équipe du monde et que ça crée des petites fissures dans le jeu
"Même quand ils ne sont que quatorze, tu ne vois pas forcément la différence, tant les Sud-Africains ont un gros groupe", appuie l'expérimenté joueur de première ligne (30 ans, 46 sélections), en référence au carton rouge reçu peu avant la pause par Lood de Jager. Des éloges mérités… et de quoi inhiber ? "On a manqué de fougue en deuxième période (…) Peut-être qu'on les regarde un peu trop, qu'on se dit que c'est la meilleure équipe du monde et que ça crée des petites fissures dans le jeu", s'interroge Flament.
"Il y a beaucoup de frustration. On avait le match en main, c'est frustrant de le sentir nous filer entre les doigts", fulmine le deuxième barre, dont le coéquipier Nolann Le Garrec est encore plus enclin à voir le verre à moitié plein. "Ce n'est pas une claque", rétorque le demi de mêlée, pour qui le score de 17-32, concédé dans le cadre de la tournée d'automne ce samedi au Stade de France, "fait un peu lourd par rapport à la physionomie du match".
Le moins expérimenté est le plus positif
Le Garrec, qui n'était pas de l'aventure du Mondial 2023 stoppée pour un point par ces mêmes Boks, insiste sur le fait que la France menait 17-13 à l'orée du dernier quart d'heure : "Le sentiment est mitigé. On avait un plan qu'on a réussi à tenir pendant une bonne partie du match. On a fait douter cette équipe. Je ne dirais pas qu'elle est en avance sur nous. On a eu les solutions." Des "solutions offensives" que la France "n'a pas su concrétiser", déplore Gaël Fickou en conférence de presse.
Aux côtés de son capitaine du soir, Fabien Galthié ne nie pas que les doubles champions du monde en titre ont dominé son escouade : "Ils ont toujours les mêmes atouts, qu'ils ont encore plus développés. On travaille mais dans ces domaines-là, ils ont à nouveau été plus performants que nous." Le sélectionneur note cependant que dans la foulée du Rugby Championship, les hommes de Rassie Erasmus sont plus rodés que les siens, dont la saison internationale 2025-2026 débute.
On a encore perdu, mais je pense qu'on a encore appris
Les joueurs avec qui l'on a discuté dans les coursives du Stade de France soulèvent aussi cet argument du différentiel de préparation, intelligible, mais qui n'est que le sempiternel astérisque que l'on appose à la majorité des tests entre nations du Nord et du Sud. "Je n'ai pas envie de trouver d'excuse par rapport au fait qu'ils ont plus d'automatismes, c'est une évidence, il n'y a pas besoin de le redire, ça ne s'est pas joué que sur ça", recadre ainsi Julien Marchand.
Le favori l'a emporté, alors que le challenger n'a pu que l'enquiquiner. Au-delà du degré de méthode Coué, d'optimisme ou de pessimisme variable en fonction des caractères de chacun – surtout à chaud – c'est avec du recul que les Bleus tireront des enseignements de ce revers, dans l'espoir de faire mieux que chatouiller la référence dans deux ans. Thibaud Flament conclut : "Je suis très confiant pour la suite. Ce match est sur le chemin menant à la Coupe du monde (2027). On a encore perdu, mais je pense qu'on a encore appris des choses."
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